Australie: un petit coin de désert pour les déchets radioactifs

    vendredi 13 novembre 2015

    L’Australie retraitera ses déchets nucléaires dans un seul et unique centre d’ici 2021. Ce matin, le gouvernement a publié la liste des sites potentiels.
    Ils sont au nombre de six, tous situés dans des endroits isolés, dans le bush australien: trois sites en Australie du Sud, un dans le Territoire du Nord, un dans le Queensland et un en Nouvelle-Galles-du-Sud.
    L’Australie ne produit pas d’armes, ni d’électricité nucléaires. Il s’agit donc de déchets faiblement radioactifs, principalement issus de la production de médicaments radiopharmaceutiques, utilisés pour le diagnostic et le traitement des cancers par exemple et fabriqués grâce au réacteur de Lucas Heights, à Sydney. Le papier, les lunettes de protection, les gants, etc., utilisés dans le cycle de production, sont eux aussi radioactifs et donc stockés.
    Le volume de déchets accumulés depuis 40 ans par l’Australie est ridicule comparé à la France par exemple. Chaque année l’Australie génère 40 mètres cubes de déchets radioactifs, alors que la France en produit 25 000. Les déchets australiens pourraient seulement remplir deux piscines olympiques. Mais un chargement de combustibles usés est attendu fin novembre en Australie, de retour de l’usine de retraitement de La Hague, en France, où ils ont été envoyés entre 1996 et 2009.
    Actuellement, les déchets radioactifs australiens sont entreposés sur une centaine de sites, en zone urbaine comme en zone rurale. Et souvent, les entreprises qui produisent ces déchets sont aussi responsables de leur retraitement. Josh Frydenberg, le ministre australien des Ressources naturelles, veut centraliser le retraitement de ces déchets sur un site unique géré par l’État:   « Ces déchets sont actuellement dispersés dans une centaine de sites de stockage à travers le pays. Or certains arrivent à saturation. Et c’est dans l’intérêt de l’Australie de rassembler ces déchets dans un seul et unique centre de retraitement, comme le font les autres pays. D’autre part, l’Australie s’est engagée dans les traités internationaux à stocker les déchets qu’elle produit. »
    Les propriétaires terriens des 6 sites envisagés sont des volontaires, motivés par l’argent. Mais il faudra aussi le feu vert de toute la communauté autour du site. En compensation, le gouvernement fédéral offrira 10 millions de dollars à la commune qui acceptera d’accueilir les déchets nucléaires. Malgré cela, certains riverains manifestent leur inquiétude, comme Lino Alvarez, un habitant de Hill End, une petite bourgade située dans une région productrice de laine, dans l’ouest de la Nouvelle-Galles-du-Sud:  « C’est un projet écoeurant, nous sommes dans une région magnifique, nous recevons des vacanciers des grandes villes australiennes, et ce centre de déchets, cela mettrait tout en danger. » 
    Hill End est distant de 10 kilomètres seulement du site de Sally’s flat, qui pourrait être choisi par le gouvernement.
    Josh Frydenberg, le ministre, estime que les inquiétudes des riverains sont totalement infondées, et qu’un seul site vaut mieux qu’une centaine, pour des raisons de sécurité : « Sur le chemin du travail ou en rentrant chez eux le soir, beaucoup d’Australiens passent devant un hôpital qui stocke des déchets radioactifs ou un autre site de stockage, sans même le savoir. Et j’aimerais aussi rappeler que tous les Australiens bénéficient de la médecine nucléaire. »
    L’ANSTO, l’organisation australienne de science et de technologie nucléaire, produit en effet 10 000 doses de médicaments radiopharmaceutiques pour les malades chaque semaine. Et l’Australie est en passe de devenir l’un des principaux exportateurs mondiaux de ces substances. Une perspective qui agite les écologistes australiens. Ils estiment que les déchets nucléaires, même faiblement radioactifs, constituent une menace pour l’environnement. Jim Green, de l’ONG Les Amis de la Terre:  « Il y a des accidents. Par exemple, il y a eu une explosion dans un site de stockage des déchets nucléaires au Nouveau-Mexique, aux États-Unis, parce qu’ils avaient utilisé le mauvais produit chimique. Résultat: 22 employés ont été irradiés, ainsi que l’environnement. »
    Le choix du site définitif sera annoncé en 2016, au terme de la période de consultations publiques de 4 mois qui s’ouvre aujourd’hui.
     
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