Avant le bac, pas de stress : Eva médite

    samedi 13 juin 2015

    Pour évacuer la pression avant le bac, certains ados disent faire du sport, écouter de la musique, regarder des séries ou… fumer des joints. Eva, elle, médite.
    En chaussettes, agenouillée au sol, la lycéenne a abandonné son smartphone dans un coin et a posé ses mains sur ses cuisses.
    Assise face à elle, Soizic Michelot, sa formatrice, fait tinter une petite cloche et l' »invite à fermer les yeux », « prendre une ou deux inspirations » et « s’intéresser à toutes les sensations présentes ». Guidée par la voix douce de Soizic, Eva prend quelques minutes pour elle, loin des révisions du bac et des sollicitations des copains.
    A tout juste 17 ans, un visage serein mangé par de larges lunettes, la jeune fille confie « se prendre beaucoup la tête ». L’esprit « toujours occupé par quelque chose », dès qu’elle « ouvre un bouquin » pour réviser, elle est « tout le temps envahie par des pensées »: « j’ai énormément de mal à me concentrer. »
    Transpiration, gorge nouée… son oral blanc de français l’avait vraiment stressée. Lorsqu’elle a présenté ses Travaux personnels encadrés (TPE), ça s’est beaucoup mieux passé : « Je m’étais posée cinq minutes avant, j’ai respiré, j’ai fermé les yeux… ça m’a fait énormément de bien. »
    Les séances avec Soizic l’ont aidée à gérer le « trop-plein d’émotion », explique-t-elle : « Je me prends beaucoup moins la tête, je ne me ronge plus mes ongles, j’arrive mieux à gérer ce que je ressens. »
    Loin d’une quête spirituelle bouddhique, la discipline que pratique Eva, la « méditation de pleine conscience », est « une pratique laïque et contemporaine dont le support est les neurosciences », définit Jeanne Siaud-Facchin, auteure du livre « Tout est là, juste là » (Ed. Odile Jacob).

    Plus répandu à l’étranger 

    Dans cet ouvrage, la psychologue et psychothérapeute décrit l’intérêt de la méditation pour les enfants et adolescents, y compris à l’approche du bac. « Le fait de stabiliser son attention permet de faire baisser le taux de cortisone qui est l’hormone du stress, ça libère de l’espace dans la tête pour pouvoir passer l’examen », assure-t-elle.
    « Ça leur donne la faculté à être plus attentif, à se sentir mieux, le cerveau est plus ouvert aux apprentissages », renchérit Laurence de Gaspary, présidente d’Enfance et Attention, association qui tente de développer cette pratique à l’école. 
    « En Angleterre, aux Pays-Bas, c’est développé à grande échelle, en France, ça commence petit à petit », raconte-t-elle, évoquant quelques Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe) intéressées.
    En France, ce sont surtout des parents déjà initiés à la méditation qui orientent leurs enfants vers cette formation, comme le père d’Eva, Dominique Retoux, qui a déboursé 350 euros pour les dix séances de sa fille. « Je l’ai vu comme un engrais pour son évolution », justifie le papa, qui a découvert la méditation il y a quelques années et a depuis quitté son métier pour devenir formateur.
    Il observe aujourd’hui chez sa fille une « prise de recul plus importante », des « réactions moins virulentes » dans les discussions avec son frère ou lui.
    La meilleure amie d’Eva trouve aussi qu' »elle a une plus grande capacité à prendre sur elle ». Dans son groupe, Eva est la seule à avoir cette expérience. A quelques jours des examens, « il y en a beaucoup pour déstresser qui fument du cannabis », assure un de ses copains, Axel, qui préfère lui regarder des séries et « bouger ».
    Eva, pour sa part, trouve qu’elle « se prend beaucoup moins la tête ». « Un peu trop détendue » même, car à quelques jours des épreuves du bac français, elle avouait n’avoir pas beaucoup travaillé…

    AFP

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