Australie : le gouvernement veut limiter le pouvoir des écologistes face au développement des mines

    mercredi 19 août 2015

    Le gouvernement australien n’a, semble-t-il, pas digéré que le vaste projet minier du bassin de Galilée soit bloqué par la justice. L’équipe de Tony Abbott veut changer les lois environnementales pour empêcher les groupes écologistes de contrecarrer ses plans.
     Au début du mois, une action intentée en justice par le groupe de protection de la nature Mackay a forcé le gouvernement et la compagnie minière indienne Adani à revoir leur copie. Ils n’ont pas donné suffisamment de garanties pour la protection de deux espèces en danger, a estimé la Cour fédérale, mettant donc un coup d’arrêt au projet de construction de la plus grande mine de charbon d’Australie.
    Une décision immédiatement dénoncée par le Premier ministre, Tony Abbott, qui semble avoir trouvé la parade : changer la loi. « La mine est en train d’être sabotée juridiquement par des militants écologistes qui font campagne contre l’industrie du charbon et plus largement contre tous les grands projets de développement. »
    Et pour défendre cette thèse d’une économie sous la menace potentielle de défenseurs de l’environnement, Tony Abbott a fait appel à ses ministres, qui se sont relayés au Parlement et dans les médias, comme le ministre de l’Industrie, Ian Macfarlane : « Ce qui se passe, c’est que les projets sont bloqués dans divers tribunaux. Ce qui est alarmant dans le cas d’Adani, c’est que ça montre que les écologistes élèvent cette guerre contre le développement économique en Australie à un tout autre niveau. »
    Le gouvernement affirme que ce projet de 16 milliards de dollars permettra la création de 10 000 emplois, principalement dans le Queensland. Les consultants de la mine estiment, eux, que ce sont environ 1 500 emplois qui seraient créés.
    Quoiqu’il en soit, le gouvernement semble déterminer à aller jusqu’au bout. Il veut compliquer la tâche des groupes écologistes, en réduisant leur capacité de faire appel à la justice. L’équipe de Tony Abbott souligne ainsi que le groupe Mackay, qui a obtenu la suspension du projet d’Adani, est domicilié à 600 km de la future mine et que, du coup, il ne devrait pas être concerné. Le risque, si la loi change, c’est que les procédures s’éternisent, prévient l’avocat Stephen Keim : « Ce qui arriverait si on se débarrassait de ce règlement libéralisé, c’est qu’on passerait beaucoup de temps dans les tribunaux à chercher à savoir si tel groupe a fait suffisamment de sorties ou a vendu suffisamment de tee-shirts pour avoir le droit de soulever un problème. »
    Les lois environnementales en vigueur aujourd’hui n’ont, en outre, pas entraîné le blocage de nombreux projets, contrairement à ce que soutient le gouvernement. Selon l’Institut australien, un think tank indépendant, en 15 ans, seuls 0,5% des projets ont été mis à mal par des actions en justice menées par des groupes écologistes. Le directeur de l’Institut, Ben Oquist : « Une telle action n’a été intentée que pour 22 projets sur 5 500. Et ces actions n’ont été un succès qu’à six occasions. Seuls deux projets ont ensuite été arrêtés. Nous avons en fait des lois environnementales assez faibles. Comme le savent les agriculteurs qui se plaignent de la mine de charbon Shenhua en Nouvelle-Galles-du-Sud, ces lois ne sont vraiment pas très puissantes. »
    Le gouvernement a prévu de soumettre ses changements au Parlement à la fin de la semaine.
    Le parti travailliste a fait savoir qu’il ne soutiendrait rien qui limite le droit de la communauté à contester les décisions du gouvernement.
     
    Radio Australia

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete