Australie : ils sont Charlie

    vendredi 9 janvier 2015

    Une grande banderole « Freedom of Speech » – liberté d’expression, sur la scène de la place de la Fédération à Melbourne. Un message de condoléances aux proches des victimes, sur fond de cierges – affiché par la ville de Melbourne sur l’écran géant de la place. Et plus d’un millier de Français et Australiens en deuil, chacun avec une pancarte Je suis Charlie serrée sur le coeur. Certains brandissaiennt l’arme fatale: un crayon, parfois un pinceau.
    Au micro sur l’estrade, Laura Laffitte Salis-Gabbiani, installée ici depuis 8 ans, et Maeva Siena, arrivée il y a seulement 4 mois en Australie, avec un visa vacances-travail. Elle connaît l’un des employés de Charlie Hebdo, blessés dans la fusillade. Les deux femmes se sont rencontrées jeudi sur la page Facebook de la communauté française et ont décidé d’organiser un rassemblement, pour abolir la distance avec la métropole. Maeva : « On n’est pas en France pour montrer qu’on n’a pas peur, que c’est pas parce qu’il s’est passé ça qu’on ne va plus sortir de chez nous et c’est pour ça qu’on organise cet événement ce soir à Melbourne, pour réunir bien sûr toute la communauté française, mais aussi toutes les personnes qui se sentent proches de nous, que ce soient les Australiens ou les étrangers. Voilà, on veut montrer qu’on est là, qu’on n’a pas peur, on continuera à parler, et on veut être libres. »
     Sur les pavés de la place de la Fédération, deux longues queues se forment pour signer les registres de condoléances mis à disposition par le syndicat australien des journalistes. Ils seront envoyés aux survivants de Charlie Hebdo à Paris. Dans la file, beaucoup de Français, mais aussi des Australiens : « Matt : Je viens d’écrire un message de condoléances. Je suis ici pour défendre la liberté d’expression et la laïcité. Mes sentiments vont aux proches de ceux qui sont morts aujourd’hui ». Miles explique quant à lui : « Moi je suis là pour dire que les gens doivent avoir le droit de dire ce qu’ils veulent, quand ils veulent, comme ils veulent. » Kate souligne : « Moi je suis ici par hasard, mais je suis très touchée, car je vis en France. Et je pense que c’est très important que le monde voie que les Australiens réagissent. » Enfin Geoff lâche : « En tant qu’Australien je tiens à dire que je suis horrifié par les atrocités commises à Paris. Ça arrive de plus en plus souvent, et aujourd’hui nous présentons un front uni pour dire que nous en avons marre, que nous sommes en colère. »
    Pourtant les Australiens en ont eu un avant-goût, à la mi-décembre avec la prise d’otages dans la chocolaterie de Martin Place, qui a fait deux morts.
    La prise d’otages de Martin Place est une plaie encore à vif pour beaucoup d’Australiens. Mais étrangement, les deux victimes, Katrina Dawson et Tori Johnson, n’ont pas été citées pendant l’hommage aux 12 de Charlie, sur la place de la Fédération à Melbourne hier. De même, dans la foule massée sur la place de la Fédération, personne n’évoquait ces autres victimes de la violence.
    À Sydney en revanche, l’émotion était bien différente. 2 000 Français se sont rassemblés sur les lieux de la prise d’otage, sur Martin Place, pour rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo. Les noms des 12 victimes ont été lus, et ils ont chanté la Marseillaise après une minute de silence. « Nous ne nous cèderons jamais à la terreur et au terrorisme », a déclaré l’ambassadeur de France en Australie, Christophe Lecourtier.
     
    Radio Australia

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