Artisanat local – “Halte à la contrefaçon”

    vendredi 4 septembre 2015

    Heremoana et Rameny Buchin, un jeune couple, ont vu leurs créations autour des boucles d’oreilles copiées par un ancien élève du Centre des métiers d’art, de retour des îles Philippines. L’alerte a été donnée par une artisane du marché de Papeete et présidente de Artisanat d’art, Fauura Bouteau. Le couple a mené sa propre enquête, et demande à ce que le Pays prenne des mesures pour défendre le travail des artisans locaux face à cette concurrence déloyale venant d’Asie.

    Le phénomène n’est pas nouveau. Un artiste crée, et les suiveurs copient. Parmi les victimes, les artisans locaux Heremoana et Rameny Buchin.
    Hier matin, le couple, sur son stand d’exposition-vente au marché de Papeete, a invité la presse pour rendre compte de sa mésaventure. “Nous, nous sommes lancés dans l’artisanat en 2008. Dans le passé, on avait déjà entendu parler d’histoires de ce genre, mais on en a jamais vu de nos propres yeux. Mais depuis février, des amis m’en ont informé : quelqu’un était en train de copier nos bijoux. Après des recherches personnelles, on a trouvé cette personne, il s’agit d’un ancien élève du centre des métiers d’art. Un Tahitien qui est parti avec deux autres personnes aux Philippines. Là-bas, ils sont restés pendant un an durant lequel ils ont formé des Philippins à la gravure sur nacre. Apprendre à graver n’est pas un souci en soi. Mais apprendre en copiant nos modèles en allant sur notre page Facebook, ça, c’est un problème”, résume Rameny Buchin.
    Un jour, Fauura Bouteau, présidente de l’Association artisanat d’art est allée voir le couple pour l’avertir que des copies de leurs modèles circulaient au marché de Papeete. Certains exposants situés au rez-de-chaussée avaient même acheté des produits copiés par le jeune Tahitien pour les revendre à des prix défiants toute concurrence.

    Les artisans veulent un INPI local

    “On veut dire stop au copier-coller. Beaucoup d’artisans sont pillés, surtout ceux qui ont une page Facebook. Si on n’arrive pas à se protéger, c’est parce qu’un brevet coûte très cher. C’est difficile pour nous, les Polynésiens. L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) est situé en métropole. Il est inaccessible pour nous à Tahiti à cause des coûts trop élevés. Il faudrait qu’on essaye de mettre en place une structure locale qui réponde à nos attentes. Le gouvernement devrait s’atteler à la tâche et lancer quelque chose de local qui soit comme l’INPI, afin de protéger les artisans.
    En même temps, cela ne concerne pas uniquement les artisans. Il serait souhaitable d’interdire, par exemple, sur le territoire l’importation des produits artisanaux fabriqués à l’étranger. On nous dit souvent qu’il faut consommer local, alors c’est le moment de le faire. Entre un même produit importé et un autre produit fabriqué localement, les gens vont forcément acheter le moins cher. Si nos produits sont chers, c’est à cause du coût de la vie en Polynésie. Pour le moment, il n’y a pas de loi du Pays qui nous protège”,
    expliquent Heremoana et Rameny Buchin.
    Le couple met en avant que chacune de leur création est une pièce unique. Et alors comment expliquer aujourd’hui à un client qu’il puisse retrouver ce qu’il a cru, en toute bonne foi, acheté comme une pièce unique et voir la même pièce mise en vente sur le marché de Papeete.
    “Ce genre de personne détruit notre réputation. Il a même été dire que Heremoana, mon mari, était d’accord pour qu’il puisse vendre ses produits à certains artisans. Je veux qu’il y ait des barrières douanières plus strictes”, poursuit Rameny.
    Si dans la boutique, c’est Rameny qui est en contact direct avec la clientèle, Heremoana, de son côté, est dans l’atelier. C’est là qu’il crée les bijoux, son travail tourne autour de la gravure sur nacre. Le couple paye ses impôts, la CPS et les diverses charges du service des contributions.
    “Dire qu’il suffise qu’un jeune fasse la même chose que toi, c’est navrant. Là, on se révolte. Mercredi, on n’a pas ouvert notre boutique au marché, on est allé voir un avocat pour se défendre. Le service de l’artisanat a déjà essayé de mettre en place quelque chose de semblable à un brevet, mais cela n’a pas abouti pour des raisons que j’ignore. Une loi du Pays a une valeur juridique, mais on ne peut pas rivaliser avec l’international. On préfère protéger l’artisanal local et délaisser laisse l’international”, argumente-t-elle. Le service des douanes n’a pas pu bloquer les marchandises importées des îles Philippines car il n’y avait pas de motif sérieux pour le faire.
    Depuis quelques jours, des contrefaçons sont en vente au prix de 1 200 F la pièce pour des boucles d’oreilles. Le couple compte ne pas en rester là afin de défendre son gagne-pain. L’artisanat, comme d’autres secteurs, connaît une recrudescence de la contrefaçon.

    De notre correspondant J.H.

    Zorro 2015-09-05 11:31:00
    Il existe des solutions encore faut il chercher un minimum. http://www.inpi.fr/fr/enveloppes-soleau/l-enveloppe-soleau-en-pratique.html
    Hiro 2015-09-05 06:54:00
    un ami est artisan et a chanque expo, tout le monde prends ses idees et les reproduisent l expo d apres...il pleure pas...il inove :)
    C est un monde deloyal...bon courrage...
    Mathius 2015-09-05 06:33:00
    Cela fait 40 ans que l'on me copie et en plus j'ai le label qualité Tahiti . . Nous sommes que deux ã l'avoir. J'ai même créé un style de bijoux ,
    Ces jeunes découvrent le véritable désert moral de la Polynésie. Plus tu as du talent et plus tu te fais déconsidérer par les politiques et les intistutions.
    Encore une fois, la solution serait simple mais elle ne sera pas mise en œuvre car les décideurs sont imcomptents aux resposabilités .
    Ils attendent simplement de copier les idées des autres. Par contre l'erreur commis par ces jeunes est de ne pas avoir compris qu'un dépos de model est technique. Et surtout ne pas aller prendre conseil chez des personne prétendant savoir et qu'il ne savent pas. Exemple la chambre du commerce.
    Zorro 2015-09-04 23:48:00
    Taparai: il y a des facons plus civilisees que de tabasser. Tu fais partie des gens qui tapent pour resoudre un probleme. Je plains ta femme et tes enfants.
    taparai 2015-09-04 11:30:00
    Faut tabasser le copieur !!!
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