Habillage fond de site

ASSISES – Quinze ans de réclusion criminelle pour avoir battu à mort sa concubine

mercredi 31 mai 2017

assises raiatea

Tamatea Butcher, 41 ans, a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Sa concubine décédée n’avait que 21 ans. (© Marie Guitton)

“Voulez-vous nous en dire plus sur vos frères et sœurs ? Avez-vous des explications pour vos neuf condamnations ? Pouvez-vous nous parler des autres femmes que vous avez connues ?”

Balançant invariablement la tête de droite à gauche, dans le box des accusés, Tamatea Butcher est resté prostré, hier, tout au long de sa comparution devant la cour d’assises.

À la psychologue qui l’avait interrogé trois mois après les faits, le quadragénaire était déjà apparu “voûté, la tête baissée”. Pendant l’audience, il a souvent pris sa tête dans ses mains, s’est caché les yeux lors du défilement sordide des photos de la scène de crime.

À Raiatea, le 26 juin 2015, les gendarmes s’étaient retrouvés face au corps tuméfié et sans vie de Mihimana, 21 ans. Cinquante lésions traumatiques y avaient été relevées, des yeux aux cuisses, en passant par les oreilles, la mâchoire, le menton, le cou, les bras, le tronc, les fesses et les organes génitaux.

La jeune femme vivait avec Tamatea depuis un an, dans une cabane de 6 m2 sise sur un terrain familial. La veille de son décès, elle avait fumé du paka et bu plusieurs litres de komo puaka avec son compagnon, chez un couple de copains. Elle souhaitait continuer à faire la fête, lui visiblement pas.

Le couple fut mis à la porte après une première série de gifles infligées à la jeune femme, “comme si c’était un punching-ball”, dixit l’avocat général.

La violence va croissante sur le chemin du retour. “Elle ne voulait pas rentrer, voulait continuer à boire.” Alors Tamatea l’a portée sur son épaule. “Elle s’est laissée tomber”, ne l’écoutait pas, l’insultait. Alors il l’a baignée dans un ruisseau “pour la dessaouler”.

Des témoins, “choqués”, disent l’avoir prise pour un chien avant de l’aider à se relever. Une femme lui a donné son pareu pour cacher sa nudité.

 

Quinze ans de réclusion criminelle

 

Pourquoi était-elle nue ? Tamatea ne s’en souvient pas. Alors qu’elle était à moitié évanouie, il l’aurait finalement portée sans cri ni violence jusqu’à son matelas. Mais plus tard, Mihimana se serait relevée pour sortir de la maisonnée.

Cette fois, elle le paie de coups de poing et c’est par les bras et les cheveux que Tamatea la traîne pour la ramener au “château”, comme il aime à appeler son humble cabane. Pas d’eau, pas d’électricité.

“Quand j’ai vu l’endroit, j’étais choquée. C’était invivable. Je n’arrivais pas à croire qu’elle voulait vivre comme ça”, a confié hier la sœur de Mihimana aux jurés.

C’est là que le quadragénaire ramasse le bâton de bois avec lequel il lui assène ses derniers coups de la soirée. Au petit matin, le couple a un rapport sexuel. “Elle m’a dit qu’elle avait mal au dos et du mal à respirer”, souffle Tamatea à la barre. Il ignore d’abord sa douleur, puis part lui chercher de l’eau.

La jeune femme tombe dans le coma. “J’ai essayé de la réanimer. Comme dans la télé”, dit-il en mimant un massage cardiaque. Mais Mihimana était morte, “des suites d’un traumatisme crânien sévère”, et avec deux côtes fracturées.

Tamatea a reconnu les faits. Incarcéré depuis bientôt deux ans à Nuutania, il est décrit comme un “détenu calme”, mais “affecté” et “dépressif”, qui refuse tout suivi psychologique.

Dès son arrestation, il avait tenté de se jeter du fourgon, en répétant vouloir mourir et en appelant “sans cesse” sa concubine, raconte un officier. Placé sous neuroleptique et antidépresseur, il déclare aujourd’hui que la prison se passe “mal” : “Parce que je pense tout le temps à Mihimana.” Elle est morte sans dignité, dans un corps qui n’était que souffrance, comme un animal”, lui a toutefois rappelé hier l’avocate des parties civiles.

Parlant de “sauvagerie” et d’un risque de récidive, vu sa personnalité perturbée (lire ci-dessous), le ministère public a quant à lui requis la peine maximale.

Tamatea a finalement été condamné à 15 ans de réclusion criminelle. 

Marie Guitton

 

assises

659
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Le Pays a lancé l'opération "plage propre", vous sentez-vous concernés ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete