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Assises – En un seul coup de poing, le drame

mardi 21 février 2017

assise justice tribunal

“Je n’aurais jamais imaginé que cela aille si loin”, a expliqué l’accusé à la barre. (© Florent Collet)

Il comparait libre, mais à entendre le portrait qui en est fait par son entourage et les enquêteurs, difficile de comprendre ce que Kevin T.T. fait sur le banc des accusés de la cour d’assises, où il comparaît, hier et aujourd’hui, pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

En effet, élevé dans les valeurs protestantes par ses grands-parents, Kevin T.T., 26 ans aujourd’hui, a été le premier bachelier de sa famille à 17 ans.

Bon élève et travailleur, il a dirigé un temps une exploitation agricole et pêché pour avoir son stand au marché le week-end. Rameur, il a fait l’Hawaiki Nui Va’a à quatre reprises, parfois au sein d’équipes prestigieuses.

Plus globalement, il est décrit comme étant calme, non violent, poli, respectueux, consciencieux, courageux et vaillant. Et pourtant, le 11 mai 2013, après avoir bu plus de trois litres de bière, une partie de kikiri dégénère.

Dans un premier temps, Kevin T.T. gagne toutes les parties et agace les autres joueurs par ses cris. Puis la chance bascule, les défaites s’enchaînent et l’accusé se retrouve sans un franc. Il touche aux mises de ses adversaires, provoquant leur colère lorsqu’ils perdent.

La tension monte. Selon un témoin, Kevin T.T. reçoit un premier coup de coude de l’un des joueurs pour qu’il arrête de jouer. Mais c’est avec la future victime, Gustave, que le ton grimpe d’un cran. Ce dernier reproche à Kevin T.T. de lui avoir fait perdre et demande à être remboursé et l’insulte.

Selon l’accusé, tous les joueurs s’en prennent à lui. Il s’en va alors après avoir ressenti un sentiment de “honte”, mais les insultes se poursuivent entre les deux, qui finissent par se recroiser sur la route.

La victime enlève son tee-shirt et dépose son sac à dos, ce que Kevin T.T.  perçoit comme une invitation au combat.

 

Peu bagarreur

 

Habituellement peu bagarreur, ce dernier veut “s’expliquer”. Les noms d’oiseaux pleuvent, les deux hommes serapprochent et Kevin T.T. porte le premier et unique coup de poing.

“J’ai eu peur qu’il me frappe alors j’ai frappé en premier”, a-t-il expliqué à la barre hier.

En un seul coup, la victime tombe K.O., tête la première sur le sol. Transporté dans un profond coma à l’hôpital de Taaone, l’homme décédera six jours plus tard.

Hier, alors qu’elle n’a pas eu la force de s’exprimer à la barre, la mère de la victime a confié à La Dépêche de Tahiti sa gêne au moment des témoignages faisant de Kevin T.T. un jeune modèle. “Peut-être, je ne sais pas. Il a les mains tachées de sang aujourd’hui.”

Hier, devant la cour d’assise, Kevin T.T. est revenu sur certaines de ses déclarations en admettant, cette fois, avoir touché à l’argent des joueurs. Une évolution qu’il explique par le choc ressenti au lendemain des faits puis à l’annonce du décès.

“Du jour au lendemain, tout peut basculer. Je n’aurais jamais imaginé que cela aille si loin, qu’un seul coup puisse être fatal”.

Une hypothèse confirmée par le médecin légiste, longtemps passé sous le feu des questions des avocats de Kevin T.T. pour confirmer que l’alcool consommé en abondance, le fait d’avoir été traîné en bord de route sans précaution puis d’avoir été mis en position semi-assise dans le camion des pompiers aurait pu aggraver le cas de la victime.

Aujourd’hui, les derniers témoins de l’affaire seront entendus avant les plaidoiries. Kevin T.T. encourt 15 ans de réclusion criminelle.

 

F.C.

 

 

 

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