Australie : la loi sur la rétention des données informatiques présentée sur fond de controverse

mardi 17 mars 2015

C’est l’une des mesures prises par le gouvernement australien pour renforcer son arsenal anti-terroriste : une loi permettant d’accroître la surveillance sur Internet a été présentée aujourd’hui, au Parlement. Un vote devrait avoir lieu d’ici la fin de la semaine prochaine.
Si elle passe, cette loi entraînera la conservation des données Internet et téléphone de tous les Australiens pendant deux ans. Malgré la controverse qu’il suscite, le texte devrait être validé, le parti libéral au pouvoir ayant conclu un accord avec l’opposition travailliste, qui exigeait des garanties sur la protection des sources des journalistes. Le Premier ministre, Tony Abbott, a ainsi accepté une légère modification de la loi : pour identifier une source journalistique, il faudra obtenir un mandat des autorités.
Le sénateur des Verts, Scott Ludlam, s’insurge contre cet arrangement entre les deux grands partis politiques du pays : « La vraie question, c’est surtout « pourquoi le gouvernement veut-il avoir accès aux sources des journalistes, avec ou sans mandat ? » Ce qui se passe, c’est que le gouvernement achète le silence du parti travailliste. Il n’aborde pas la question du coût énorme que représente cette nouvelle taxe de surveillance, ni le fait que tout le monde sera surveillé, ni encore que cela risque de se transformer en un amas de données qui seront disponibles pour des pirates informatiques ou des personnes mal intentionnées. »
D’autres élus ou même des chercheurs soulignent en outre que l’amendement proposé par Tony Abbott ne permettra pas de protéger le travail des journalistes. C’est une « solution superficielle et inefficace », juge ainsi le sénateur indépendant Nick Xenophon.
Interrogé par ABC, Georges Brandis, le ministre australien de la Justice, rejette ce débat : « Les medias ne sont pas la cible de cette loi. La cible, ce sont les criminels, les pédophiles et les terroristes. C’est une loi qui continue de garantir à la police, au pouvoir judiciaire et aux autorités en charge de la sécurité l’accès à des preuves essentielles pour toutes les enquêtes criminelles et terroristes. »
Au début du mois, des citoyens australiens avaient manifesté contre cette loi de façon plutôt originale : en envoyant des dizaines de textos au ministre de la Justice, après s’être procuré son numéro grâce à une utilisation habile des nouvelles technologies.
Si ce projet de loi est validé par les élus, les fournisseurs d’accès téléphonique et Internet devront conserver les données personnelles de leurs utilisateurs pendant deux ans à compter de janvier 2017.
 
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