Attentats de Paris : quatre hommes déférés en vue de possibles mises en examen

mardi 20 janvier 2015

Quatre hommes ont été déférés mardi en vue d’une possible mise en examen dans l’enquête sur les attentats qui ont fait 17 morts début janvier en Ile-de-France.
Âgés de 22 à 28 ans, les quatre hommes avaient été interpellés vendredi en région parisienne. Ils sont soupçonnés d’avoir apporté un soutien logistique -des armes et des véhicules notamment- au preneur d’otages du supermarché casher de l’Est de Paris, Amédy Coulibaly.
Ce dernier a tué une policière municipale à Montrouge le 8 janvier et quatre juifs le lendemain lors de cette attaque antisémite à l’issue de laquelle il a été abattu par la police.
Le parquet a requis la mise en examen des quatre hommes pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes », et, pour l’un d’entre eux, des infractions à la législation sur les armes, selon un communiqué du procureur de Paris, François Molins, qui tiendra une conférence de presse mercredi à 9h. 
Au vu de ces réquisitions, aucun des quatre hommes n’est donc soupçonné d’avoir été complice des 17 assassinats commis par les frères Kouachi et par Amédy Coulibaly.
Le parquet a demandé leur placement en détention provisoire, un point qui sera tranché par un magistrat spécialisé après les éventuelles mises en examen.
Près de deux semaines après l’attentat contre Charlie Hebdo, le ministère public a cédé la main à des juges d’instruction antiterroristes en ouvrant une information judiciaire, notamment pour « assassinats en relation avec une entreprises terroriste » sur les différentes attaques qui ont endeuillé la France du 7 au 9 janvier.
Ces magistrats devront notamment travailler sur l’aide, directe ou indirecte, dont ont pu bénéficier les trois tueurs.
Qui leur a fourni des armes, et avec quel degré de connaissance de leur projet ? Lors de la prise d’otages à l’Hyper Cacher, Coulibaly avait des pistolets et kalachnikov et des explosifs. Les enquêteurs ont aussi découvert, dans sa « planque » à Gentilly (Val-de-Marne), un petit arsenal composé d’autres pistolets, de munitions, téléphones, bombes lacrymogènes.
De nombreuses autres questions se posent. Qui a mis en ligne une vidéo posthume de Coulibaly où lui sont attribuées ces attaques ? Qui a grièvement blessé par balle un joggeur à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) au premier soir des tueries ? Et pourquoi ?

ADN et téléphonie
 
Au total, huit hommes, et quatre femmes parmi leurs compagnes, âgés de 19 à 47 ans et connus « pour des faits de droit commun », selon le gouvernement, avaient été interpellés en fin de semaine dernière à Montrouge et Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), Grigny et Fleury-Mérogis (Essonne) ou encore Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Parmi les douze personnes, huit ont été remises en liberté.
Ce sont des filatures, l’analyse d’éléments de téléphonie, ou encore des traces ADN qui avaient permis aux enquêteurs de remonter à ces suspects.
Des empreintes papillaires avaient notamment été trouvées dans la Mégane que Coulibaly aurait utilisé pour se rendre au supermarché casher, selon une source proche du dossier. Les clés de l’automobile et d’une moto Suzuki avaient été retrouvées sur lui.
Avant les 12 interpellations vendredi, 18 personnes avaient été entendues sous le régime de la garde à vue dans cette enquête hors norme conduite jusqu’à mardi par le parquet de Paris.
Les trois tueurs sont connus pour appartenir à la mouvance islamiste radicale. Chérif Kouachi a été condamné dans un dossier de filière d’envoi de jihadistes en Irak au milieu des années 2000.
Coulibaly était sorti de prison en mai après avoir purgé une peine pour participation à un projet d’évasion d’un auteur des attentats de 1995, Smaïn Aït Ali Belkacem. Mis en examen dans cette enquête, Chérif Kouachi avait bénéficié d’un non-lieu.
Le procureur de Paris avait révélé les liens « constants et soutenus », au travers de leurs compagnes, entre Chérif Kouachi et Coulibaly.
La compagne de ce dernier, Hayat Boumeddiene, est suspectée de s’être rendue en Syrie, via l’Espagne puis la Turquie, avant les tueries. 
Selon une source antiterroriste espagnole, elle était accompagnée durant son voyage de deux frères, Mohamed et Mehdi Belhoucine, dont le premier a été condamné à un an de prison ferme en juillet 2014 pour son appartenance à une filière qui envoyait des jihadistes dans la zone pakistano-afghane à la fin des années 2000. Sa peine était couverte par sa détention provisoire.

AFP

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