Attentats à Paris : neuf personnes toujours en garde à vue

    dimanche 18 janvier 2015

    L’enquête sur les attentats de Paris s’est poursuivie ce week-end autour d’éventuelles complicités, à l’orée d’une semaine qui sera marquée par plusieurs annonces gouvernementales pour renforcer la lutte antiterroriste dans l’espoir de préserver l’unité nationale des derniers jours.
    Neuf des douze personnes interpellées dans la nuit de jeudi à vendredi en région parisienne ont vu dimanche leur garde à vue prolongée de 48 heures, théoriquement jusqu’à mardi. Les trois autres, des compagnes d’hommes en garde à vue, ont été relâchées samedi, a appris l’AFP de source judiciaire.
    Les enquêteurs s’intéressent donc toujours à huit hommes âgés de 22 à 46 ans et une compagne de l’un d’eux, âgée de 23 ans. Ils sont interrogés sur le « possible soutien logistique », armes ou véhicules, qu’ils sont susceptibles d’avoir apporté à Amédy Coulibaly, qui a tué une policière municipale le 8 janvier à Montrouge puis quatre juifs le lendemain dans un supermarché casher.
    Le lieu d’inhumation d’Amédy Coulibaly, islamiste radicalisé en prison, finalement tué par la police, n’était pas connu dimanche. Les frères Saïd et Chérif Kouachi, les jihadistes qui ont tué 12 personnes le 7 janvier à Charlie Hebdo, également tués par les forces de l’ordre, ont été respectivement enterrés vendredi à Reims et samedi à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
    Leurs sépultures sont anonymes pour éviter qu’elles ne deviennent un lieu de pèlerinage.
    Après la communion des jours où des millions de personnes se sont rassemblées pour dire « Je suis Charlie » contre le terrorisme et en défense de la liberté d’expression, le pays dévoile aussi petit à petit un autre visage, celui de nombreux Français qui revendiquent, pour des raisons très diverses, ne pas être « Charlie« .

    Dix morts contre ‘Charlie‘ au Niger
     
    A l’étranger, dans le monde musulman, la nouvelle caricature du prophète Mahomet en Une du « numéro des survivants » du journal satirique a provoqué de nombreuses manifestations, souvent antifrançaises voire antichrétiennes. Dix personnes sont mortes et de nombreuses églises ont été incendiées dans des manifestations vendredi et samedi au Niger, pays soutenu par la France dans la lutte contre le terrorisme. Le président nigérien Mahamadou Issoufou, qui a défilé le 11 janvier avec une cinquantaine d’autres dirigeants internationaux et plus de 1,2 million de personnes à Paris, a accusé les émeutiers de n’avoir « rien compris à l’islam ».
    Face à cette colère, François Hollande a invoqué les « valeurs » françaises, à commencer par la liberté d’expression.
    Au Pakistan, plusieurs milliers de personnes ont encore manifesté dimanche. Des drapeaux français et des effigies du président Hollande ainsi que des dessinateurs de Charlie Hebdo ont été brûlées.
    Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique, Gérard Biard, a défendu sur la chaîne américaine NBC les caricatures, qui contribuent selon lui à défendre « la liberté de religion ».
    En France, le gouvernement a choisi de réprimer durement tout acte ou message faisant l’apologie des attentats ou de leurs auteurs, en multipliant les procédures judiciaires. Il a aussi lancé une « mobilisation de l’école pour les valeurs de la République », après le refus de nombreux élèves de se joindre à la minute de silence pour les victimes. La ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem doit faire de premières annonces cette semaine.
    Seront aussi scrutées les mesures que doit présenter mercredi le gouvernement pour renforcer le renseignement après les « failles » révélées par les attentats, perpétrés par des jihadistes français connus, parfois de longue date, par les services. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve doit proposer un renforcement de la Direction générale de la sécurité intérieure, notamment pour surveiller internet.
    Un fichier des personnes condamnées pour terrorisme doit aussi voir le jour.
    Le gouvernement espère ainsi perpétuer, au moins sur ce terrain, l’unité nationale. Bernard Cazeneuve a assuré dans une lettre au président de l’UMP Nicolas Sarkozy que la plupart de ses propositions étaient partagées voire mises en œuvre par l’exécutif socialiste. En revanche, il a opposé une fin de non recevoir à une proposition phare de l’UMP, l’interdiction de retour en France de jihadistes même s’ils sont français, jugée contraire à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme.

    AFP

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