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Avis de turbulences à l’aviation civile du Pays

jeudi 11 octobre 2018

 

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Plus d’un an après la grève des pompiers des aérodromes, qui avait cloué quelques jours au sol les avions d’Air Tahiti, le calme ne semble pas être revenu à la Direction de l’aviation civile (Dac.PF) du Pays.

Majoritaire au sein de cette administration territoriale (qui gère 43 aérodromes à l’exception de Faa’a, Moorea, Rangiroa et Bora Bora qu’exploite l’aviation civile de l’État), le Syndicat des pompiers d’aérodromes et agents adhérents de la direction de l’aviation civile de Polynésie française (Spadac) dénonce des pressions et du harcèlement, mais surtout, dévoile publiquement ce qu’il a identifié comme du favoritisme, du détournement de fonds et du conflit d’intérêts.

 

Permis suspendu et cuves sans eau

 

Le premier cas concerne, une ex-chargée de mission à la Dac.PF qui aurait favorisé son mari pour l’organisation d’une formation destinée aux pompiers en vue de l’obtention du permis avec remorque – les agents avaient jusque-là une dérogation pour véhiculer les vedettes d’intervention. L’opération aurait coûté 7 millions de francs, alors qu’aucun pompier finalement n’a été présenté à l’examen. Le syndicat, qui avait mis en garde le directeur de la Dac.PF de l’époque sur ce qui ressemblait à du favoritisme et du conflit d’intérêts et d’un détournement de fonds publics, avait sollicité un audit de cette action. « Il n’y a rien à voir » avait répondu la direction !

Le deuxième cas, tout aussi étonnant, concerne un ex-agent de la Dac.PF. Celui-ci aurait favorisé une société de construction de cuve, alors que cet agent était en passe d’intégrer cette société à un poste important. Destinées à l’approvisionnement en eau des pompiers des îles (où l’eau est une ressource parfois rare), ces cuves de 25 000 litres ont été livrées, mais ne sont toujours pas en service. La facture s’élèverait à 20 millions de francs. Là encore le Spadac a dénoncé le conflit d’intérêts et demandé des comptes à l’ex-directeur (depuis démissionnaire). Mais comme le premier audit, la réponse aurait été : « Il n’y a rien à voir ».

 

En appeler au président du gouvernement

 

Pour le syndicat, la passivité de la direction et celle l’ex-ministre de tutelle, qui a écrit qu’il n’y avait « aucune irrégularité », était insoutenable. Certain d’agir pour la bonne cause, le Spadac a donc sollicité au président Fritch pour l’avertir de la situation. La réponse de la présidence a été de déclencher immédiatement une enquête par l’ex-Inspection générale de l’administration (Iga), devenue Direction de la modernisation et des réformes de l’administration (DMRA). Et par courrier, contrairement aux réfutations de la direction de la Dac.PF et du ministre, le président Fritch a confirmé qu’il y avait quelque chose à voir, en confirmant la « véracité » des faits dénoncés.

Pour la formation des pompiers, le conflit d’intérêts semblait confirmé, et plus grave, le code des marchés aurait dû contraindre la Dac.PF à lancer un appel d’offres et solliciter des devis ; idem pour les cuves. Le procureur a été saisi. Les responsables de la Dac.PF ont été entendus par des inspecteurs de la Direction de la sécurité publique (DSP). Le dossier est en cours d’instruction. En attendant, l’ex-chargée de mission n’a pas été mise à pied et a terminé son contrat, alors même que le président Fritch préconisait au ministre de prendre des sanctions.

 

La nouvelle direction dans le collimateur

 

Si le syndicat dénonce aujourd’hui ces faits – rarement ébruités en place publique – c’est que la situation n’a pas évolué favorablement à la Dac.PF. Pire, le Spadac assure être victime de harcèlement de la part de la nouvelle direction. Cela s’expliquerait par le fait que le syndicat vient de dénoncer auprès du Président d’une nouvelle situation litigieuse impliquant le nouveau directeur. Ces faits porteraient sur la nomination de cet ancien fonctionnaire d’État, et sur un audit qui lui aurait été payé 5 729 100 F. Dans l’œil du cyclone, le syndicat ne semble plus être le seul à dénoncer des anomalies, car un agent a saisi cette fois le Haut-commissaire pour dénoncer des faits de harcèlement. Le directeur en question n’a pas souhaité faire de commentaires. Le Spadac attend une action du président du Pays, resté pour le moment silencieux.

JLM

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