Aventure, épreuves physiques et paysages : quand la survie fascine le téléspectateur

    mardi 10 mars 2015

    Célébrités, pays lointains et grosse production : les jeux d’aventure comme « Dropped », déclinaison de la téléréalité, sont depuis des années une des recettes à succès de la télévision, mais ils s’orientent de plus en plus vers des expériences de survie extrême pour conserver leur audience. 
    De l’américain « The amazing race » au britannique « Je suis une célébrité, sortez-moi de là ! », en passant par le japonais « Ninja warriors », pour les classiques du genre, déclinés dans le monde entier, les recettes sont partout les mêmes. Des candidats lâchés dans un milieu hostile au bout du monde, auxquels le téléspectateur peut s’identifier. Du suspense et de la stratégie, savamment mis en scène.
    Mais ce sont surtout le dépassement de soi et l’évasion qui font rêver, selon les experts interrogés par l’AFP, au lendemain de l’accident meurtrier en Argentine qui a endeuillé le tournage de « Dropped », mélange de jeu d’aventures et de survie.
    « La rivalité, l’exaltation du physique, les clans… On est dans les jeux du cirque adaptés à l’époque moderne », estime Isabelle Veyrat-Masson, historienne et sociologue des médias et co-auteure d’une « Histoire de la télévision française ».

    Christophe Nick, auteur du « Jeu de la mort », un documentaire choc sur les dérives de la téléréalité, va plus loin en parlant « d’une télé pulsionnelle ». « On n’est plus dans la raison », estime-t-il.
    Ainsi, dans « Dropped », « au lieu des quidams, on prend des sportifs capables d’encaisser des conditions extrêmes. On est proche des ‘ultimate fights' », ajoute-t-il, en référence aux compétitions de combat dans les cages très prisées aux États-Unis.

    Compliqué d’innover
     
    Très en vogue dans le monde depuis le début des années 2000, ces émissions doivent toutefois se renouveler si elles veulent garder leur public.
    Ainsi aux États-Unis, « Survivor », diffusé sur CBS, affichait des audiences de 53 millions de personnes lors de la finale de la première saison en 2000. Qui sont ensuite tombées lors de la dernière saison à 6 millions.
    Sa déclinaison française « Koh-Lanta » reste malgré tout l’un des plus gros succès d’audience de TF1. Sa dernière saison, fin 2014, a réalisé 30,6% de part d’audience en réunissant 7,1 millions de téléspectateurs en moyenne.

    « La France et la Scandinavie sont les deux derniers gros marchés pour les jeux d’aventure type Koh-Lanta’, version française de ‘Survivor' », observe Bertrand Villegas, fondateur de la société d’observation des télés mondiales The Wit.

    Ailleurs, ce type de programme n’est « plus très dynamique et n’est pas du tout aussi vital à l’industrie mondiale du divertissement que les concours de chants », comme « The Voice », note-t-il.
    D’autant que ces émissions ont un « budget élevé, car il faut emmener des célébrités au bout du monde ». Selon la presse française spécialisée, une émission comme « Koh-Lanta » coûte entre 600 et 800 000 euros par épisode.
    Si les jeux d’aventures, où deux équipes s’affrontent, sont en perte de vitesse, la nouvelle tendance est aux expériences de survie, centrées sur le rapport de l’homme et de la nature, résume Sahar Baghery, directrice du pôle formats et contenus TV internationaux chez Eurodata TV Worldwide.
    L’émission de référence dans ce domaine est « Man vs. wild », présentée aux États-Unis par l’animateur et aventurier Bear Grylls, qui donne des conseils de survie au public. 

    « Un expert vous dit comment survivre, comme si ça pouvait vous arriver, par exemple en mangeant des vers de terre », décrit Bertrand Villegas.

    Dans la même veine, « Rival Survival », diffusé fin 2014 aux États-Unis sur Discovery Channel et qui devrait l’être sur 200 autres marchés. Deux sénateurs américains, un démocrate et un républicain, s’y transforment en Robinson luttant pour leur survie sur une île déserte du Pacifique sud.
    Dans le domaine des émissions d’aventure, « ça devient compliquer d’innover ». Quelle que soit la formule, « il faut toujours qu’il y ait une prise de risque », conclut Nathalie Nadaud-Albertini, sociologue des médias et spécialiste de la téléréalité.

    AFP

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