Baccalauréat: vacances pour les uns, révisions pour les autres

    vendredi 24 juin 2016

    Et les vainqueurs sont... (Crédit Christophe Cozette)

    Et les vainqueurs sont… (Crédit Christophe Cozette)

     

    “Je stresse, on parle, on déstresse.” Pour Tehani, en STMG, les épreuves se sont bien passées. Avec ses amis, elle patiente sagement en bas des marches du lycée Paul-Gauguin à Papeete en attendant les résultats du bac cuvée 2016, prévus à 10 heures, entre deux SMS ou posts sur Facebook.
    “Je stresse un peu, mais j’ai hâte de voir, ça va le faire je crois”, assure la jeune femme, derrière ses lunettes de soleil, entourée de trois amis.
    L’heure fatidique approche, les différents groupes grossissent à vue d’œil.

    Jeudi, à l’instar d’autres établissements, les différents élèves de terminale patientaient selon différents manèges.
    En groupe pour la plupart – les parents étaient rares –, armés de leur mobile, immobiles mais quelque peu nerveux pour certains, ils commençaient à trouver le temps long, plus les minutes approchaient de l’heure.

    Les paris étaient peu nombreux, une certaine fatalité régnait dans le lycée réputé de Papeete. Certains tentaient même, à l’instar de Serena, de décrocher une place pour Sciences Po en accrochant une mention très bien.

    Les 10 coups du matin à peine déclenchés, le personnel du lycée installait les panneaux d’affichage des résultats tant attendus, créant un mouvement de foule, certains immortalisant la scène avec leur smartphone.

    Les résultats à peine dévoilés, les premiers cris se sont fait entendre.
    “J’ai eu mon bac, juste admise, mais je m’en fous, j’ai eu mon bac, c’est déjà ça”, savoure Raissa, tandis que non loin de là, Temehau en STMG décroche une mention inattendue.
    “Mention assez bien, je ne m’y attendais pas, franchement. Dès midi, ça s’arrose.”

    “Confiance en moi”

    La fête, Matarau, jeune bachelière donc, harcelée de SMS, compte bien la faire aussi, surtout que c’est plutôt une surprise, pour elle.
    “Je suis admise. Je me contente du minimum. Je ne m’y attendais pas. Je pensais avoir le rattrapage, voire ne pas être admise. Ce n’était pas trop ça, les sujets. Si j’ai pu l’avoir, je pense que de nombreux autres peuvent l’avoir (rires). Je vais fêter cela, mais juste en famille.”

    Surpris aussi, Teiki. “Je suis carrément content, c’est fini”, respire le jeune homme de 18 ans. “J’espérais le décrocher, je n’ai rien fait de toute l’année, j’ai donné tout ce que j’avais à la fin. Pas de mention, cela ne me dérange pas. On a déjà fêté la fin du bac hier avec le gala de notre école, on va continuer ce soir”, assure le jeune homme, fan de surf, qui va tenter, à la rentrée, un BTS à vocation commerciale.

    Folle de joie, secouée par les larmes, Axelle savoure doublement cette victoire sur elle-même.
    “Oui, je suis trop contente. Pas de mention, je voulais mon bac, c’est le plus important. J’ai beaucoup stressé, je n’ai pas trop confiance en moi donc c’est compliqué. Mais l’avoir me prouve que je suis capable. Cela va me donner de la confiance en moi”, lâche-t-elle, avant de rejoindre ses collègues.

    Audren semble presque triste, voire désabusé avec ses grandes lunettes et son mètre 90.
    “Je l’ai eu avec mention assez bien, c’est le talent”, s’amuse le jeune homme. “Je n’ai rien fait, j’ai révisé à fond une semaine et voilà, c’est comme cela que ça marche. La dernière semaine, il y a eu un peu de stress mais cela motive alors tu apprends tout d’un coup et ça passe. Je vais tenter la prépa de Gauguin. On a déjà fêté le bac, j’espère que cela va continuer.”

    Pour Marita Argelich, venu soutenir ses élèves, les mentions sont utiles.
    “Cela ouvre les portes de nombreuses universités en métropole. Pour les bourses ou même les banques, cela facilite les choses”, assure le professeur.  
    Derrière lui, trois jeunes femmes savourent leur réussite. Parmi elles, Serena qui décroche une mention très bien, tout comme Tioudy Clark-Terai.
    “Avec de la volonté, tout le monde peut avoir une chance, mais c’est sûr, il faut réviser, bosser et être régulier”, explique simplement et sereinement Serena, qui attend impatiemment le résultat précis de sa note, forcément au-dessus de 16.“Il faut de la motivation, de la volonté et se dire qu’on a des objectifs et se donner les moyens d’y arriver”, renchérit son amie Émilie.
    Avec leur mention très bien, elles postulent directement à Sciences Po Paris. Recrutés dès la seconde, ces élèves se préparent à cette épreuve dans l’épreuve.

    Plus de 120 sont venus en début d’année. Ils sont à peine une vingtaine à l’arrivée à passer l’examen d’entrée de cette école prestigieuse.
    “On leur inculque l’ouverture d’esprit, le débat, la curiosité. Ce sont des jeunes qui vont au bout de leurs idées”, précise leur enseignant, qui regrette malheureusement, que cela ne concerne qu’une certaine élite sociale et qui déplore une certaine forme de “démission” dans l’éducation parentale.

    “Il faut carrément établir un lien affectif pour en motiver certains, mais on peut tous réussir”, assure ce professeur d’Aorai, issu d’un milieu défavorisé.
    En général comme en technologique, les résultats de cette cuvée 2016 du baccalauréat sont en hausse d’environ deux points.

    Christophe Cozette

     

    C'est dans la poche pour Axelle! (Crédit Christophe Cozette)

    C’est dans la poche pour Axelle! (Crédit Christophe Cozette)


    Mention très bien: le « plus »

    Entre des petits cris de joie et de longues conversations téléphoniques, Tioudy Clark-Terai n’est pas peu fière d’obtenir le précieux sésame que représente le baccalauréat, mais surtout de décrocher une mention très bien.
    “J’avais le sentiment d’avoir réussi le bac, la mention c’est un plus. Hiii, mention très bien, je suis carrément contente. Cela va peut-être m’ouvrir des portes, mais je me donne un an, pour tester ici une licence en anglais et si cela marche, je continue. C’est la stratégie de la sûreté, je ne suis pas très aventureuse”, explique, sereine, Tioudy Clark-Terai.
    “Et ensuite, je vais m’ouvrir sur le monde, je continue et j’explose tout.” Tioudy a une recette. “Peut-être que le travail joue, mais c’est surtout l’envie. Quand tu es motivé, tu as envie de travailler, tu peux tout faire.”

    Message enregistré.

     

    Tioudy va tout exploser! (Crédit Christophe Cozette)

    Tioudy va tout exploser! (Crédit Christophe Cozette)

     

     

    Des résultats en progression

     

    Baccalauréat général : 72,69 %, contre 70,47 % en 2015
    Série L : 66,20 %
    Série ES : 71,85 %
    Série S : 76,21 %

    (voir résultats dans le détail)

    Baccalauréat technologique : 69,86 %, contre 67,58 % en 2015

    ST2S : 50,75 %
    HOT : 66,67 %
    STL/BIO : 100,00 %
    STL/SPCL : 85,71 %
    STMG/RHC : 70,46 %
    STMG/MERC : 71,57 %
    STMG/GF : 82,91 %
    STMG/SIG : 86,21 %
    STD2A : 91,30 %
    STI2D/AC : 37,21 %
    STI2D/EE : 62,16 %
    STI2D/ITEC : 33,33 %
    STI2D/SIN : 66,10 %

    (voir résultats dans le détail)

     

     

    On n'oublie pas d'immortaliser ce moment. (Crédit Christophe Cozette)

    On n’oublie pas d’immortaliser ce moment. (Crédit Christophe Cozette)

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete