Publié le mercredi 23 juin 2010 à 10H17
NOUVELLE-CALÉDONIE - Importante réunion des signataires de l’accord de Nouméa L’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, où un référendum d’autodétermination doit être organisé entre 2014 et 2018, sera au coeur d’une importante réunion, jeudi à Matignon, du comité des signataires de l’accord de Nouméa. Signé en 1998 entre l’Etat, la droite non-indépendantiste et les indépendantistes, cet accord organise la décolonisation de l’archipel français du Pacifique, au travers de transferts de compétences, de la création d’une citoyenneté ou de la reconnaissance de l’identité kanake.
Dans la perspective du référendum d’auto-détermination, le président Nicolas Sarkozy a souhaité que “bien avant 2014” des discussions s’engagent pour aboutir à une solution consensuelle, à même d’être approuvée par “une très large majorité”.
L’indépendance en question. Alors que le vote indépendantiste est minoritaire, la question brute : “Oui ou non à l’indépendance ?” risque en effet de raviver les antagonismes, sans amener de solution. Jeudi, le gouvernement et les dirigeants calédoniens vont se pencher sur les transferts de compétences (enseignement, circulationmaritime et aérienne, droit civil) et les mesures d’accompagnenement de l’Etat, ainsi que sur les prochains contrats de développement 2011-2015, à enveloppe constante compte tenue des difficultés budgétaires. Mais cette réunion sera surtout marquée par la mise en place d’un comité de pilotage auquel seront associés des experts pour commencer à réfléchir à l’élaboration d’un statut définitif pour la Nouvelle-Calédonie. “A l’approche d’échéances aussi importantes, il est utile d’échanger sur ce qui se passe ailleurs”, avait déclaré, début juin à Nouméa, Marie-Luce Penchard,ministre de l’Outre-Mer. Bien que sa mise en oeuvre ait pris du retard, l’accord de Nouméa stipule qu’à son terme, la France n’exercera plus en Nouvelle- Calédonie que les compétences régaliennes (justice, ordre public, monnaie, défense et affaires étrangères). L’archipel pourrait alors évoluer vers un statut d’Etat associé, comme les îles Cook, souvent citées dans le débat calédonien. Bien qu’indépendant, cet archipel de 20.000 habitants est en libre-association avec la Nouvelle- Zélande, à laquelle elle a confié l’exercice de certains pouvoirs régaliens.
Discorde politique. La droite calédonienne, éclatée en trois partis, a évoqué “la création d’une petite nation dans la grande nation” ou l’émergence d’un statut “aux confins de l’autonomie”. Dans les rangs indépendantistes, “l’indépendanceassociation” est une piste envisagée. Mais l’importance des enjeux attise les rivalités et la discorde règne sur l’échiquier politique, à tel point que beaucoup parient sur un renversement du gouvernement de Philippe Gomes (Calédonie Ensemble, droite) après le comité des signataires. Ce sont les querelles internes aux deux camps qui sont les plus vives. Divisée, la droite avait conclu un Pacte républicain, mais il est en train de voler en éclats. Le leader de l’UMP locale, le député Pierre Frogier, et Harold Martin sont en conflit ouvert avec M. Gomes, tant sur les dossiers de gestion courante qu’à propos des discussions sur l’avenir. Dans les rangs du FLNKS, les deux principaux partis, Union Calédonienne (UC) et Palika, se déchirent. Paul Néaoutyine, influent président de la province Nord, a récemment accusé l’UC d’être demèche avec l’UMP pour se livrer à “des manoeuvres de déstabilisation”.
L’introuvable drapeau…
L’accord de Nouméa prévoit que la Nouvelle-Calédonie, dans le cadre de son émancipation, se dote de plusieurs signes identitaires dont un drapeau, dossier sensible qui patauge depuis 12 ans. Jeudi, à Matignon, des décisions sont attendues au Comité des signataires de l’accord de Nouméa pour tenter de faire avancer les choses. Dans son article un consacré à l’identité kanak, cet accord stipule que des signes identitaires - nom, drapeau, hymne, devise et graphisme des billets de banque - seront recherchés “pour exprimer l’identité kanak et le futur partagé entre tous”. Péniblement, un hymne, une devise et des illustrations pour la monnaie ont été présentés, à l’occasion de la célébration des dix ans de l’accord de Nouméa, en juin 2008. En raison de réticences politiques, notamment dans les rangs du Rassemblement-UMP, ces symboles n’ont cependant jamais été présentés aux élus du Congrès, qui doivent les entériner à une majorité des trois-cinquièmes. Depuis quelques mois, c’est la question du drapeau qui agite le landerneau. Contre toute attente, le député UMP Pierre Frogier a proposé d’accepter le drapeau indépendantiste (à cinq couleurs), à condition qu’il flotte à côté de l’emblème tricolore. Le parti indépendantiste Union calédonienne a bien accueilli cette initiative et Pierre Frogier a affirmé que, lors de son entretien en mai avec Nicolas Sarkozy, le président avait trouvé l’idée “géniale”. En charge du dossier au gouvernement, Dewe Gorodé (indépendantiste) a stigmatisé “l’obstruction politique” infligée aux trois premiers signes identitaires, s’opposant au projet de M.Frogier. Calédonie Ensemble, parti de droite modérée du président du gouvernement Philippe Gomes, a pour sa part proposé un drapeau mêlant couleurs et illustrations du drapeau tricolore et du drapeau des indépendantistes.




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Commentaires anonymes
23/06/2010 à 18h15
J'aimerai bien connaître le nom de la monnaie qui serait mise en circulation pour remplacer le Fcfp....et puis quel serait son taux d'echange par rapport à l'Euro...Histoire de fantasmer un peu quoi !