Des artistes kanak ouvrent la rencontre des femmes peintres d’Océanie

    lundi 10 octobre 2016

    culture, CMA, artistes, kanaks

    Micheline Néporon, Denise Tiavouane, Yvette Bouquet (qui n’est pas du voyage) et Paula Boi Gony sont les principales grandes figures féminines de l’art kanak contemporain. Ici, leurs autoportraits. (© DR)

     

    Le centre des métiers d’art organise, du 10 au 14 octobre, la première rencontre intitulée “Femmes peintres d’Océanie”. Un événement qui mettra à l’honneur quatre artistes de Nouvelle-Calédonie, dont Micheline Néporon, Denise Tiavouane et Paula Boi Gony, des pionnières de l’art kanak contemporain. En marge des ateliers de peinture destinés aux élèves du CMA, des rencontres ouvertes au public seront organisées chaque jour à partir de 16 h 30.

     

    “Vive les femmes peintres !”, lance Viri Taimana, directeur du centre des métiers d’art. L’établissement organise, cette semaine, en collaboration avec la délégation à la famille et à la condition féminine et en partenariat avec le collectif Solidarité itinérante des artistes du Pacifique et d’Océanie (Siapo), la première rencontre artistique et culturelle intitulée “Femmes peintres d’Océanie”.

    Un événement inédit qui mettra à l’honneur trois artistes de Nouvelle-Calédonie : Micheline Néporon, Denise Tiavouane et Paula Boi Gony, qui font partie de la génération d’artistes pionnières de l’art kanak contemporain. “Ces trois femmes contribuent au futur et au bien-être des arts visuels contemporains de Nouvelle-Calédonie”, confiait Ela To’omaga, artiste et présidente de la Siapo, qui accompagne ces femmes peintres au fenua, dans le dernier numéro du magazine culturel Hiro’a.

    “Paula Boi Gony critique avec une perspective culturelle profonde des sujets de société et le développement de la musique et de l’art kanak. Micheline Néporon se concentre sur le sujet de la terre, la culture de l’igname, la pêche et la vie de famille. Sa spécialité est de travailler avec le bambou et de faire des installations de sculptures. Denise Tiavouane met l’accent sur la sphère kanak et le monde de la musique, de la danse et du mouvement. La reproduction du mouvement apparaît sous forme de spirale d’énergie, tournée vers l’extérieur.

    Ce sont les oiseaux, la terre, le peuple, les esprits, symbolisant la force de la vie. (…) Ces femmes kanak forment un groupe d’artistes qui nous aide à réfléchir à notre identité et offre des solutions aux problèmes rencontrés dans la société actuelle. Leurs peintures sont souvent sélectionnées par des intellectuels, des universitaires et des écrivains, qui les utilisent comme couvertures de livres qui traitent de la Nouvelle-Calédonie et de son histoire. Elles font partie intégrante du développement de notre communauté et contribuent à la fois à la société contemporaine et à la société traditionnelle. Elles donnent des indications sur les directions à prendre pour le développement des arts visuels en Nouvelle-Calédonie.”

    Au programme, cette semaine, de la peinture bien évidemment, mais aussi et surtout des rencontres et des échanges. D’abord avec l’ensemble des élèves du centre des métiers d’art (CMA), qui pourront apprendre de ces grandes dames, puis avec le public, chaque fin d’après-midi, lors d’une table ronde autour de la pratique picturale et le statut de femme peintre en Océanie, ou encore lors de présentations de travaux et de discussions (lire ci-contre). Un événement qui se terminera en beauté, ce vendredi, par une exposition collective des femmes peintres invitées, des élèves et des enseignants du CMA.

     

    Rencontre pédagogique et inspirante

     

    La genèse de cette rencontre de “femmes peintres d’Océanie” qui se concrétise cette semaine remonte au mois de janvier, lors d’une autre rencontre culturelle et artistique océanienne : la 4e édition du Putahi, en Nouvelle-Zélande, où s’est rendue une délégation du CMA, et d’une discussion entamée avec Ela To’omaga sur ces fameuses femmes peintres kanak.

    “Au départ, on était partis sur l’idée d’inviter des femmes peintres kanak, mais aussi des femmes peintres de Nouvelle-Zélande, de Hawaii, d’Océanie”, explique Viri Taimana. “Malheureusement, on n’avait pas assez de moyens pour faire venir tout le monde, donc on s’est dit qu’au lieu de rentrer dans une grande organisation, on garderait la thématique Femmes peintres d’Océanie, en faisant venir cette année les Kanak, et peut-être dans deux ans les Hawaiiennes, et ainsi de suite.”

    Pour le centre, l’objectif de cette nouvelle rencontre est avant tout pédagogique. “On a toujours poussé à ce qu’il y ait des artistes océaniens, autant à travers la formation que nous donnons au centre, mais aussi dans nos rencontres, pour amener nos élèves à avoir cette sensibilité, cet engagement dans la pratique artistique”, poursuit le directeur.

    “Donc il vaut mieux leur faire rencontrer des gens qui ont déjà une grande pratique. C’est un peu l’idée aussi du Putahi, de rencontrer les artistes confirmés et qu’ils puissent travailler ensemble avec les artistes en devenir. Donc cette nouvelle rencontre initiée avec les femmes peintres d’Océanie est une ramification de ce que nous faisons déjà. Ce sont des rhizomes, des racines qui s’étendent.” 

     

    V.H.

     

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