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Aux origines de la canne à sucre de Tahiti

lundi 28 août 2017

recherche

Premier passage des échantillons à la centrifugeuse, il en faudra trois afin de séparer les phases et d’arriver à un résultat de purification maximum, le chercheur illustrera sa thèse par des photos explicatives. (Photo : JP Besse/LDT)


Le laboratoire de l’Epic/Vanille à Raiatea, a abrité durant une semaine les premiers travaux de recherche de Marotea Vitrac, directeur d’exploitation de la distillerie Avatea, sur les variétés de cannes à sucre du fenua. Ces travaux portent sur les extractions d’ADN (empreinte génétique) afin de vérifier les origines “polynésiennes” des variétés. Marotea Vitrac prépare une thèse de doctorat qui porte sur les caractéristiques, ethnobotaniques, génétiques, agronomiques, de sciences alimentaires et aromatiques des cannes à sucre.

La canne à sucre des îles est-elle aussi spécifique que beaucoup d’autres plantes locales, comme la vanille de Tahiti par exemple, qui a trouvé des conditions de sol, d’isolat, et de climat pour développer des qualités qui lui sont propres ?

“C’est la grande question que je me pose”, répond Marotea Vitrac, qui est ingénieur agronome de l’ISTOM (école supérieure d’agro-développement international) et agroalimentaire de Montpellier Sup Agro, également directeur d’exploitation de la distillerie Avatea.

Ses recherches pour trouver en quoi la canne à sucre polynésienne ne ressemble à aucune autre dans le monde l’ont d’abord mené dans les livres d’histoire avec Bougainville, Cook et Bligh qui ont relaté dans leurs récits de voyages la présence de champs de cannes à sucre ; puis dans les îles pour identifier les huit variétés souches de Polynésie.

 

Trois années d’études

 

“Mon travail est une recherche financée pour l’instant à 90 % sur fonds privés par la société Avatea et mes sponsors au bénéfice de la science, car mes recherches font partie de ma thèse de doctorat. Celle-ci devrait être soutenue en 2020 à l’Université de Polynésie française, grâce au concours de mon directeur de thèse le Pr. Taivini Teai”, poursuit Marotea Vitrac.

“Je bénéficie de partenariats particuliers avec le HARC – Hawaian Agricultural Research Center, l’Université d’Hawaii Manoa, l’Établissement Vanille de Tahiti, la Direction de l’Agriculture, la Délégation à la recherche et le Cirad (ndr : Centre de coopération internationale en recherche agronome pour le développement) de Montpellier en co-direction de thèse. Côté sponsors Air Tahiti Nui et Air Tahiti me permettent de mener à bien trois années d’études dans les îles, à Tahiti et dans l’Hexagone. L’ISTOM me permet de donner également des cours en école d’ingénieur, ce qui me permet de structurer mes travaux et assure le financement d’une partie des frais engendrés par les déplacements.”

 

Une vingtaine d’échantillons

 

La partie la plus délicate s’est déroulée cette semaine avec la responsable du laboratoire de l’Epic /Vanille de Tahiti, Sandra Lepers, pour la réalisation des extractions d’ADN sur une vingtaine d’échantillons de cannes à sucre. C’est notamment dans le laboratoire génomique et de biologie moléculaire que Marotea Vitrac a suivi le protocole précis d’extraction d’ADN et a manié les éprouvettes sous la hotte chimique, la centrifugeuse, et utilisé du chloroforme et autres réactifs, pour arriver à ses fins.

“On cherche à prouver si nos cannes à sucre sont uniques”, insiste-t-il. “C’est cela qui me motive. Pour un connaisseur, certaines variétés donnent des rhums qui ont un nez différent. La relance de la canne à sucre date de trois ans, le rhum qui est produit dans les distilleries de Tahiti et de Moorea est de grande qualité, c’est un produit de luxe qui est très recherché. Aussi, ce projet est totalement polynésien, réalisé sur un produit polynésien, qui sera présenté à l’Université de Polynésie par un Polynésien, ma mère étant de Tahiti. Je tenais à partager les fruits de mes recherches au fenua.”

Les échantillons d’ADN de “to” Tahiti prendront l’avion dans quelques jours avec le chercheur, pour Montpellier où la recherche sera poursuivie avec des marqueurs d’identification génétique dans le laboratoire du Cirad.

 

De notre correspondant Jean-Pierre Besse

 

 

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