Publié le mardi 02 mars 2010 à 10H43
Le chimiquier Sichem Osprey, qui bat pavillon Maltais, toujours échoué sur le récif
Dix-neuf jours. C’est le temps que vient de passer le chimiquier Sichem Osprey sur le récif de l’atoll de Clipperton qu’il a heurté à pleine vitesse le 10 février dernier. Pour l’heure, le navire n’a toujours pas pu être remis à flot et ce, malgré la présence de trois remorqueurs sur place, mandatés par l’armateur, ainsi que d’un bâtiment de la Marine nationale, la frégate Courbet. Les remorqueurs ont pourtant tenté de profiter du passage du tsunami et de l’élévation du niveau des eaux pour faire bouger le géant des mers, long de 170 mètres, mais sans succès.
Et pour cause, “le tsunami n’a produit aucun effet sur la zone de Clipperton, même pas une vaguelette”, indique l’aspirant Romain Monconduit, adjoint du conseiller du commandant de la zone maritime en Polynésie. Malgré les diverses tentatives, le navire est donc toujours immobilisé sur le récif de l’atoll. Selon les dernières informations relevées par les autorités, sa double coque n’est en revanche pas endommagée et, à l’heure actuelle, il n’y a “aucun problème en termes de pollution”.
Un navire sur zone pour pomper les cales
Car le chimiquier transporte dans ses soutes quelque 10 500 tonnes de xylène, un produit toxique et inflammable, mais aussi 6 000 tonnes de suif et 6 000 tonnes d’huile de soja. Le Haut-commissariat en Polynésie a, vendredi dernier, mis en demeure l’armateur de faire cesser le danger représenté par le navire avant le 15 mars prochain. C’est donc à lui qu’il incombe de procéder aux opérations de remise à flot. “Nous sommes présents sur zone pour contrôler ce qui se passe mais aussi pour affirmer la souveraineté de la France. Une équipe d’évaluation a également été envoyée depuis Paris pour nous permettre d’avoir une évaluation constante de la situation”, précise l’aspirant Romain Monconduit. Un nouveau navire, affrété lui aussi par l’armateur, devrait être sur zone dans le courant de la semaine. Il aura pour mission de pomper les cales du chimiquier pour, d’une part, récupérer la cargaison toxique mais aussi afin de l’alléger en vue de faciliter les opérations.
Des auditions “en cours” pour comprendre les raisons du naufrage
Si le propriétaire du Sichem Osprey ne parvenait pas à remettre à flot le bâtiment à la date du 15 mars, les autorités françaises prendraient alors le relai. Concernant le volet judiciaire, un gendarme maritime, “mandaté par le Parquet de Paris”, se trouve à bord de la frégate Courbet pour mener les premières investigations sur les causes du naufrage. Un enquêteur qui s’appuie sur le Code disciplinaire de la Marine marchande mais aussi sur le Code pénal pour “mise en danger de la vie d’autrui”. “Les auditions sont en cours mais il n’y a pas plus d’éléments à l’heure actuelle. Il faut savoir qu’il y a également le problème de la barrière de la langue”, comme le souligne l’aspirant Monconduit. Les 19 membres d’équipage du chimiquier, qui bat pavillon Maltais, sont de nationalités russe, lettone et philippine.
J.B.-C.



