Il avait abandonné sa fille et agressé les gendarme : 8 mois de prison pour le descendant du prince

    vendredi 2 juin 2017

    prince

    “Il vit dans un monde parallèle. Vous aurez beau le condamner, la prison n’y fera rien”, a défendu l’avocate de Raymond P. (© Florent Collet)

    “Je voulais lui donner une leçon”, a expliqué hier Raymond P., au tribunal correctionnel de Papeete.

    Le 16 mai, le ton monte entre Raymond P. et son beau-père. La petite fille du prévenu, pour mettre fin au conflit, explique que si cela continue, elle va aller voir la police. Le père la prend au mot et l’amène tout juste vêtue d’un bas de pyjama à la police municipale de Papara et l’abandonne sur place, malgré le refus d’un agent.

    Quelques minutes plus tard, le muto’i ramène donc la petite fille à son père. Sauf que ce dernier prétend être un prince de la lignée des Tamatoa et que, selon son interprétation des textes, personne ne peut entrer sur ses terres sans son autorisation.

    Là aussi, la tension grimpe rapidement. Raymond P. se montre menaçant et insulte les agents municipaux ce qui lui a valu, en partie, d’être jugé hier en comparution immédiate.

    Lui affirme que ce sont les agents municipaux qui se sont montrés insultants et cherchant la bagarre.

    “Il y en avait un qui se prenait pour l’inspecteur Barnaby et l’autre pour Rocky Balboa”, expliquera-t-il durant son audition devant les gendarmes. Les policiers municipaux restent en dehors de la propriété et font appel à la gendarmerie.

    Mais Raymond P. tient à leur faire respecter les mêmes principes coutumiers et lorsque le fourgon entre chez lui, il s’empare d’une chaise et casse le pare-brise des gendarmes. Ces derniers éprouvent des difficultés à l’interpeller et ne peuvent procéder à un test d’alcoolémie alors que Raymond P. montre des signes manifestes de consommation.

    Hier, à la barre, revenu à plus de sobriété, Raymond P. n’en démordait pas et a cité la Constitution et le code pénal pour se justifier, malgré les références que lui a opposées le procureur.

    “Si vous m’envoyez à Nuutania, c’est une infraction, vous devrez payer 5 millions par jour”, a promis l’ancien chauffeur poids lourd qui n’a désormais plus de ressources et attend que l’État reconnaisse son titre et le dédommage.

    L’homme a déjà été condamné à sept reprises et déjà plusieurs fois pour outrages.

    “Ce monsieur a toujours voulu en découdre avec l’autorité publique”, a résumé le procureur. “Que cela vous plaise ou non, vous êtes sous l’autorité des lois de la République française.”

    Il a demandé de le punir sévèrement en le condamnant à huit mois de prison dont quatre avec sursis et mandat de dépôt.

    “Il est dans sa logique, dans son droit coutumier, il vit dans un monde parallèle, vous aurez beau le condamner, la prison n’y fera rien”, l’a défendu son avocate.

    Il écope finalement de huit mois de prison dont quatre avec sursis, mais sans mandat de dépôt. Il lui est par ailleurs imposé de suivre des soins et de rechercher un travail. 

    F.C.

     

     

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