Assises – Premier jour du procès des agresseurs présumés de Papy Ley

    mercredi 25 mai 2016

    La deuxième session d’assises de l’année s’est ouverte hier par le procès de trois jeunes qui sont impliqués dans la mort de Paul Ley en juin 2012. Une implication que la cour essaye de définir depuis hier, à grands renforts de questions et de rapports d’expertise.
    Ce soir-là, cinq jeunes, dont deux mineurs, déambulent et se mettent “en chasse”, comme ils disent. Le but : trouver une maison à l’écart des regards pour y commettre un vol. Les cinq jeunes, défoncés au paka, se rendent chez Paul Ley.

    Les choses dérapent. Le papy de 74 ans est frappé à plusieurs reprises, recouvert par un matelas et laissé dans cet état alors que les cinq individus tentent en vain de pénétrer dans le restaurant voisin, le Wasabi.
    Les deux plus jeunes, qui semblaient paradoxalement être aussi les deux meneurs, ont déjà été reconnus coupables aux assises pour mineurs. Ils ont chacun écopé de six ans ferme pour l’un et de quatre ans, dont deux avec sursis, pour l’autre.

    Les trois autres compagnons de cette virée nocturne et violente comparaissaient libres hier, quatre ans après les faits, en ayant au préalable effectué près d’un an de détention provisoire chacun pour violence ayant entraîné la mort pour l’un et pour violence ayant entraîné une infirmité permanente pour l’autre.

    Soirée de violence

    Hier, l’étude des faits devait déterminer les responsabilités des accusés. Des jeunes gens au regard bas, perdus à la barre avec des casiers judiciaires diversement chargés.
    Paul Ley n’est pas décédé le soir de son agression, mais huit mois plus tard. Justement le jour de la reconstitution des faits par la justice.
    Par deux fois, les expertises médicales semblent confirmer que le décès du septuagénaire n’était pas sans rapport avec l’agression. Un hématome sous-dural et un syndrome de glissement auront raison de l’homme, huit mois après sion agression.
    Ce soir-là, le plus jeune avait frappé, à la tête, le vieil homme à plusieurs reprises. Son acolyte mineur lui avait donné des coups de pied avant de faire tomber un matelas sur lui.
    Un seul des accusés présentés hier était dans la pièce à ce moment-là ; les deux autres étaient, selon les déclarations de chacun, dehors, à somnoler sur un banc.

    Tous deux avaient malgré tout rejoint la bande dans la maison pour procéder au maigre larcin de la soirée : quelques bijoux, quelques pièces, quelques billets.
    La soirée de violence s’était terminée quand les trois premiers avaient tenté de pénétrer dans le restaurant voisin. Le restaurateur, malgré l’heure tardive, était sur place et avait mis en fuite la bande.
    Paul Ley avait été retrouvé une heure plus tard à son domicile par les gendarmes. “Il avait la tête tout enflée”, témoignera le restaurateur qui verra passer le vieil homme sur son brancard ce soir-là.

    Pour des jeux vidéo

    Chacun leur tour, Patrice L., Bryan R.  et Théodore T. sont venus s’expliquer sur cette triste soirée. Des explications à peine audibles, noyées dans l’ennui du moment, l’effet du pakalolo et le besoin d’argent “pour acheter des jeux vidéo”.
    Aujourd’hui, le procès reprend avec les plaidoiries des avocats de la défense et celle de l’avocat général.
    Hier déjà, les avocats des trois jeunes souhaitaient voir une requalification de faits. En effet, les deux mineurs ont été jugés, en appel, pour violence ayant entraîné une infirmité permanente alors que les trois accusés hier étaient renvoyés devant la cour pour violences ayant entraîné la mort.

    Des violences que les avocats se chargeront de dénoncer puisque Patrice L., Bryan R.  et Théodore T. nient depuis le début avoir frappé Paul Ley, les deux derniers expliquant même ne pas avoir été dans la maison au moment des faits.
    Enfin, un dernier doute est à lever dans ce dossier. Quatre jours avant son agression, Paul Ley était tombé de vélo et avait dû faire un court passage à l’hôpital. Assez pour les avocats de la défense pour jeter le doute. Et si la mort était, huit mois après, causée par la chute en vélo et non les coups des jeunes gens ?

    Pour la fille de Paul Ley, la culpabilité de Patrice L., Bryan R. et Théodore T. est avérée.
    “Mon père était indépendant, il se débrouillait très bien”, a-t-elle expliqué à la cour. “C’était choquant de le voir après ce soir-là. Il était désorienté, ne reconnaissait plus sa maison, était devenu grossier avec tout le monde.”
    Un changement, elle en est certaine, qui résultait de l’agression.

    Compte rendu d’audience Bertrand Prévost

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