Assises – Le douloureux chemin de croix de deux sœurs courage

    vendredi 27 mai 2016

    Leur proximité saute aux yeux. Les deux sœurs, 17 et 19 ans aujourd’hui, se tiennent serrées l’une contre l’autre à la barre de la cour d’assises où comparait, depuis hier, leur oncle maternel.
    “Oui”, disent-elles d’une même voix, elles ont bien été violées et agressées sexuellement par ce dernier, à plusieurs reprises, alors qu’elles étaient enfants et jeunes adolescentes.

    Dans le box des accusés, l’homme de 32 ans, crâne rasé et l’air rustre, reconnaît sans détour les faits.
    Il leur aura fallu bien du courage aux deux sœurs pour que leur dossier arrive devant les jurés. Leur enfance a été une succession de moments douloureux et les adultes ont fait défaut.
    En 2011, leur mère décède brutalement. Ce sont elles qui découvrent le corps sans vie dans leur appartement. Un premier traumatisme.

    L’ensemble de la famille de la défunte fait le déplacement depuis les îles, où elle réside, pour l’enterrement. Mais l’oncle décide, après celui-ci, de rester à Tahiti, et séjourne chez une autre de ses sœurs… devenue la tutrice légale des fillettes. Quelques jours à peine après les funérailles, il s’en serait pris à celles-ci. Puis, aurait recommencé.

    C’est finalement à l’occasion d’un camp de vacances, auquel participaient les victimes présumées, que celles-ci se confient à un animateur.
    Mais pour toute réaction, leur tante leur demande “d’oublier” et menace même de les “rosser” si elles maintiennent leurs accusations.

    “Vous avez préféré votre frère”

    Bien que ce ne soit pas son procès, la tutrice a été passée sur le grill par magistrats et avocat de la partie civile, hier matin.
    D’abord mise en confiance par la présidente Isabelle Pinet-Uriot, la jeune femme a livré son sentiment sur la véracité ou non des faits.
    “Je ne pense pas que c’est vrai (…) Quand on se fait violer, on ne veut plus être touchée. Pourtant, après, elle allait voir quelqu’un”, a-t-elle lâché au sujet de l’une de ses deux nièces.
    Et ce, alors même que son frère avait, quelques instants plus tôt, reconnu les agressions. “Il y a un peu de vérité là-dedans”, a-t-elle fini par consentir.

    Des déclarations qui ont fait sortir l’avocat général  de ses gonds. “Vous allez au camp d’ados pour les engueuler et faire en sorte qu’elles retirent leur plainte. Est-ce ça le rôle d’une tutrice ? Vous avez préféré votre frère, qui a violé vos nièces, à ces petites qui venaient de perdre leur mère. Elles ne comptent pas, elles ? Pourquoi ne pas les avoir protégées ? C’était votre mission. On voudrait comprendre…”. “Je ne savais pas quoi faire”, a soufflé la tante, déstabilisée.
    “Ce sont elles qui disent la vérité et personne d’autre”, a encore tonné le magistrat, lançant pour finir : “Seulement cela fait honte d’avoir un violeur dans la famille. C’est ça ?”.

    “Oui”, a acquiescé d’une voix blanche l’ancienne tutrice des deux jeunes filles.
    Le procès de l’oncle se poursuit aujourd’hui avec les réquisitions de l’avocat général et les plaidoiries des avocats. Le verdict sera rendu dans le courant de la journée.

    Compte rendu d’audience : J.-B.C.

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