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Assises – Le conjoint violent condamné à 13 ans de réclusion criminelle

jeudi 8 juin 2017

assises

“Je ne savais pas que cela allait faire ça”, a affirmé Reua H. à la conclusion de son procès. (© Florent Collet)

Le procès devant la cour d’assises de Papeete de Reua H. a pris fin hier avec les plaidoiries et les réquisitions de l’avocate générale.

L’avocat de la famille de la victime a rappelé le parcours de la jeune femme atteinte d’une maladie rare dès sa naissance, protégée par sa mère jusqu’au coup de foudre pour l’amour de sa vie, Reua H., qui lui fera quitter école et famille et signera le début de “sa descente aux enfers”, où elle sera entraînée dans la consommation d’alcool.

La fille, décrite comme “coquette” par sa mère, ne sera plus “habillée que comme une clocharde” dans un foyer où “il n’y a pas d’argent sauf pour acheter de l’alcool”.

Me Jourdainne a également rappelé que l’accusé était un ancien boxeur, comme son père. “Dans la famille, on sait boire et se battre, l’alcool et la boxe transcendent les générations. Il sait quand cela fait mal et il voulait faire mal.”

Pour l’avocat, la responsabilité de Reua H. est “limpide”. Pour preuve, les traces de coups retrouvées sur ses mains au lendemain des faits.

Après avoir rappelé que l’enfant du couple devrait grandir en sachant que sa mère a été tuée par son père, il a demandé aux jurés “de garder à l’esprit qu’une personne aurait dû vivre plus longtemps”.

 

“Abruti par l’alcool et le paka”

 

De la rencontre de la victime avec l’accusé de cinq ans son aîné, l’avocate générale dit : “Elle signera, sans le savoir, son arrêt de mort alors que la maladie n’avait pas réussi à l’emporter.”

Et du quotidien du couple qui a rapidement sombré dans la violence, elle ajoute : “Verbale d’abord, et quand les mots ne blessent plus suffisamment, la violence physique prend le relais. Il cogne d’autant plus durement que malgré la maladie, elle refuse de se comporter en victime, elle le défie. (…) Elle ne craint rien ni personne, elle a affronté la mort depuis la naissance et a le courage de ne plus subir.” 

De l’accusé, elle explique qu’“il se prend pour un homme, alors qu’il n’est qu’abruti par l’alcool et le paka (…), qui cognera jusqu’à ce qu’elle cesse de hurler et de le supplier d’arrêter pour montrer à tous ceux qui l’entendaient qu’il était le plus fort et qu’il pouvait la réduire au silence” .

L’avocate générale a également remarqué l’absence de remise en question de l’accusé après plus de deux ans de détention. Elle a requis 15 ans de réclusion criminelle.

 

“Un peu suicidaire”

 

Lors d’une longue plaidoirie, Me Tulasne a rappelé que tous les acteurs du procès avaient “tous en commun de se rapprocher de la vérité et cela ne va pas être facile.” 

Après avoir rappelé “qu’aucun motif ne peut justifier la mort d’une victime” et s’être excusé d’avance auprès de la famille de la victime de mettre en évidence ses côtés négatifs, il a rappelé “qu’elle était condamnée à court terme, elle avait refusé l’évasan pour sa greffe, ne suivait plus son traitement et n’allait pas à ses rendez-vous. Elle était alcoolique, sans doute un peu suicidaire. ‘Je peux boire jusqu’à ma mort’, disait-elle.” Et de répéter les témoignages relatant les provocations de la victime.

Mais c’est bien sûr le flou entourant une partie des faits que l’avocat a insisté, une phase de violences s’étant déroulée dans le noir, loin des regards.

“On ne demande pas d’imaginer, on ne juge qu’avec des certitudes. La responsabilité de Reua H. est certaine mais discutable”, le doute devant bénéficier à l’accusé.

Il a également mis en avant que son client ignorait que son amie était vulnérable. Il a demandé que les jurés en tiennent compte pour réduire la peine.

Appelé à s’exprimer une dernière fois, Reua H. a exprimé ses regrets et ses pardons à son ex-belle famille et son enfant. “Je demande pardon à ma petite fille. Elle me manque trop. Elle est la fille de la femme que j’ai aimée. Pardon. Je regrette d’avoir fait ça. Je n’étais pas dans mon état normal. Je ne savais pas que cela allait faire ça.”

Au final, Reua H. écope de 13 ans de réclusion criminelle.

 

F.C.

 

 

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