Australie : la clinique anti-gueule de bois a du succès

    jeudi 14 janvier 2016

    Fini les remèdes de grand-mère, place aux grands moyens : si vous habitez à Sydney, pour lutter contre les lendemains de fête difficiles, vous pouvez désormais vous rendre dans une clinique spécialisée. Moyennant 95 à 200 dollars, vous pouvez être remis sur pied en seulement 30 minutes.
    Plusieurs offres sont proposées : cela va de la perfusion d’un cocktail de vitamines et d’eau au programme « résurrection », avec traitement à base d’oxygène et complément antioxydant. Tout cela est censé faire passer le mal de crâne et la nausée en un rien de temps.
    Malgré le prix de ces traitements, la clinique remporte un franc succès depuis son ouverture, le mois dernier, affirme l’un de ses dirigeants, Max Petro, un ancien avocat : « On a suscité beaucoup plus d’intérêt que ce qu’on pensait au départ. On imaginait attirer les 25 à 35 ans, ceux qui font la fête, mais on a reçu plein de gens – des plus jeunes jusqu’à ceux qui ont eu un long déjeuner de travail. »
    Max Petro assure que les autorités sanitaires n’ont émis aucune objection à ce projet. Mais le vice-président de l’Association médicale australienne, le docteur Stephen Parnis, est sceptique : « Leur traitement ne repose sur aucun fondement. Dans le pire des cas, cela peut causer du tort aux gens avec l’insertion inutile de canule intraveineuse. Et puis, cela peut amener certaines personnes à se dire qu’elles peuvent se laisser totalement aller et que ces gens-là leur viendront en aide.»
    Un argument rejeté par Max Petro ;  sa clinique n’encourage pas le «binge drinking», la consommation excessive et express d’alcool. Et ses services ont d’autres avantages, fait-il valoir : « Certaines personnes vont jusqu’à se rendre aux urgences, où disent qu’elles se sentent vraiment mal et demandent à se faire administrer des fluides et de l’oxygène. Ce qu’on propose, c’est un espace où les gens peuvent venir et avoir une perfusion. Ça soulage les hôpitaux et ça évite que les gens gaspillent leurs ressources. »
    Max Petro ambitionne même d’ouvrir de nouvelles cliniques anti-gueule de bois pour proposer son « remède miracle » à un maximum de fêtards. Le docteur Parnis met en garde ses futurs clients : « L’alcool est associé à tellement d’autres formes de dommages que la gueule de bois : la maladie mentale, la dépression, l’automutilation, l’agression et la violence… tous les traumatismes physiques. Pour toutes ces choses là, les gens continueront à aller aux urgences et je suis sûr que mon service n’observera aucune baisse de patients qui présentent des troubles liés à la consommation d’alcool. »
    Pour Stephen Parnis, c’est aussi une question d’éthique. Il a d’ailleurs déconseillé à ses collègues de travailler de près ou de loin pour cette clinique anti-gueule de bois.
     
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