Un attentat “imminent” déjoué à Marseille

    mercredi 19 avril 2017

    marseille attentat

    Des membres du Raid après avoir perquisitionné le logement de l’un des suspects. (Photo : Boris Horvat/AFP)

    À cinq jours du premier tour de la présidentielle, deux jeunes hommes “radicalisés”, soupçonnés de vouloir perpétrer une attaque “imminente”, ont été arrêtés hier à Marseille, en possession d’armes à feu et d’une grosse quantité d’explosif artisanal.

    Les deux hommes, “aussi méfiants que déterminés”, se préparaient à mener “une action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu’on puisse déterminer avec précision le jour, le ou les cibles visées”, a déclaré à la presse le procureur de Paris François Molins.

    Si les enquêteurs étaient sur la piste de Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, depuis plusieurs semaines, la menace s’est précisée ces derniers jours.

    Le 4 avril, Mahiedine Merabet a envoyé un pli au commissariat de Roubaix accompagné d’un mot : “Je vous donne ma carte d’identité et ma carte (bancaire, NDLR) car à cause de vous, je n’en ai plus l’utilité. Je vais bientôt me rendre, on discutera. (…) Je n’ai rien à vous dire, je vis d’amour et d’eau fraîche, je médite, laissez-moi tranquille, salut.”

    Il cherchait également à entrer en contact avec l’organisation jihadiste État islamique (EI), notamment pour transmettre “une vidéo d’allégeance ou de revendication”, selon le procureur.

    Interceptée le 12 avril par la directtion générale de la sécurité intérieure (DGSI), cette vidéo montre une table sur laquelle sont posés un fusil mitrailleur UZI, le drapeau noir de l’organisation État islamique, des dizaines de munitions disposées afin d’écrire “la loi du talion” et la Une du journal Le Monde du 16 mars, où figurait François Fillon.

    Jugé le plus menacé des onze candidats depuis la fin de la semaine dernière, le candidat LR est protégé en permanence par six officiers de sécurité. Vendredi dernier, la sécurité avait été renforcée autour de son meeting à Montpellier mais la menace sur cette réunion n’était pas fondée, a confié une source policière.

    Par précaution, les photos des deux jeunes hommes, de nationalité française, ont été distribuées dès jeudi dernier aux services de sécurité des candidats à l’élection présidentielle, ont déclaré Marine Le Pen et l’entourage d’Emmanuel Macron.

    Un important arsenal, notamment plus de trois kilos de TATP, l’explosif artisanal prisé des jihadistes, une grenade artisanale ainsi qu’un fusil-mitrailleur, deux pistolets, des munitions et un drapeau de l’EI, ont été saisis dans le logement loué par les deux hommes depuis le 1er avril.

    Dans cet appartement “d’étudiant” du IIIe arrondissement de Marseille, les enquêteurs ont découvert au mur “un plan de la ville ainsi que de très nombreuses copies couleur de photographies représentant des enfants morts, victimes de guerre, de bombardements ou d’exactions”, a indiqué François Molins.

    Un drapeau de l’EI ainsi que de la “documentation jihadiste” avaient déjà été découverts au domicile à Roubaix de Mahiedine Merabet, en son absence, lors d’une perquisition administrative en décembre 2016, a précisé le procureur.

    Les deux hommes ont été arrêtés en sortant de leur logement hier matin par la DGSI, assistée du Raid, dans le cadre d’une enquête en flagrance ouverte à Paris le 12 avril, notamment pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et infraction à la législation sur les armes en relation avec une entreprise terroriste.

    Connus pour leur radicalisation et fichés S depuis 2016 et 2015, les deux suspects se sont connus en partageant leur cellule pendant deux mois en 2015. Ils étaient incarcérés pour des faits de droit commun.

    Le président François Hollande a salué une “prise remarquable”, après cette double interpellation. Ces interpellations interviennent à cinq jours du premier tour de l’élection présidentielle, sur fond de menace terroriste très élevée en France, frappée depuis 2015 par une série d’attentats jihadistes, parfois de masse, qui ont fait 238 morts. Plus de 50 000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour assurer la sécurité de l’élection.

    Cinq projets d’attentats ont été déjoués depuis le début de l’année 2017, après 17 en 2016, avait affirmé le 21 mars le Premier ministre Bernard Cazeneuve. 

     

    AFP

     

     

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