Australie : ces étudiants qui espionnent les indépendantistes papous

    vendredi 10 octobre 2014

    Les indépendantistes papous en exil ont diffusé hier les photos de trois étudiants indonésiens. Selon eux, il s’agit d’espions, payés par le gouvernement indonésien. Les photos datent de l’inauguration de l’équivalent d’une ambassade par la République fédérale de la Papouasie occidentale à Melbourne, fin juin. Cette République a été proclamée en octobre 2011 à l’issue du congrès des peuples papous à Jayapura, mais n’a aucune légitimité en droit international. « L’un des étudiants nous a expliqué qu’il faisait sa thèse à l’Université de Melbourne, et qu’il travaillait en parallèle pour le ministère indonésien des Affaires étrangères. Donc je pense que c’était un espion, parce qu’il prenait beaucoup de photos de nos bureaux, tout comme les deux autres étudiants », explique Jacob Rumbiak, qui se présente comme le ministre des Affaires étrangères de cette République papoue.
     
    De son côté, l’ambassade d’Indonésie à Canberra nie tout en bloc : « Le gouvernement indonésien ne charge aucun étudiant en Australie, ou ailleurs, de recueillir des informations de quelque nature que ce soit. Les étudiants indonésiens qui assistent à des événements ouverts au public, y compris ceux qui concernent la Papouasie, le font de leur propre chef, dans le cadre de leurs études ou par intérêt personnel. » Une parade diplomatique qui ne convainc pas du tout l’Australien Damien Kingsbury, un sympathisant du mouvement indépendantiste papou. Il est professeur de politique internationale à l’Université de Deakin, et également ancien conseiller du mouvement de libération d’Aceh et des indépendantistes du Timor Leste : « Un certain nombre d’étudiants espions renseignent le consulat indonésien de Melbourne, par exemple, c’est courant. En tant qu’universitaires nous sommes fréquemment confrontés à ce phénomène, et souvent, ces étudiants indonésiens nous disent ce qu’ils font, qu’ils espionnent. Les services de renseignement australiens considèrent cela comme une activité de surveillance sans importance, ils ne considèrent pas cela comme de l’espionnage. Et c’est vrai que la plupart des informations recueillies par ces espions est publique de toute façon, postée sur les sites Internet, mais ils écoutent aussi des conversations privées, ce qui est bien plus inquiétant. »
     
    Le site web du mouvement de libération de la Papouasie occidentale a été piraté par deux fois récemment. Jacob Rumbiak et ses collaborateurs ont localisé les adresses IP des ordinateurs d’où sont partis ces cyber-attaques : les ordinateurs sont situés à Melbourne, et à Jakarta, tout près du ministère indonésien des Affaires étrangères. Là encore, l’ambassade indonésienne en Australie nie toute implication des autorités indonésiennes.

    Radio Australia
     

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