Il avait volé deux véhicules d’une antenne sociale

    mardi 20 décembre 2016

    tribunal

    M.-A. M. a été condamné hier à six mois de prison pour avoir volé deux véhicules sur le parking de l’antenne sociale de Punaauia. (© Claude Jacques)

     

     

    Hier au tribunal correctionnel, M.-A. M. était jugé en comparution immédiate pour avoir volé, le 16 décembre, un véhicule affecté à l’antenne sociale de Punaauia. Ayant failli percuter une voiture à la hauteur de Papeari, il avait été signalé à la gendarmerie, suite à la déclaration effectuée par la conductrice qui avait pu identifier le numéro de la plaque d’immatriculation. Après une course-poursuite, il avait été interpellé sur la route en direction de Taravao.

    Âgé de 20 ans et père d’une petite fille, cet homme n’en est pas à sa première affaire. Le procureur de la République a rappelé qu’il avait déjà écopé de huit condamnations dont six pour différents vols. C’est d’ailleurs le deuxième véhicule qu’il dérobait, en 48 heures, sur le parking de l’antenne sociale de Punaauia.

    Dans les faits, il s’était retrouvé en panne à Papeari avec le premier véhicule volé et avait donc décidé d’en retrouver un autre. Familier de l’antenne sociale de la commune, qui l’avait suivi plusieurs années pendant son adolescence et auprès de qui il trouvait régulièrement aide et assistance, il avait repéré où étaient rangées les clés de voitures stationnées sur le parking et s’était introduit par effraction dans les locaux de l’antenne.

    L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais le tribunal a eu à tenir compte d’éléments aggravants. Le prévenu avait en effet tenté de “vendre” le premier véhicule volé, dégradé, en échange de pakalolo.

    Il n’est pas non plus titulaire d’un permis de conduire et, lors de sa course avec les gendarmes, il a pu pousser la vitesse jusqu’à 120 km/h. Autant d’éléments qui lui sont reprochés risquant d’aggraver sa peine sachant qu’il a déjà été condamné à six mois de prison avec sursis pour une autre affaire.

     

    “Marqué par l’abandon” et fumeur de paka

     

    À la barre, le jeune homme – sans domicile fixe et sans emploi – a répondu assez évasivement au président du tribunal qui l’interrogeait sur les raisons qui l’ont poussé à s’en prendre à un organisme qui lui a apporté du soutien. Il a vaguement évoqué un refus de lui procurer des bons alimentaires.

    Son avocate n’a pas voulu le dédouaner pour les faits pour lesquels il était entendu, mais elle a demandé au tribunal de tenir compte d’un parcours de vie assez erratique.
    Lors de l’audience, suite à l’examen du dossier, il s’est avéré que M.-A. M., adopté à la naissance, a été placé en foyer à l’âge de 12 ans pour bagarres.

    Son usage régulier du cannabis, dès son jeune âge, est à l’origine de comportements plus ou moins violents chez ce prévenu “marqué par l’abandon” et aussi responsable de coups sur son père adoptif.

    “C’est malgré tout quelqu’un qui pourrait travailler s’il se sent soutenu”, a néanmoins voulu faire savoir son avocate, à l’encontre des propos du procureur de la République, qui estime que ce jeune “ne fait aucun effort” en ce sens.

    Il a finalement été condamné à une peine de six mois de prison ferme mais sans cumulation avec la peine précédente de six mois avec sursis qui est maintenue sur lui comme une épée de Damoclès s’il récidive. Le tribunal, réceptif aux arguments de la défense, a en effet voulu lui laisser une chance de réinsertion sociale en l’engageant à suivre les prescriptions du service de probation sociale et d’insertion qu’il va trouver à Nuutania.

    La plainte au civil pour dégradation de véhicule par la Polynésie française, partie civile parce que propriétaire du véhicule dégradé, a été reportée au 8 mars prochain.  

     

    Compte rendu d’audience par C.J.

     

     

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