Avec l’ANRU, les quartiers ne seront plus à la rue

mercredi 11 mars 2015

En prenant la direction de Titioro, juste après le temple Mormon, une servitude grimpe haut, très haut. Mais il ne faut pas se tromper, cette zone fait partie de Mamao, et le lieu se nomme Mamao Airi, un quartier défavorisé où l’habitat est insalubre, “indécent” disent certains.
C’est justement pour améliorer le cadre de vie des habitants de ces quartiers que, mardi après-midi, deux experts de l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), se sont déplacés. Une première au fenua, qui a été mise en place grâce à l’initiative du Syndicat mixte en charge du Cucs (Contrat urbain de cohésion sociale), en partenariat avec l’État et le Pays. Quatre communes de Tahiti (Papeete, Pirae, Mahina et Punaauia) vont ainsi faire expertiser les sites de leur choix par les deux urbanistes-architectes, Pascale Rieu et Patrick Guyon.
La délégation était également composée de Paul Maiotui, premier adjoint au maire de Papeete, Bruno Marty, délégué aux opérations structurantes et à l’urbanisme à la mairie Papeete, Emmanuelle Thénot, urbaniste au sein de la commune, Mata Ganahoa, directrice de la cohésion sociale notamment, deux expertes du Cerema, un bureau d’études technique qui dépend du ministère du Logement français, et Heimana Ah-Min, directeur du syndicat mixte en charge du Cucs.

Dialogue avec les habitants

“Nous avons fait venir deux experts de l’Anru pour qu’ils puissent nous accompagner dans la définition de grandes opérations d’aménagements urbains pour régler les problèmes dans les quartiers prioritaires, explique Heimana Ah-Min. L’objectif, au final, c’est de proposer une méthodologie qui permette de s’organiser et travailler ensemble entre communes et services du Pays et également, à terme, monter des projets de rénovation urbaine qui puissent être financés par des financements autres qu’on peut mobiliser localement. On a sollicité l’expertise de l’Anru parce qu’on est en pleine phase de préparation du prochain contrat de ville qui interviendra pendant six ans sur les communes de l’agglomération de Papeete. Cette mission nous permettra d’avoir une approche globale et aussi de pouvoir mieux cibler nos interventions de ce futur contrat.”
Mais pas de décisions prises entre seuls spécialistes. La mairie de Papeete souhaite, en effet, avant tout, demander l’avis aux habitants de ces quartiers avant d’entreprendre d’éventuels travaux.
Cela passe par le dialogue et l’écoute. C’est ce qu’a fait, hier, Paul Maiotui, en invitant tout le monde à aller discuter avec les gens, de leurs problèmes. Assis sous une toile bleue, le premier adjoint au maire a engagé la conversation avec une mamie, pendant que les deux experts de l’Anru et ceux du Cerema prenaient des notes, une fois la traduction du reo tahiti au français effectuée et surtout après avoir digéré des informations qui étaient proches de la détresse sociale.
“Elle a une pension de 50 000 F par mois et paye un loyer de 20 000 F, a-t-il été expliqué. Mais son souci actuellement est qu’elle paye 12 000 francs de facture d’eau par trimestre. C’est beaucoup, elle doit avoir une fuite.”
Des informations du quotidien, que les experts ont noté. Cela peut être utile pour un futur aménagement que de connaître l’ensemble des problématiques de ces quartiers.
Ces quartiers, car la délégation est allée aussi visiter Vaininiore et Taunoa, Faripi et le centre-ville. La mairie à des projets pour rénover tous ces endroits. Les experts de l’Anru, eux, devraient avoir des idées pour les concrétiser.
Quand ils auront visité les quatre communes, Pascale Rieu et Patrick Guyon feront une première restitution de leurs travaux vendredi, de 8 heures à midi, au lycée hôtelier, à Punaauia.
Puis, ils dresseront un bilan complet, jeudi 19 mars, à la mairie de Papeete. Les experts de l’Anru auront alors une meilleure idée pour que ces quartiers défavorisés ne soient plus à la rue.

Karim Mahdjouba

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete