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Aux oubliettes, la grosse coupure

mardi 15 janvier 2019

billets

Mort-né. Le billet de 20 000 F, évoqué à un moment donné lors du lancement des nouveaux billets en janvier 2014, ne verra pas le jour finalement. C’est ce que nous a confié au téléphone le directeur de l’Institut d’émission d’Outre-Mer (IEOM), Claude Periou, en déplacement à Paris.

Une fois que le choix des visuels des billets que nous connaissons aujourd’hui avaient été validés, des propositions avaient été faites aux autorités locales des trois collectivités françaises du Pacifique concernées, à savoir la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna. Fin 2012, le conseil de surveillance de l’IEOM avait, à l’époque entériné, la création d’un billet de 20 000 F. Mais « le congrès de Nouvelle-Calédonie n’a pas encore choisi le visuel de ce billet », expliquait à l’époque, Pierre-Yves Le Bihan, le directeur de l’institut. Le thème était même choisi et tournait autour de l’“Art et traditions”. Le billet de 20 000 F n’avait pas de date de sortie prévue à l’époque.

Mais désormais c’est acté. “C’est un projet qui ne verra pas le jour” nous a confié Claude Periou. “Ces coupures étaient inappropriées, tout comme en France où le billet de 500 euros a été annulé car très peu utilisé”.

En effet, la plus grosse coupure en euros ne sera plus émise par les banques centrales à partir du 27 janvier, une décision validée depuis 2016. La Banque centrale européenne (La BCE) a décidé de le retirer car il était devenu le billet de tous les trafics, du blanchiment et du financement du crime organisé. En 2010, la police britannique avait même publié une étude dans laquelle elle estimait que 90 % des billets de 500 euros étaient dans les mains d’organisations malveillantes.

Les billets de 500 F sont en mauvais état

“Il ne sortira jamais et cela répond aussi à des problématiques de lutte contre le financement et le blanchiment du terrorisme, la circulation d’argent cash, notamment des grosses coupures, favorise l’économie informelle”, nous a également dit le directeur de l’IEOM.

“Mais il y a peut-être d’autres idées, comme les pièces qui sont trop lourdes, ne faut-il pas un billet de 2 000 F” s’est-il interrogé. “Le conseil de surveillance (de l’IEOM, NDLR) y réfléchit, en ce qui concerne les pièces, elles datent de 1966. Elles sont lourdes dans nos poches ! La réflexion est en cours, il appartiendra aux gouvernements polynésien et calédonien de revoir ou pas la gamme des pièces”.

Hormis un 20 000 F qui ne verra jamais le jour, il y a péril en la demeure pour la plus petite des coupures, à savoir le 500 F. “Nous avons un souci avec les billets de 500 F, nous n’arrivons pas à les recycler et ils sont dans un très mauvais état” reconnait l’intéressé. “Les gens et les commerçants les gardent, particulièrement dans les îles, et nous ne pouvons pas les recycler aussi rapidement que les billets de 5 ou 10 000 F, par exemple. Comme ces derniers circulent dans les distributeurs automatiques de billets (DAB), nous sommes obligés de maintenir une qualité fiduciaire de haut niveau” nous a expliqué le banquier, qui peine avec l’IEOM, à récupérer ces billets.

Christophe Cozette

 

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