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Attaque à Notre-Dame de Paris : Les enquêteurs ont commencé à entendre l’assaillant

jeudi 8 juin 2017

L’assaillant qui a blessé, mardi, un policier sur le parvis  de Notre-dame de Paris est entendu par les enquêteurs  et toutes les indications confirment la thèse “d’un acte isolé”. (Photo : Samuel Boivin/Citizenside/AFP)

L’assaillant qui a blessé, mardi, un policier sur le parvis de Notre-dame de Paris est entendu par les enquêteurs et toutes les indications confirment la thèse “d’un acte isolé”. (Photo : Samuel Boivin/Citizenside/AFP)

Les enquêteurs ont commencé à interroger hier l’assaillant qui a blessé au marteau un policier devant Notre-Dame de Paris, un étudiant algérien de 40 ans inconnu des services de renseignement et passé à l’acte après avoir fait allégeance à l’EI.

Farid I., blessé à une cuisse par des tirs de riposte, “a commencé à être entendu par les enquêteurs” depuis l’hôpital où il est soigné et où il avait été placé en garde à vue hier matin, a indiqué une source proche de l’enquête. “Pour le moment, il répond aux questions”, a-t-elle affirmé.

L’homme n’avait pas “donné de signes de sa radicalisation” et toutes les indications confirment la thèse “d’un acte isolé”, a affirmé sur RTL le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, au lendemain de ce nouvel attentat jihadiste visant la France.

Les policiers ont retrouvé dans l’appartement qu’il louait à Cergy (Val d’Oise) une vidéo dans laquelle il prête allégeance à l’organisation jihadiste État islamique (EI), selon une source proche de l’enquête.

Dans une séquence qu’il a filmée dans la nuit précédant l’attaque, vraisemblablement à son domicile avec son appareil photo, il fait allégeance à l’autoproclamé “calife” du groupe, Abou Bakr Al-Baghdadi, en se mettant en scène devant une photocopie du drapeau noir de l’EI accrochée à un mur, a décrit cette source.

Les policiers, qui s’interrogent sur son parcours de radicalisation, tentent de faire parler un ordinateur qu’il avait avec lui lors de l’attaque, mais aussi son appareil photo, un téléphone portable, une clé USB et une carte mémoire.

En attaquant mardi un membre d’une patrouille de police sur le parvis de l’édifice catholique, l’agresseur a revendiqué être “un soldat du califat”. L’homme, également muni de deux couteaux de cuisine, a crié “c’est pour la Syrie” au moment où il frappait le policier, selon le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. La France participe à l’action militaire internationale pour éradiquer l’EI en Irak et Syrie. Le parquet antiterroriste a aussitôt ouvert une enquête.

Le policier agressé, 22 ans, légèrement blessé à la tête, au-dessus de la nuque, est sorti de l’hôpital dès mardi soir. Souffrant d’“une bosse” et d’“un petit trauma crânien, rien de méchant” selon ses propres dires, l’agent, interrogé par Europe 1, a estimé s’en “sortir plutôt bien” .

L’assaillant de mardi portait des papiers au nom de Farid I., né en Algérie en janvier 1977 et inscrit depuis 2014 comme doctorant en sciences de l’information de l’Université de Lorraine, à Metz.

Lui qui n’a pas “d’antécédents psychiatriques connus à ce stade”, selon une source proche de l’enquête, était “aux antipodes de tout ce qu’on décrit”, a affirmé son directeur de thèse, Arnaud Mercier, qui le connaît depuis 2013. Son étudiant, “doux comme un agneau”, “défendait des valeurs de la démocratie”, a-t-il ajouté.

Farid I. avait auparavant étudié de 2009 à 2011 à Uppsala, au nord de Stockholm, où il a été diplômé en journalisme, a confirmé cette prestigieuse université. Selon le tabloïd suédois Expressen, il était marié jusqu’en 2005 à une Suédoise et a quitté le pays en 2013.

D’après une fiche à son nom sur le site professionnel Linkedin, Farid I. dit avoir dirigé un journal local à Béjaïa, en Kabylie, et avoir travaillé pour le quotidien algérien El Watan, connu pour sa ligne radicalement anti-islamiste.

En Algérie, son allégeance à l’EI est qualifiée d’“inimaginable” par Kamel Medjoub, qui l’avait recruté à Béjaïa. Si Farid I. faisait sa prière “comme tout le monde”, ce “progressiste” n’avait “rien à voir avec le courant extrémiste”, a assuré Sofiane I., son neveu, qui vit dans cette ville située à 250 km d’Alger.

“L’an passé, quand il est venu en vacances, nous avons discuté de la situation au Moyen-Orient. Il disait ne pas croire en cette organisation (l’EI) et a même qualifié al-Baghdadi ‘d’abruti’”, a-t-il raconté.

 

AFP

 

 

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