Il avait violé son codétenu pour “rester en prison”

    mercredi 7 septembre 2016

     

     

    codétenu

    Pour avoir violé son codétenu en 2014 à Nuutania, Nathan R.L. a été condamné, hier, par la cour d’assises, à 30 ans prison.


    Le quinquagénaire condamné à 30 années de réclusion

     

    Abîmés par la vie, l’accusé comme sa victime le sont. Nathan R.L., 52 ans, comparaissait, hier, devant la cour d’assises de Papeete, pour le viol à Nuutania de l’un de ses codétenus. Un jeune homme fluet de 20 ans au moment des faits, mais dont il pensait qu’il était “mineur”.

    En cette matinée du 4 août 2014, alors qu’ils se trouvaient seuls dans la cellule B1 18, le quinquagénaire avait sodomisé sous contrainte sa victime, emprisonnée elle aussi pour s’en être sexuellement pris à un mineur.

    Le codétenu, vu à Nuutania comme une “proie” facile en raison de son petit gabarit et de ses lourds problèmes psychiatriques, dénoncera rapidement le viol.

    Devant les enquêteurs, comme face à la cour, hier, Nathan R.L. n’a pas cherché à se disculper. “Il n’était pas d’accord. C’est moi qui l’ai forcé”, a-t-il lâché sans détour.
    Il faut dire que l’accusé a expliqué son passage à l’acte par ses “pulsions” pédophiles, mais aussi par le fait qu’il souhaitait “rester en prison” car il ne supportait pas “de vivre dans la rue”.

    L’univers carcéral, le quinquagénaire y est habitué. Avant de séjourner à Nuutania à l’été 2014, il venait de purger une peine de 15 années de réclusion en métropole. Et la rue aussi, il la connaît.

    Confié à son oncle maternel par ses parents biologiques, il dit avoir subi des viols de plusieurs de ses proches dès son plus jeune âge. Et sa famille “laissait faire”. En raison de ces abus, il aurait donc quitté le domicile de Taha’a pour gagner les rues de Papeete.

    Une fois adulte, il enchaînera les condamnations (en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie), toujours pour des viols et agressions sexuelles commis sur des enfants. Plus d’une dizaine au total.

     

    “Un cas très particulier”

     

    Devant les enquêteurs, il avait confié être attiré par les “jeunes garçons”, allant même jusqu’à ajouter chez le juge d’instruction qu’il était “capable de recommencer des faits de viols”.

    Pour son avocate, Me Sandra Boulleret, ce dossier relève de la “tragédie humaine”, qu’il s’agisse du vécu de son client comme de celui de la victime qui, selon elle, n’aurait jamais dû atterrir en prison en raison de ses antécédents psychiatriques : “Quelqu’un comme mon client a également besoin de soins. Mais, en Polynésie, il n’y a pas de réel suivi sociojudiciaire.” 

    Et la pénaliste de souffler : “Si l’on avait respecté sa demande initiale de cellule individuelle, on n’en serait pas arrivé là. On a attendu que l’événement se passe pour l’entendre.

    Dans ses réquisitions, l’avocat général Bernard Simier a, pour sa part, invité les jurés à ne pas faire “le procès de l’administration pénitentiaire”, rappelant que cette dernière n’avait commis, selon lui, aucune faute, mais que la surpopulation carcérale record que connaît Nuutania compliquait grandement la gestion de l’établissement.

    Puis, revenant sur l’accusé, “un cas très particulier”, le magistrat s’est interrogé sur son avenir au regard de son passé : “Que va-t-on faire de lui ? Est-ce qu’un suivi sociojudiciaire est envisageable ? En Polynésie, les textes s’appliquent, mais nous n’avons pas véritablement les moyens de les mettre en œuvre.

    Évoquant un “risque de récidive majeur”, l’avocat général a finalement requis la peine maximale prévue par le Code pénal, soit 30 ans de réclusion. Avis auquel se sont rangés les jurés.

    Nathan R.L. passera donc les trois prochaines décennies en prison. Mais il est peu probable que ces (encore) longues années derrière les barreaux lui fassent prendre conscience de la gravité de ses agissements.

    On sent vraiment que la prison n’a aucun effet sur ses pulsions pédophiles”, a conclu le psychiatre qui l’a examiné. Et le psychologue ne s’est montré guère plus optimiste, considérant que “parler de curabilité” à son sujet paraissait “hors de propos”.

    La session de la cour d’assises se poursuit aujourd’hui avec l’ouverture du procès d’un homme accusé de viol sur mineur.

     

    Compte rendu d’audience

    J-B. Calvas

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Encadré : L’accusé pédophile aurait eu pour père … un éminent psychiatre  

     

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