Au fenua comme ailleurs, tous fous de ‘ori Tahiti

    mercredi 15 juillet 2015

    Une bonne et mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que le ‘ori Tahiti ne s’est jamais aussi bien (ex)porté. Mais la mauvaise, c’est qu’un jour ou l’autre, un danseur, une danseuse voire une troupe étrangère détrônera les meilleurs de Tahiti, tant le niveau des troupes internationales est haut. Lundi, tout au long de la journée, lors du Farereira’a (rencontre) au grand théâtre de la Maison de la culture, temple de la danse locale, les nombreux spectateurs ont pu apprécier cette journée de compétition réservée aux troupes internationales. 
    Selon Coco Hotahota, organisateur, ce sont plus de 700 danseurs et danseuses qui sont venus “en pèlerinage” à Tahiti sur les traces du ‘ori Tahiti. Plus de 120 d’entre eux se sont lancés lundi, tout au long de la journée, dans des concours solo, chacun et chacune répartis dans différentes catégories d’âge. Ils sont venus du Mexique, du Japon – la plus grosse délégation avec plus de 175 personnes –, des États-Unis, de Hawaii, de Rapa Nui et rares ont été les locaux à avoir tenté ce quatrième Farereira’a, pourtant ouvert aux artistes du fenua. À peine cinq danseurs et danseuses du fenua, la plupart très jeunes, dont la jeune fille de Tiare Trompette, sont venus se frotter aux étrangers. 

    “Un vrai marathon pour les juges” 

    Esprit, chorégraphie, fa’arapu (le roulé, NDLR), vitalité, costumes et impression générale étaient les critères de sélection du jury, à l’instar de la compétition reine, le Heiva i Tahiti. Plusieurs séries ont départagé plus de 200 concurrents au final. “Un vrai marathon pour les juges”, a confié John Toaroa. “Les locaux ont un peu peur de ce genre de compétition.” “Chez nous, pour le Heiva, on prépare la musique, tandis que là, on ne sait pas quel morceau va être joué”, nuance le professionnel du ‘ori Tahiti. 
    “Le niveau est très élevé”, n’a pas manqué de rajouter le membre du jury, également vice-président de la troupe Temaeva de Coco Hotahota mais aussi coordinateur de cette “rencontre”. Quelques aparima et des concours d’orchestre – sans lot – ont rythmé les concours solo, le plus souvent féminins car les danseuses étaient venues en nombre – environ deux tiers des effectifs.
    Mais quelle beauté pour les yeux et quelle ferveur et joie de vivre sur 100 % des visages sur scène, de 5 à 73 ans ! “Ils ont la joie d’être là, où a été créé le ‘ori Tahiti, ils se doivent d’être là et de tout faire pour gagner. C’est une forme de pèlerinage pour eux.” “Ici, on est chez nous, on croit détenir tout mais un jour, on va se réveiller, il sera trop tard”, s’est confié Coco Hotahota, au micro de Polynésie 1ère, lundi soir. 
    Le public polynésien mais aussi très international (la plupart des troupes venaient encourager ses danseurs ou danseuses sur scène) a rempli la salle et en a pris plein les yeux. “C’est très chaleureux”, a ressenti le membre du jury, concentré et qui n’a pas chômé, tout comme ses huit autres collègues d’un jour. Sans aucun doute, le grand théâtre est un lieu idéal pour cette convivialité, si proche du Hura tapairu de décembre. 
    Hier, l’ensemble des troupes venues d’au-delà l’océan ont fait une prestation à Faa’a, sans compétition cette fois. Les principales seront de retour ce soir, en seconde partie, à Faa’a. 
    Les grands prix solo de ce Farereira’a viendront, eux, dans le temple de To’ata encore tout donner et surtout se faire connaître car c’est ce soir que seront dévoilés les grands gagnants du Heiva i Tahiti. 
    Ils danseront pour le ‘ori Tahiti, pour le public, pour votre plus grand plaisir. 

    Christophe Cozette

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete