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Assureurs : “Nous avons tous pris des dispositions exceptionnelles”

vendredi 27 janvier 2017

assurance

Alain Le Bris, président
du comité des sociétés
d’assurance (Cosoda), estime pour l’heure à 600 millions
de francs le montant des dommages pris en charge par les assureurs, après les inondations de dimanche dernier. (© Marie Guitton)


La plupart des sinistrés ont réalisé ces derniers jours, après les inondations de dimanche dernier, qu’ils n’étaient pas assurés pour ce risque spécifique. Comment faire jouer les garanties ? Quelles sont les règles ? Alain Le Bris, président du comité des sociétés d’assurance (Cosoda), répond à nos questions. Il assure que plusieurs assureurs ont décidé de faire un geste.

 

Avez-vous une première estimation des pertes couvertes par les assureurs après les inondations du week-end dernier ?
Le chiffre va être revu à la hausse. Aujourd’hui, on va sans doute dépasser les 500 dossiers de sinistres, qu’il s’agisse des habitations, autos et commerces. On va dépasser un coût global de 600 millions de francs pour les assureurs, d’autant que la plupart d’entre eux ont décidé d’avoir une lecture libérale des contrats qui les lient à leurs clients.

Beaucoup de particuliers et de commerçants se sont, en effet, aperçu qu’ils n’étaient pas couverts en cas d’inondation…
Aujourd’hui, on peut considérer qu’entre 70 et 80 % des commerçants ne sont pas assurés en “événements climatiques”, ce qui est une option en Polynésie.
Et même parmi les 20 à 30 % des entreprises qui ont la garantie tempête-ouragan-cyclone, à peu près la moitié n’a pas pris la garantie inondation, qui est à la carte dans beaucoup de compagnies. Le souci aujourd’hui, c’est que bon nombre de commerçants n’avaient jamais imaginé que l’inondation puisse arriver en centre-ville. Donc, ils n’ont jamais pensé à se garantir.

Beaucoup de gens vous demandent-ils aujourd’hui de faire un geste ?
Oui. Et devant cette désolation, nous avons tous pris des dispositions exceptionnelles d’intervention. Chaque compagnie a une politique d’aménagement plus ou moins large, sachant qu’elle va déjà devoir débourser des sommes très importantes.
Beaucoup de compagnies ont, par exemple, pris la décision de prendre en charge les voitures abîmées, y compris en perte totale, qui étaient garanties en tous risques, même si l’option des événements climatiques n’avait pas été choisie par le client.
Pour les habitations et les commerces, certaines compagnies ont informé qu’elles allaient faire un effort pour ceux qui avaient pris au moins la garantie tempête, ouragan, cyclone, mais n’avaient pas pris l’option inondation. C’est du cas par cas. Des entreprises paient depuis des années pour être couvertes. Si au bout du compte, elles s’aperçoivent qu’elles ont payé pour les autres, il y a un problème d’équité, de morale des affaires, je dirais presque.

Des gens qui ont pris toutes ces garanties s’énervent aussi régulièrement de voir leurs assureurs pinailler et leur opposer les clauses de bas de page en petits caractères…
C’est un cliché habituel et c’est parfois vrai, même si nous essayons d’être plus lisibles, mais le consommateur est plus souvent à la recherche d’un prix que des garanties proposées. Au niveau des assureurs, on a été beaucoup attaqué. Ici, nos collaborateurs en ont pris plein la figure, alors que pourtant ils ont essayé de faire en sorte qu’il y ait de l’empathie dans leur action, parce que les gens sont traumatisés. Mais on ne peut pas non plus faire l’impossible.

D’après le président du Medef, des commerçants sinistrés s’estiment aujourd’hui gagnants de ne pas avoir pris la garantie inondation, vu le prix des cotisations et la récurrence d’un tel événement…
Il y en a beaucoup qui disent ça. Aujourd’hui encore, quand on leur demande s’ils veulent la
prendre pour demain, ils répondent : “Ça ne sert à rien maintenant puisque c’est passé.”
Pour éviter cette situation préjudiciable tant aux assurés qu’aux assureurs ou aux pouvoirs publics, rendre l’assurance des catastrophes naturelles obligatoire ici, comme en France, serait sans doute la solution. Mais ça veut dire une cotisation supplémen­taire pour tout le monde (en métropole : 12 % pour les habitations et les commerces, et 6 % pour l’auto, NDLR). Or, beaucoup de commerçants y sont opposés pour le moment car ils estiment que chacun doit assumer son risque et prendre ses responsabilités (lire en p. 15, NDLR).

Si la garantie obligatoire était mise en place au fenua, la mutualisation de ces “surcotisations” suffirait-elle à alimenter un fonds suffisant en cas de catastrophe naturelle ?
À l’échelle locale : non. Pour que ça marche, il faudrait qu’on réussisse à rentrer dans le fonds français. Mais c’est une demande que le Pays devra faire à l’État.
C’est ce qui s’est passé pour les départements d’outre-mer. Maintenant, la garantie “catastrophes naturelles” s’applique à La Réunion et aux Antilles, alors qu’elles sont dans des zones à risque plus important que les nôtres en termes climatiques. Cela dit, ce sont des départements et leur intégration paraît donc plus légitime.
Mais ça, ce sont des décisions politiques. 

 

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(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Propos recueillis
par Marie Guitton

Orianne Obrize
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