Australie : troubles dans le centre de rétention de l’île Christmas après la mort d’un détenu iranien

    lundi 9 novembre 2015

    Des troubles ont éclaté dans le centre de rétention australien de l’île Christmas, au nord de l’Australie, non loin des côtes indonésiennes, après la mort d’un réfugié iranien.
    Le corps de cet homme, Fazal Chegeni, a été retrouvé hier, hors du centre, dont il s’était évadé samedi. Kurde iranien, âgé d’une trentaine d’années, il avait fait plusieurs tentatives de suicide depuis son arrivée en Australie il y a cinq ans. Les autorités ont lancé une enquête pour savoir ce qui a causé sa mort. 
    Le ministère de l’Immigration admet qu’il y a actuellement des « perturbations » au sein du centre de rétention, mais il assure que la situation est sous contrôle. Ce n’est pas ce que disent de nombreux détenus néo-zélandais : selon eux, plusieurs bâtiments ont été détruits et des feux ont été allumés par des émeutiers. Certains rapportent même que les gardes sont partis et ont laissé le centre aux mains des détenus.
    Depuis plusieurs semaines, des citoyens néo-zélandais sont placés dans ce centre aux côtés de demandeurs d’asile en attendant d’être renvoyés en Nouvelle-Zélande. C’est la conséquence d’une nouvelle loi qui permet aux autorités australiennes d’expulser tout étranger qui a purgé une peine de prison de 12 mois ou plus.
    Selon le témoignage anonyme de l’un d’entre eux, recueilli par la radio nationale néo-zélandaise, la situation dans le centre de l’île Christmas est très tendue : « Ce qui se passe aujourd’hui, c’est principalement à cause de la mort du détenu iranien. On en a marre de voir des gens qui essaient de se faire du mal, qui tentent de se suicider. Ça arrive tout le temps. On a vu beaucoup de types s’automutiler et c’est pas beau à voir, vous vous sentez vraiment mal pour ces gens-là. Les gars qui sont retenus ici ont décidé de donner des coups dans le mur, puis de s’attaquer à la tôle ondulée qu’il y a derrière et dès qu’il y a eu un groupe qui a réussi à casser le mur, tous les autres ont suivi. »
    Les autorités australiennes communiquent très peu. Impossible donc de savoir si elles maîtrisent toujours la situation. Ricky Downes, un autre détenu néo-zélandais, dit s’attendre à une réplique des gardes : « Ils vont peut-être tirer des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes, je ne sais pas… On est en train d’attendre, c’est tout ce qu’on a à faire, c’est pas comme si on pouvait aller ailleurs. On ne veut pas sortir du centre, on ne veut pas aller dans le reste de l’île, où vit la population, c’est pas de ça qu’il s’agit. Il s’agit de Serco (l’entreprise qui gère le centre, NDLR), d’immigration, et du fait qu’on veut être avec nos familles, on veut rentrer chez nous, en Australie, parce qu’on ne représente aucun danger pour la société australienne – c’est pour ça qu’on a passé du temps en prison, pour pouvoir ensuite se réinsérer. »
    Pour les habitants aussi, cette situation est délicate, rapporte le président du comté, Gordon Thomson : « Je suis très triste d’entendre que quelqu’un est mort. Je veux que vous enregistriez cela. Et je suis très, très déçu que le ministère ait permis à la rumeur de se propager au sein de la communauté ces derniers jours sans donner aucune information. »
    Un détenu slovénien, Matje, affirme avoir entendu des appels à l’aide avant que le corps de Fazal Chegeni ne soit rapporté dans un sac.
    Les Verts demandent au gouvernement de faire une enquête globale sur le centre de rétention, soulignant qu’il y a eu d’autres décès de détenus cette année, dans l’île Christmas.
     
    Radio Australia

    MOOREA56 2015-11-12 21:00:00
    Faites les travailler 15 heures par jour comme cela ils se calmeront par eux mêmes.
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