Habillage fond de site

Une association dénonce les extractions dans la Punaruu

lundi 5 février 2018

extraction punaruu

Vendredi dernier, John Tuaiva a photographié l’entreprise en train de curer profondément non plus l’embouchure mais le long du lit de la rivière. (© Élénore Pelletier)

Une association de Punaauia dénonce un excès d’extraction à l’embouchure de la Punaruu. Te mata ara o te muriavai no Punaruu a relevé un dépassement du quota accordé par arrêté. Des gros cailloux ont été évacués alors que la berge n’a pas été consolidée comme annoncé.

C’est la colère qui domi- nait, samedi dernier, au matin, à l’embouchure de la Punaruu, à Punaauia. Réunis à l’appel du président de Te mata ara o te muriavai no Punaruu, quelques membres de l’association n’ont pas caché leur écœurement après avoir été mis au courant des extractions opérées la semaine dernière à l’embouchure de la grande rivière de Punaauia.

Le chantier a débuté lundi dernier sans même que l’association – qui défend ce site depuis des années – soit mise au courant. Voilà plusieurs mois que Te mata ara o te muriavai no Punaruu avait sollicité le ministère de l’Équipement pour faire sauter ladune de sable qui barrait l’em- bouchure.

“À l’époque du ministre Solia, tout s’est bien passé”, explique John Tuaiva, le président de l’association.

Cette fois, l’arrêté d’extraction n’a pas été communiqué. Et le modeste panneau, écrit à la main, placé tardivement à l’entrée de la servitude Muriavai, ne signalait surtout pas la quantité de tout-venant autorisée.

 

 

500 m3 largement dépassés

 

 

Un riverain a sollicité la police municipale, qui, visiblement, n’avait pas eu non plus vent de ce chantier. L’association a demandé en vain l’intervention des gendarmes, mais ces derniers ne se sont pas déplacés.

Et entre-temps, les camions de tout-venant sortaient par dizaine. L’association comptait sur le contrôleur de l’équipement, mais selon des témoins, l’agent s’est fait très discret durant l’opération. “Il a passé son temps à dormir”, explique un riverain.

Alors, jeudi dernier, quelqu’un de l’association a été chargé de comptabiliser le va-et-vient des camions.

Le comptage, débuté à 10 heures seulement, a relevé pas moins de 14 camions de 16m3 et 26 de 12 m3, soit plus de 500 m3, volume maximum autorisé par l’arrêté.

Les membres de l’association se demandent alors combien de tout-venant a été extrait mardi et mercredi derniers.

Sur place vendredi dernier, John Tuaiva assure que 18 camions ont encore fait des voyages avec de gros blocs trouvés dans l’embouchure. Ces blocs avaient été arrachés de la berge et auraient dû rester sur place, comme le précise le point 6°c de l’arrêté.

Pour ne pas avoir affaire avec l’association, l’entrepreneur avait créé un chemin dans le lit de la rivière pour amener ses engins.

Le site n’a même pas été remis en état. Et contrairement à ce qu’avait laissé croire un chef de l’équipement, l’entreprise n’a aucunement consolidé la berge.

John Tuaiva et ses adhérents ne cachent pas leur ras-le-bol. Te mata ara o te muriavai no Punaruu dit “stop”.

Ils en veulent au ministre Faatau. Les membres de l’association ne participeront d’ailleurs plus aux efforts de sensibilisation pour l’environnement, car ils ont l’impression que le gouvernement les prend pour des éboueurs : “Eux prennent l’argent et nous, on doit ramasser les déchets à longueur d’année”.

 

 

J.-L.M.

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