“Un artiste, c’est un voyageur, un saltimbanque de la vie et du quotidien”

    mardi 24 janvier 2017

    smain

    Smaïn connaît bien la Polynésie pour y être déjà venu plusieurs fois. Ce qu’il retient, “c’est avant tout l’hospitalité et l’accueil polynésiens”. (© Élénore Pelletier)

     

    Smaïn a atterri in extremis sur le fenua, samedi dernier, au matin, juste avant la tempête qui a ravagé Tahiti. L’artiste aux 30 ans de carrière, aussi bien en tant qu’humoriste que comédien, présentera vendredi et samedi son Meilleur show men, un spectacle qui combine à la fois ses vieux “tubes”, des nouveaux sketchs et quelques chansons, un art auquel l’homme s’essaie depuis quelque temps. Ce show, c’est l’occasion pour Smaïn de raconter son histoire et son parcours avec humour et émotion. En première partie, il sera précédé par le groupe de musique contemporaine mené par Sébastien Vignals, du conservatoire artistique de la Polynésie française, et une prestation de la troupe de danse Manahau.

     

    Alors Smaïn, vous êtes venu nous apporter le soleil ?
    Oui, malheureusement, j’arrive dans un moment un peu difficile. Je partage avec vous les soubresauts de tout ce qu’il se passe. Je me suis un peu promené dans la ville, hier (dimanche dernier, NDLR) et j’ai pu constater les dégâts et je ne peux que compatir.

    Est-ce que j’arrive au bon ou au mauvais moment ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu’aujourd’hui (hier, NDLR), il a l’air de faire beau et j’espère que les 27 et 28, il y aura du soleil dans la salle et que nous serons prêts à sourire ensemble.  

     

    Ce n’est pas votre première venue en Polynésie ?
    En effet et c’est d’ailleurs toujours un grand plaisir de venir ici. J’étais venu ici, il y a une trentaine d’années, avec mes camarades Les inconnus. Puis, j’ai eu l’occasion de voyager à trois reprises en Polynésie. C’est presque devenu une habitude de venir ici et de rencontrer le peuple polynésien.

     

    Si vous revenez ici, c’est que vous vous y plaisez…
    Je vais partout où on m’invite, où on me demande. En fait, je pense qu’au départ, un artiste c’est un voyageur, un saltimbanque de la vie et du quotidien… On n’a pas la parole sainte, mais on a la parole pour amuser, divertir les gens… Moi, je viens rendre mes observations du monde, en riant des travers de notre société : du racisme, du vivre-ensemble…

    En venant à Tahiti, je viens d’abord à la rencontre d’un peuple, le peuple tahitien, et je viens voir justement s’il est sensible ou non à mon rire.

     

    Il y a des problématiques sociales qu’on retrouve dans toutes les sociétés et d’autres qui sont propres à certaines cultures. Étant venu plusieurs fois en Polynésie française, vous avez certainement une petite connaissance de la culture tahitienne. Va-t-il y avoir une touche “locale” dans votre spectacle ?
    Certainement, puisque sur scène, j’improvise beaucoup, j’y vais à l’instinct. Ce que je connais d’ici et que je retiens, c’est avant tout l’hospitalité et l’accueil polynésiens. C’est extraordinaire, car chaque fois qu’un artiste pose les pieds sur la terre de Tahiti, il est toujours accueilli avec des fleurs, du sourire et de la danse.

    Il y a aussi une vraie cohabitation entre les hommes, qu’on aimerait bien avoir en métropole. Dans l’hexagone, en ce moment, avec les élections et les attentats, on vit une période très difficile. L’ambiance est assez tendue. Vous êtes un exemple du vivre-ensemble, avec chacun ses coutumes, chacun ses religions et chacun ses différences.

     

    Pouvez-vous nous parler du spectacle que vous allez présenter vendredi et samedi soir ?
    C’est un mélange de vieux sketchs, “mes tubes”, et de nouveaux sketchs. Je vais aussi chanter sur scène en hommage à un homme des îles, Henri Salvador.

    C’est un spectacle qui tourne autour de mon observation du monde qui m’entoure. C’est un show qui oscille entre rire et émotion, dans lequel je vais vous parler de mon périple, car je viens du continent africain.

     

    Ce spectacle, est-ce une première ou bien l’avez-vous déjà joué ?
    Oh, il a déjà bien roulé sa bosse. Vous allez d’ailleurs vivre les derniers moments de ce show, car après, j’arrête pour entamer un nouveau spectacle de chansons, que j’ai eu l’occasion d’écrire avec Michel Legrand, grand compositeur de musiques de films.

     

    Films, humour et maintenant musique… vous êtes un touche-à-tout !
    Être artiste, pour moi, ce n’est pas un statut, c’est une urgence pour répondre à cette envie de communiquer, d’aller chercher dans le regard des autres une réponse à notre doute… 

    Je suis né comme ça, avec ce besoin d’aller vers l’autre, de donner, mais aussi de recevoir des applaudissements, une attention, une compréhension… C’est ce qui m’anime dans la vie et je le fais avec tous les outils qu’on m’offre : le cinéma, la scène et la chanson.

    Et puis, il faut dire que j’ai changé depuis mes premières années dans le métier, où j’étais un trublion et où je sautais dans tous les sens. Maintenant, je suis papa, je m’interroge sur l’existence, la vie. Je suis plus serein aussi et je ressens le besoin de m’exprimer d’une autre manière, avec d’autres outils.

     

    Propos recueillis par  Élénore Pelletier

     

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