La pirogue Upo’o Tahiti baptisée le jour du tsunami

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Publié le lundi 01 mars 2010 à 10H34

Punaauia La grande pirogue à balancier, construite par Clément Pito, devait recevoir son nom de baptême, Upo’o Tahiti (La tête de Tahiti) ce samedi, avec une bénédiction traditionnelle donnée par Raymond Graffe. L’alerte tsunami en a décidé autrement. La cérémonie n’a commencé qu’à midi, sans le grand prêtre. Clément Pito a donc assuré l’ordonnancement de la fête, ponctuée de chants et de danses. Celle-ci a commencé avec l’arrivée cérémonielle des racines de ti, qui avaient été préalablement passées au four (Umu-ti). Un événement exceptionnel, car il est rare aujourd’hui d’aller déraciner des ti, vieux de plusieurs dizaines d’années.

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Embarquées à bord de Upo’o Tahiti, ces racines seront un aliment énergétique, que l’on mâche comme une canne à sucre, car justement, “elles contiennent du sucre”, précise Alban Ellacott. À la fin de la cérémonie, les spectateurs ont eu le privilège de goûter à ces racines, débitées en petits cubes, autrefois réservées aux familles royales. “Ces racines permettaient aussi de boire, car en les trempant dans l’eau demer, elles se gonflaient d’eau, et en les mâchouillant on pouvait se désaltérer”, complète Alban Ellacott. Puis, Clément Pito a présenté un par un les acteurs de son grand projet, en pratique construire une pirogue traditionnelle pour remonter à l’envers les grandesmigrations polynésiennes sur six millénaires, dont le foyer était l’Asie du Sud- Est.

Le chantier est en lui-même une prouesse : “Seulement trois mois”

Ainsi, Joseph Laine, mécène qui a financé le projet “par simple amitié”, Hiria Ottino, qui assure la liaison avec tous les organismes concernés par ce voyage, le second capitaine, Tahiarii, et son mentor hawaïen, Timmy Gilliom, ancien capitaine surHokulea, venu spécialement pour l’occasion, Carlos Holman, chef charpentier et toute son équipe, comprenant aussi des sculpteurs et de spécialistes de la fibre de verre. Les spectateurs ont pu voir la finition extérieure de la pirogue, car il reste les finitions intérieures. Ils pouvaient monter sur la plate-forme sur laquelle les marins vivront pendant leur long voyage, admirer la courbe des iato, relevés de 40 cm tout récemment, pour les éloigner de la houle, descendre à l’intérieur des coques, très profondes, suivre les fresques le long des bordés, où Clément Pito a fait reproduire, selon ses propres dessins, les métiers “indigènes”, dont celui de navigateur. Avant le grand départ, la prochaine étape est la mise à l’eau. “Dans trois semaines. Nous avons un peu de retard”, explique Clément Pito, mais le chantier est en lui-même une prouesse : “Seulement trois mois, exceptionnel”, constate admiratif Alban Ellacott, qui se réjouit que de tels projets, culturels, se concrétisent.

De notre correspondant L. L.

Le voyage

L’itinéraire, d’Est en Ouest, remontera en 6 mois la lente migration (6 000 ans), en revenant des îles du Pacifique vers la Chine, pays d’origine. Les grandes aires de peuplement deviennent ainsi les escales du chemin du retour : Tahiti ; îles Cook ; Niue ; Tonga ; Fidji ; Vanuatu ; Santa Cruz Islands ; îles Salomon ; nord de Papouasie-Nouvelle-Guinée ; Indonésie ; Philippines ; Chine Taiwan ; Chine Shanghai, à la clôture de l’exposition universelle. Le trajet marquera ainsi les liens ancestraux unissant les pays du Pacifique à l’Asie.

La construction

“Sublime”, résume Teiva Wohler, l’un des charpentiers qui ont mis leur passion dans l’assemblage de la coque. “Tous les jours un noyau dur travaille, de 6 à 8, et les week-ends, les amis nous rejoignent”. La passion ne s’émousse pas, même quand le pilote hawaïen leur dit, à la dernière minute, de surélever les iato (les bras de liaisons) de 40 cm, pour avoir plus de hauteur par rapport à la houle.

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Commentaires anonymes

05/03/2010 à 18h06

C'est maintenant qu'il faut y aller. Si on cherche à justifier le comment du pourquoi, nos ancêtres n'ont pas attendu les beaux jours pour faire la traversée. Et qui te dit que dans 3 mois le temps sera pire que maintenant...Ce projet là ne m'étonne pas du tout, c'est bien que nos guerriers maohis prouvent quelque chose. Cependant ce qui m'étonnes c'est que ce soit que du chalala. Le plus dure dans une aventure comme çà, c'est de se décider à y aller. Quand t'es décidé, après ça, tout va aller comme sur des roulettes. Des instincts du 6 ou 7ème sens suggiront sans que tu ne le comprennes...Faaitoito à tous. A plusieurs, ya pas d'raison, vous allez y arriver...A+

Commentaires anonymes

02/03/2010 à 11h17

Etonnant projet ??? belle réalisation certainement des charpentiers mais celà s'arrête là..Après selon le reportage de RFO la navigation n'aura rien de "traditionnelle" puisque tous les instruments de navigation moderne seront à bord..donc un peu bizarre ce projet...tout cet argent investi alors que tant de maohi souffrent après OLI va fait un peu gerber..tous ces "descendants royaux" qui se baladent pendant que le petit peuple souffre..remarque c'est pas d'aujourd'hui on voit qu'ils continuent sur les traces de leurs illustres ancêtres..pauvre de nous..

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