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Il avait confondu son taser avec son pistolet et tué un homme à Paea

jeudi 16 août 2018

Contrairement à ce gendarme, le prévenu avait son arme à feu du même côté que son taser. (© Florent Collet)

Contrairement à ce gendarme, le prévenu avait son arme à feu du même côté que son taser. (© Florent Collet)

“Je regrette au plus profond ce qui s’est passé. J’ai voulu agir pour le bien de tous, pour préserver l’intégrité physique de deux personnes. C’est un accident. Je n’avais aucune raison d’utiliser mon arme à feu. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferais. Je suis conscient d’avoir tué un homme et peut-être détruit sa famille, mais cela n’a pas été mon intention.”

Comme il l’aura fait en garde à vue et quelques secondes après les faits, E.H., un gendarme de la brigade de Punaauia, a toujours expliqué que son geste, mortel, était involontaire. L’enquête menée, depuis, tend à le confirmer mais elle met également en lumière des négligences commises par le militaire.

La semaine dernière, le juge d’instruction Laurent Mayer a rendu son ordonnance renvoyant devant le tribunal correctionnel l’ancien chef, suspendu un temps et interdit de porter une arme, affecté depuis à un poste administratif au sein de la gendarmerie.

Il comparaîtra le 28 août pour homicide involontaire pour “avoir mis au même endroit un pistolet automatique et un pistolet à impulsion électrique” et causé la mort d’un homme de 37 ans.

Le 27 avril 2017, le chef E.H. et un autre gendarme sont appelés et interviennent sur une altercation au domicile d’une femme pour mettre fin au différend entre E.A., son mari, et V.R., son amant. Au moment de l’arrivée des gendarmes, les deux hommes alcoolisés s’insultent.

Les gendarmes tentent de les empêcher d’en venir aux mains. En vain. Énervé par les insultes ,V.R. parvient à se défaire de l’emprise du gendarme et se rue sur E.A.. Les deux hommes tombent au sol et V.R. frappe violemment E.A..

 

Le militaire en état de choc

 

Avec l’aide spontanée de la femme, le gendarme tente sans succès de faire reculer V.R.. Il décide alors d’utiliser son pistolet à impulsion électrique, presse sur la détente sans regarder son arme et lui tire dans le dos. Aussitôt, le gendarme se rend compte de son erreur.

C’est son pistolet automatique, un Sig Sauer, qu’il vient d’utiliser. En état de choc, et ne cessant de répéter “pourquoi j’ai fait ça ?”, le gendarme tente de faire un point de compression en attendant les secours. La blessure par balle s’avérera mortelle.

Entendu, le gendarme a évoqué un “accident” pouvant s’expliquer notamment par le manque d’effectif de sa brigade, le manque d’entraînement au pistolet automatique et de pratique du taser.

Mais rapidement, les enquêteurs se sont intéressés aux raisons de la méprise entre une arme de 1,2 kilo et un taser en plastique beaucoup plus léger.

 

Un ceinturon défectueux

 

Selon un formateur du GIGN, entendu durant l’enquête, le stress peut rendre difficile la perception du poids. Interrogé, E.H. confirmait avoir confondu, dans la précipitation. Une confusion qui aurait pu être évitée si les deux armes n’avaient pas été du même côté du ceinturon, conformément aux préconisations de la gendarmerie. Il indiquait que, dans l’agitation, le pistolet s’était glissé près du taser à cause d’un ceinturon défectueux. Autre fait, le gendarme n’a pas effectué de sommation avant de tirer, comme le veut l’usage. Ce qui lui aurait permis de se rendre compte de son erreur. Le gendarme a expliqué qu’il ne l’avait pas fait, tout le monde étant en train de crier.

Soutenu pour la qualité de son travail, le gendarme est en revanche désavoué par son collègue présent ce jour- là qui a confirmé que l’usage du taser n’était pas obligatoire, les militaires n’étant pas en danger. Il aurait pu faire usage de sa matraque mais le gendarme a expliqué qu’il craignait de blesser la victime.

Il aurait également pu faire usage de son gaz lacrymogène, mais a indiqué ne pas en avoir avec lui, le réceptacle n’étant pas adapté.

L’instruction démontrera que, pour le gaz lacrymogène comme pour le ceinturon défectueux, il avait la possibilité d’en avoir un autre. Mais c’est bien le fait d’avoir mis les armes à feu et à impulsion électrique du même côté de la ceinture qui est reproché au gendarme, la confusion entre les deux est une première sur l’ensemble du territoire, selon la justice.

 

F.C.

 

gendarmerie taser

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