Audiovisuel : “Des inégalités existent entre la Polynésie et la métropole”

    mardi 24 mai 2016

    Une commission de travail s’est réunie hier, à la présidence, coprésidée par Patrice Gélinet, un membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, l’autorité nationale chargée de réguler les secteurs de la télévision et de la radio. En charge de l’outre-mer, ce dernier restera au fenua jusqu’à la fin de la semaine, “pour voir un peu ce qu’il se passe sur place”. En ligne de mire, “l’inégalité de traitement” entre les Polynésiens et les métropolitains.

    À quoi sert cette commission de travail ?
    Cette commission de travail se réunit une fois par an, tantôt à Papeete, tantôt à Paris, pour échanger des problèmes qui se posent dans l’audiovisuel en Polynésie.

    Quels sont ces problèmes ?
    Des inégalités existent entre la Polynésie et la métropole. Par exemple, le fait qu’en métropole, la TNT gratuite est composée de 26 chaînes de télévision, contre neuf qui fonctionnent ici aujourd’hui. Ou le fait que toutes les chaînes sont passées en haute définition en métropole, alors que, pour l’instant, rien n’est prévu dans les outre-mer, dont la Polynésie.

    Pour l’Euro 2016, les Polynésiens devront payer pour voir des matchs que les métropolitains verront gratuitement. C’est ce genre de problèmes dont vous parlez, par exemple ?
    Oui, ce sujet a justement été abordé. Les Polynésiens, et les ultramarins d’une façon générale, doivent payer des chaînes que les métropolitains peuvent regarder gratuitement. Cette différence ne correspond pas à la politique du gouvernement, qui vise à obtenir une égalité réelle entre les outre-mer et la métropole.

    Y a-t-il le même problème pour les radios ?
    Oui, à mon avis, il manque d’autres chaînes de Radio France. J’ai remarqué qu’ici, et encore ce n’est vrai que dans une partie de Tahiti, on ne peut entendre que France Inter. Pourquoi est-ce que France culture ou France musique n’existeraient pas ? C’est une autre inégalité.

    Comment corriger ces inégalités ?
    Des chaînes comme M6, TF1, BFMTV, etc., ne souhaitent pas venir ici parce que le transport du signal coûterait trop cher. Il serait difficile, pour cette même raison, de les y contraindre. L’idée qui a été évoquée est donc d’utiliser ce qui est déjà utilisé pour la continuité territoriale et dans d’autres domaines : faire en sorte qu’on puisse les aider à venir, les subventionner.
    En même temps, si on fait venir beaucoup d’autres chaînes, ça pourrait être préjudiciable à celles qui existent déjà.
    Si TF1 et M6 devenaient gratuites sur la TNT locale, ça serait préjudiciable aux chaînes locales qui diffusent une partie de leurs programmes. Donc, il faut faire attention à ce que l’élargissement du paysage audiovisuel ne nuise pas aux chaînes qui existent déjà sur place.

    Et s’agissant de la haute définition ?
    C’est quelque chose qui peut être réglé par le gouvernement. Cela suppose l’existence d’un deuxième multiplexe, d’une deuxième fréquence, sur laquelle les chaînes qui existent déjà ici gratuitement pourraient passer en haute définition.

    Au-delà de ces deux problématiques, le CSA a-t-il des remarques particulières sur les programmes des chaînes locales ?
    Le CSA n’a pas à définir les programmes des chaînes. Elles sont libres, à condition de respecter certaines règles, comme les temps de parole des différents candidats aux élections territoriales ou présidentielle, par exemple.
    Or, dans l’ensemble, les chaînes locales travaillent correctement et dans le respect des conventions ou des cahiers des charges qu’elles ont signés.

    Propos recueillis par Marie Guitton

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