Attentats: alerte maximale à Bruxelles, l’état d’urgence prolongé officiellement à Paris

    samedi 21 novembre 2015

    Bruxelles a été placée samedi en état d’alerte maximal, métro et centres commerciaux fermés, en raison d’un « risque d’attentat par des individus avec armes et explosifs » comme ceux qui ont frappé Paris vendredi 13 novembre, poussant la France à décréter un état d’urgence désormais prolongé et renforcé.

    Invoquant une menace « précise et imminente », les autorités belges ont relevé l’alerte terroriste au niveau maximal pour la région bruxelloise. Cette décision a été prise en raison d’un « risque d’attentat tel que déroulé à Paris », a déclaré, l’air grave, le Premier ministre Charles Michel.

    Les Bruxellois sont appelés à éviter « les concerts, les grands événements, les gares et aéroports, les transports en commun », tandis que policiers et militaires patrouillent dans des rues vides. La situation doit être réévaluée dimanche.

    Depuis les tueries de Paris, qui ont fait 130 morts, l’enquête se concentre notamment sur des jihadistes belges ou passés par la Belgique.

    Un Belge d’origine marocaine – Ahmad Dahmani, 26 ans – soupçonné d’avoir participé au repérage des cibles des attentats, a ainsi été arrêté dans le sud de la Turquie.

    Et vendredi soir, un nouveau suspect arrêté en Belgique, en lien avec les attaques parisiennes, a été inculpé pour terrorisme. Des armes – mais « pas d’explosifs, ni de ceintures d’explosifs » – ont été trouvées « au domicile » de ce suspect, le troisième inculpé par la justice belge, a dit le parquet fédéral.

    – Prêt à se faire sauter? -L’un des suspects-clés des attentats, Salah Abdeslam, est toujours activement recherché. Selon l’avocate d’un des hommes qui disent l’avoir exfiltré vers Bruxelles au lendemain du carnage, il était « extrêmement énervé » et « peut-être prêt à se faire sauter ».

    L’alerte dans la capitale belge survient aussi au lendemain d’une prise d’otages à Bamako par des jihadistes qui a fait au moins 19 morts dans un hôtel. Trois suspects sont activement recherchés.

    En France, la loi de prolongation pour trois mois de l’état d’urgence, élargissant les possibilités d’assignation à résidence et permettant la dissolution de groupes et associations extrémistes, a été publiée samedi et entre officiellement en vigueur, jusqu’au 26 février.

    Depuis son instauration au soir des attentats, près de 800 perquisitions administratives ont été menées, 90 personnes placées en garde à vue, 164 assignées à résidence et 174 armes saisies.

    Les Français, qui approuvent massivement les mesures d’exception annoncées par François Hollande pour lutter contre le terrorisme, selon un sondage publié samedi, tentent de reprendre une vie normale.

    Si l’interdiction de manifester en Ile-de-France a été prolongée jusqu’au 30 novembre inclus, à Toulouse, plus de 10.000 personnes ont marché « contre la barbarie et les amalgames », bravant un vent glacial. Mais la fréquentation des musées est en baisse, signe d’une France encore sonnée.

    Les proches commencent à récupérer les corps des victimes et les premiers enterrements auront lieu dès lundi, avant un hommage national vendredi aux Invalides.

    Côté enquête, sept des huit personnes interpellées mercredi lors de l’assaut policier à Saint-Denis ont été relâchées samedi. La garde à vue se poursuit en revanche pour l’homme qui a fourni un appartement, dans cette ville au nord de Paris, à Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats parisiens. Cet homme, Jawad Bendaoud, avait expliqué à l’AFP juste avant son interpellation avoir hébergé deux personnes « qui venaient de Belgique », « pour rendre service ».

    Les derniers éléments semblent montrer qu’Abaaoud, jihadiste belgo-marocain tué à Saint-Denis, a également joué un rôle dans le « commando des terrasses » visant des bars et restaurants: il a laissé ses empreintes sur une kalachnikov retrouvée dans la voiture des tueurs.

    Sa cousine, Hasna Aitboulahcen, a aussi péri dans l’assaut à Saint-Denis. Il reste à identifier un troisième homme, qui s’est fait exploser dans l’appartement. Ce dernier n’est pas connu de la police française, a affirmé une source policière, après comparaison de son ADN avec le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

    – Contrôles aux frontières – Les enquêteurs ont également découvert que deux kamikazes du Stade de France avaient suivi le chemin des réfugiés pour venir en Europe, tous deux contrôlés début octobre en Grèce avec des passeports syriens, ce qui risque de raviver le débat sur les conditions de maintien de la libre-circulation dans l’espace Schengen.

    Sous l’impulsion française, les 28 Etats de l’Union européenne ont décidé vendredi, dans l’urgence, l’instauration de contrôles systématiques à leurs frontières extérieures. Bruxelles proposera aussi d’ici fin 2015 une révision des règles de Schengen.

    En France, les contrôles aux frontières, rétablis il y a une semaine en vue de la conférence de Paris sur le climat, seront maintenus « aussi longtemps que la menace terroriste le nécessitera ».

    Le Conseil de sécurité de l’ONU a pour sa part adopté à l’unanimité une résolution française donnant toute latitude « aux Etats qui en sont capables, de prendre toutes les mesures nécessaires » pour combattre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats parisiens.

    Toujours au niveau diplomatique, François Hollande recevra lundi à l’Elysée le Premier ministre britannique, David Cameron, pour discuter de la lutte antiterroriste et de la Syrie, prélude à une intense semaine d’échanges avec Barack Obama mardi à Washington, Angela Merkel mercredi à Paris puis Vladimir Poutine jeudi à Moscou.

     Agence France-Presse

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