Assassinat de l’opposant Nemtsov : sa compagne « retenue » en Russie, les tueurs courent toujours

    lundi 2 mars 2015

    Témoin de l’assassinat samedi à Moscou de l’opposant russe, la compagne ukrainienne de Boris Nemtsov s’est plainte lundi d’être « retenue » en Russie, alors que rien ne filtrait sur l’enquête à la veille des obsèques auxquelles comptent se rendre des représentants européens. « Les enquêteurs m’interrogent et ne me disent pas quand je serai libérée ni pourquoi ils me retiennent ici », a déclaré Ganna Douritska, un mannequin ukrainien de 23 ans à la chaîne câblée d’opposition Dojd.
    La jeune femme se trouvait avec Boris Nemtsov sur un pont situé à deux pas du Kremlin lorsque ce dernier a été assassiné par balle vendredi soir.  « Je ne sais pas qui a fait ça (…), je ne sais pas comment l’assassin s’est approché, il était derrière moi », a-t-elle lancé, reconnaissant être actuellement « dans un état psychologique très difficile » et soulignant vouloir rentrer chez elle en Ukraine, auprès de sa mère. Mais « on ne m’autorise pas à sortir », a dit Ganna.
    Pourtant, « j’ai le droit de quitter la Russie, je ne suis pas un suspect. Je suis témoin et j’ai donné toutes les informations que j’avais, j’ai tout fait pour aider l’enquête », a-t-elle insisté. 
    Pour sa part, la mère de Ganna, Inna Douritska, a dit craindre pour la sécurité de sa fille, en appelant à l’aide les autorités ukrainiennes. « J’ai peur qu’on l’accuse du meurtre, simplement parce qu’ils ont besoin d’une piste ukrainienne », a-t-elle expliqué à l’AFP.
    Peu d’informations ont pour l’heure filtré sur le travail du Comité d’enquête. Celui-ci n’a « pas vocation à révéler en temps réel chacune de ses avancées », avait prévenu son porte-parole, Vladimir Markine.
    Les obsèques de Boris Nemtsov doivent se dérouler mardi, en présence des ambassadeurs des pays européens et des responsables étrangers, parmi lesquels le chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius et le maire de Riga, la capitale lettone, Nils Usakovs.  
    Le président du Sénat polonais, Bogdan Borusewicz, a déclaré de son côté que les autorités russes lui avaient refusé la permission d’aller aux obsèques de Boris Nemtsov, en réponse aux sanctions européennes contre Moscou selon la diplomatie polonaise.
    Une cérémonie d’adieux est prévue à partir de 7 heures au Centre Sakharov à Moscou, suivi d’un office orthodoxe, a indiqué Konstantin Merzlikine, un proche collaborateur de Boris Nemtsov.
     
    « Images de vidéosurveillance »

     
    Les enquêteurs russes ont déclaré n’écarter aucune piste: le crime politique comme la piste islamiste en raison du soutien de l’opposant au journal satirique français Charlie Hebdo, ou encore celle d’un meurtre lié au conflit ukrainien et commis par des « éléments radicaux ».
    La direction de l’enquête a été confiée au général Igor Krasnov, connu pour avoir beaucoup travaillé sur les milieux nationalistes et radicaux, notamment dans le cadre des enquêtes sur la tentative d’assassinat en 2005 d’Anatoli Tchoubaïs, responsable d’un groupe public et ancien collègue de Boris Nemtsov au gouvernement russe dans les années 1990, et sur le meurtre de l’avocat Stanislav Markelov et de la journaliste Anastassia Babourova en 2009.
    Les compagnons de lutte politique de Boris Nemtsov se sont pour leur part étonnés que ce crime, « minutieusement planifié » selon les enquêteurs, ait pu avoir lieu au nez et à la barbe des forces de sécurité, à deux pas du Kremlin. « Il est quasiment exclu que Boris Nemtsov n’ait pas fait l’objet de surveillance » des services de sécurité à l’approche de la manifestation d’opposition qui était prévue dimanche, a estimé le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny.
    Condamné fin février à quinze jours de prison pour la distribution « illégale » de tracts dans le métro moscovite, l’opposant n’a pas été autorisé par la justice russe à assister mardi aux obsèques de Nemtsov.  
    Des observateurs ont également souligné le fait que de nombreuses caméras surveillaient cette zone, à deux pas du Kremlin, dans laquelle circulent aussi des agents en civil.
    Des images de mauvaise qualité diffusées samedi soir sur la chaîne russe TVC et prises par une caméra surplombant à grande distance le pont où l’opposant a été abattu, montrent ce qui est présenté comme le déroulement de l’assassinat.
    Au moment du meurtre, Nemtsov et sa compagne sont cachés par un engin de déneigement, dans l’angle de la caméra. On peut ensuite apercevoir un individu, l’assassin présumé, courir vers la chaussée pour monter dans une voiture de couleur claire et quitter les lieux.
    La manifestation d’opposition prévue dimanche a été transformée en une marche à la mémoire de Boris Nemtsov, qui a rassemblé dimanche à Moscou plusieurs dizaines de milliers de personnes. Le défilé a débouché sur le pont où a été abattu l’opposant de 55 ans, dont le trottoir est couvert de fleurs, bougies et messages.
    Une cinquantaine de personnes ont été interpellées à l’issue de cette marche pour violation de l’ordre public. 
     
    AFP

    lebororo 2015-03-02 13:22:00
    Lui + de 55 ans
    Elle déjà 23 ans... Bizarre!
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