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Assises : le père violeur prétend que sa fille était consentante

mercredi 6 septembre 2017

justice

“Je n’ai jamais imposé ou tabassé quelqu’un pour avoir une relation”, a clamé l’accusé à la barre, hier. (© Florent Collet)

L’audience n’a pas encore commencé. Ses parents se présentent à la barre pour décliner leur identité, mais la jeune fille, aujourd’hui âgée de 15 ans, a déjà les yeux rougis par les larmes.

Les deux jours de procès, débuté hier, devant la cour d’assises du tribunal de Papeete vont être pour elle un nouveau rappel du cauchemar subi durant au moins deux ans, et peut-être l’occasion de voir son père et sa mère, ses bourreaux, reconnaître leurs torts.

Ce n’est en tout cas pas le chemin emprunté hier par l’homme de 32 ans, accusé par sa fille de l’avoir violée durant deux ans, de l’âge de 11 ans jusqu’à l’âge de 13 ans, lorsqu’elle a décidé d’en parler dans son établissement scolaire qui a ensuite dénoncé les faits.

Entendue, la jeune avait expliqué aux gendarmes que les viols avaient commencé dans sa chambre durant les vacances alors qu’elle avait 11 ans.

Le père aurait enlevé le short de sa fille et sa culotte et lui aurait dit : “J’ai envie de toi, tu es trop sexy.”

La jeune fille se serait cachée sous sa couverture, aurait tenté de se défendre à coups de pied dans le sexe, mais les gifles de son père l’auraient mise à moitié KO avant qu’il la pénètre et vienne en elle sans préservatif.

Un cauchemar qui se serait donc répété plusieurs fois, la fille confirmant qu’elle montrait son désaccord à chaque fois. Son père lui aurait parfois offert des cadeaux comme un téléphone portable.

La mère, elle aussi, doit s’expliquer devant la justice quant à son attitude. Selon la fille, la mère les avait surpris.

D’abord tétanisée, elle aurait frappé son mari au point de lui casser une dent. La fille avait déposé plainte mais avait annoncé que sa mère défendrait son père. La mère avait fini par confirmer les déclarations de sa fille, qui couchait pour éviter les violences.

Elle n’avait pu empêcher ces viols. “Maman, je ne veux pas qu’il me tape dessus”, lui aurait ainsi répondu sa fille lorsqu’elle aurait voulu mettre fin à ces agissements.

Une version contestée par le père qui, durant l’instruction, a expliqué que tout avait débuté quand il s’était fait réveiller un jour par des caresses sur son sexe, pratiquées par sa fille, mais qu’il lui avait indiqué que cela était interdit.

Il avait également expliqué que sa fille s’était mise à califourchon et l’avait obligé à la pénétrer. Le père avait expliqué aux enquêteurs avoir voulu en parler à la mère et y avait renoncé à cause des menaces de suicide de sa fille.

Le père a également confirmé des rapports sexuels en présence de la maman. Il a indiqué que sa fille était consentante et aurait même souhaité avoir un enfant avec lui.

L’an dernier, il changeait de version et expliquait que les versions de sa fille et de sa femme étaient fausses. Il rapportait que sa fille lui faisait la tête quand il ne lui faisait pas l’amour. Une version évidemment contredite par l’avocat général, hier, qui a mis en doute le fait qu’un homme de 30 ans, amateur de MMA, puisse être contraint à un rapport sexuel par une fille de 11 ans.

Après cette présentation des différentes versions, l’homme, appelé à s’exprimer pour la première fois, a avoué : “Je reconnais les faits”, avant de renier avoir imposé les rapports à sa fille. “Je n’ai jamais imposé ou tabassé quelqu’un pour avoir une relation”, a clamé le père, qui a souvent préféré ne pas répondre aux questions sur sa personnalité.

Il n’a pas non plus tenu à s’exprimer sur son passé avec son ex-femme, qui est partie depuis avec le père de l’accusé avec qui elle a eu des enfants. La délibération sera rendue aujourd’hui. Le père encourt 20 ans de réclusion criminelle, la mère 5 ans. 

 

F.C.

 

 

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