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Ils attaquent sauvagement un Australien : un an ferme

mardi 28 août 2018

“C’est un touriste, en plus. C’est impardonnable. C’est dommage de gâcher l’image de la Polynésie”, a reconnu l’un des deux prévenus. (© Florent Collet)

“C’est un touriste, en plus. C’est impardonnable. C’est dommage de gâcher l’image de la Polynésie”, a reconnu l’un des deux prévenus. (© Florent Collet)

M.T.et A.H. sont nés en 1988. L’un est grand et fort, l’autre petit et maigre. L’un totalise déjà dix-huit condamnations, l’autre treize. Dans la nuit de samedi à dimanche derniers, c’est le second qui a donné l’idée au premier de frapper un ressortissant australien arrivé avec le navire Seven Seas.

Les deux jeunes hommes ont déjà consommé 24 bouteilles de bière et une bouteille de vodka à l’heure où les boîtes de nuit et bars de Papeete ferment leurs portes. Le duo retrouve alors sur les marches du Vaima un homme assis la tête dans les genoux. A.H. tente discrètement de lui dérober le contenu de ses poches. “J’ai senti qu’on tirait sur mon pantalon. Je me suis retourné. Un homme m’a demandé ce que j’avais dans les poches. J’ai répondu que je n’avais rien. Il m’a alors mis un coup de poing au visage. Quand je me suis réveillé, les secours s’occupaient de moi”, a raconté l’Australien aux forces de l’ordre.

Le premier coup l’a fait tomber K.O.. Les deux jeunes hommes le dépouillent ensuite, dérobent son téléphone, ses papiers, ses cartes de crédit, 25 000 francs et 50 dollars. Cependant, comme l’homme semble un moment retrouver ses esprits, c’est A.H. qui lui assène plusieurs coups de pied en plein visage. “Comme il allait se réveiller, je l’ai tapé”, reconnaît le prévenu à la barre.

Souffrant d’une fracture ouverture au nez, la victime s’est vue prescrire une première incapacité totale de travail (ITT) de cinq jours. Grâce à un témoin qui a pu décrire les deux hommes qui avaient pris la fuite, la police municipale finit par mettre la main sur eux. Ils nient d’abord être les auteurs des faits.

Le billet de 50 dollars retrouvé sur eux, puis l’Australien qui les reconnaîtra finissent par leur faire admettre leurs torts.

En contrat d’accès à l’emploi (CAE) depuis quelque temps, 18 condamnations au compteur, M.T. ne s’était pas fait remarquer par la justice depuis 2015 et sa signature à la Croix-Bleue (engagement religieux à ne plus boire d’alcool). Il a d’ailleurs expliqué qu’il appréciait être encadré par le service d’insertion et de probation lorsqu’il était encore en période de mise à l’épreuve.

A.H., lui, a un CDI de coffreur qui permet de faire vivre une bonne partie de sa famille. Invités à s’expliquer sur les raisons de ce geste, ils n’ont aucune autre explication que l’alcool.

“L’alcool n’est pas le seul problème, ni l’oisiveté ou la désespérance sociale. Ce n’est pas ponctuel, ce n’est pas une erreur brutale de parcours”, a estimé la procureure qui a rappelé que la victime aurait pu se retrouver dans le coma ou décéder. Elle a requis deux ans de prison à l’encontre de chacun des deux prévenus avec trois ans de mise à l’épreuve.

Pour l’avocate des deux prévenus, ce dossier est “incompréhensible” étant donné que ses deux clients, pères de famille, ont fait dernièrement des efforts pour se réinsérer. Appelé à s’exprimer une dernière fois, A.H. a repris l’idée développée un peu plus tôt par le président du tribunal.

“C’est un touriste, en plus. C’est impardonnable. C’est dommage de gâcher l’image de la Polynésie”, a t-il dit, commentant son acte.

Les juges ont condamné les deux hommes à deux ans de prison dont un an avec sursis. Ils devront indemniser la victime qui n’aura retrouvé que son argent liquide à hauteur de 200 000 francs. Ils ont été conduits en détention aussi tôt le jugement prononcé.

 

F.C.

 

 

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