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Bagarre à Cardella – Un chirurgien risque l’interdiction définitive d’exercer

mercredi 14 juin 2017

cardella

À l’issue de l’opération, l’un avait répondu par un coup de boule à la tentative d’étranglement de l’autre. (© Florent Collet)

Un chirurgien et un anesthésiste à la barre, chacun à la fois prévenu et victime. C’est une affaire pas comme les autres qui a été jugée hier par le tribunal correctionnel. L’anesthésiste comparaissait pour violences volontaires ayant entraîné 15 jours d’incapacité temporaire de travail (ITT) sur le chirurgien, qui a notamment eu le nez cassé par un coup de boule.

Le chirurgien, lui, comparaissait pour des violences sur l’anesthésiste ayant entraîné une ITT de 3 jours, mais également pour détention de produit stupéfiant, en l’espèce de la morphine, la mise en danger de la vie d’autrui pour avoir opéré sous l’emprise de stupéfiants, mais aussi menace de mort sur un journaliste ayant couvert les débuts de l’affaire et enfin refus de se soumettre aux opérations de relevés d’empreintes. 

L’affaire remonte au 19 octobre dernier à l’issue d’une opération de lifting dont la patiente sera réveillée par les cris des deux protagonistes. Les deux hommes livrent des versions différentes sur le premier à avoir entamé la rixe.

L’anesthésiste explique avoir agi en légitime défense. De son côté, le chirurgien, à qui il est reproché d’avoir mis deux gifles et étranglé son confrère, pointe du doigt l’attitude de ce dernier qui n’aurait pas, selon lui, appliqué les protocoles et lui aurait refusé l’accès à l’armoire contenant la morphine destinée à la patiente.

Les deux avocats se sont ainsi livrés une bataille des témoignages discordants sur le déroulé des faits.

Le chirurgien apparaît en tout cas comme agité lorsqu’il est interpellé et placé en garde à vue. Des analyses de sang sont pratiquées, illégalement selon son avocat, et révéleront des traces d’amphétamine et de méthamphétamines, “bien inférieures au taux légal” selon l’avocat, et qui ne sont pas confirmées par une autre analyse. Pour l’avocat, il s’agirait alors de restes des prises d’éphédrine de son patient.

La garde à vue ne dure pourtant pas, le chirurgien demandant à être hospitalisé. Lors d’une nouvelle garde à vue, il sera, cette fois, interné en psychiatrie.

“C’est une astuce pour limiter ma garde à vue”, a finalement avoué à demi-mot le praticien hier, qui se défend également d’avoir voulu faire un usage personnel de la morphine emportée avec lui au moment de son interpellation.

Pour le procureur, le chirurgien au “comportement indigne, malhonnête et manipulateur” est coupable en tout point. Il a requis à son encontre six mois de prison avec sursis, 250 000 F d’amende et surtout l’interdiction définitive d’exercer.

Un peu plus tôt, il avait requis 150 000 F d’amende avec sursis à l’encontre de l’anesthésiste.  L’avocat de ce dernier a dénoncé la carrière détruite par le chirurgien qui se place pourtant en “victime des anesthésistes, de la police et des journalistes”, se demandant même si cela n’était pas “prémédité” par le chirurgien qui avait dénoncé les mauvaises pratiques de son client à la direction.

Lors d’une longue et très détaillée plaidoirie, l’avocat du chirurgien a plaidé la relaxe de son client et a dénoncé “une procédure indigne”.

Le délibéré sera rendu le 29 août. 

F.C.

 

 

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