Barrages ou captages, rien n’arrête les anguilles !

    lundi 5 octobre 2015

    Il faudra attendre les conclusions finales de la thèse en 2017, mais déjà, les constatations faites au cours des deux premières campagnes de pêche montrent que les anguilles qui fréquentent les rivières de la Papenoo se jouent des obstacles que l’homme a dressés sur sa route. Barrages ou captages, rien ne semble arrêter les puhi. La troisième campagne d’inventaire, qui vient de débuter, confirmera-t-elle ces indices encourageants ?
    La doctorante-stagiaire, Herehia Helme, ne s’aventure pas à faire des conclusions hâtives. Cette semaine, la chercheuse polynésienne et ses assistants sont repartis au cœur de Tahiti. Leur périple de plusieurs semaines va les conduire sur les vingt stations de pêche référencées, éparpillées sur les 90 kilomètres carrés de cette grande vallée. Avec leur équipement sur le dos, ces “recenseurs de la faune aquatique” vont crapahuter dans les vallons où les voitures ne passent plus, remonter les pieds dans l’eau les affluents des différentes rivières qui alimentent la Papenoo. Mètre après mètre, les chasseurs d’anguilles vont écumer les flots bouillonnants, à la recherche des animaux qui peuplent ces cours d’eau. Anguilles, chevrettes et gobies n’échapperont pas à leur redoutable, mais indolore, épuisette électrique.

    Une identification individuelle

    Groggy quelques secondes, le temps d’être capturées, toutes les espèces sont comptées sur place. Un traitement particulier est réservé aux anguilles. Elles sont mesurées sous tous les angles et pesées. Marquée sous le ventre à la peinture lors de la première campagne, chaque prise reçoit un tag depuis la deuxième campagne. La petite capsule électronique est implantée sous la peau à l’aide d’une seringue. Mieux que le marquage de couleur, ce “PIT-tag” (Transpondeur passif intégré) donne une réelle identité à chaque anguille. 
    Repris lors d’une prochaine pêche, l’animal tagué pourra être identifié à travers la peau grâce à un lecteur. Herehia pourra savoir si l’anguille a migré et comparer ses nouvelles mensurations avec son ancienne taille. Les puhi n’ont pas un petit nom, mais un numéro d’identité à vie. Des chercheurs en Europe ont pu suivre ainsi des anguilles durant plusieurs dizaines d’années. L’espoir, en Polynésie, est d’en savoir un peu plus sur ces animaux dont on ne connaît pas grand-chose. Il faudra certainement plus d’une thèse pour découvrir tous leurs secrets. 
    Pour preuve, près de 270 anguilles ont été marquées à la peinture lors de la première campagne, mais sur les plus de 300 pêchées lors de la campagne suivante, seules 20 avaient déjà été précédemment capturées. Où sont les autres et d’où viennent les nouvelles prises ?
     
    Perturber le moins possible le peuplement

    On ne découvrira pas tout de la vie des anguilles, mais les résultats de la thèse permettront déjà à Marama Nui, qui finance en partie cette étude et met des agents à disposition, de savoir si ses ouvrages hydroélectriques peuvent être améliorés afin de perturber le moins possible le peuplement des cours d’eau. Des plaques installées sur les grilles de captage assurent désormais un débit de réserve qui n’assèche plus les cours d’eau exploités, et offrent aux animaux un passage vers l’amont. Le seul problème identifié, à résoudre pour Marama Nui, c’est l’attraction que produisent les canaux de fuite, véritables petits torrents en sortie des centrales que les anguilles affectionnent. Malheureusement pour elles, le chemin ne va pas plus loin. Faute de solution technique pour le moment, la parade, déjà préconisée sur un autre site, est de pêcher les individus égarés pour les replacer dans le cours principal. Marama Nui s’est engagé à le faire. La société et sa chercheuse, qui communiquent avec les associations de la vallée sur les connaissances acquises au fil des campagnes – et après avoir participé aux Journées de l’eau – vont désormais aller dans les écoles en commençant par les communes concernées par les installations hydroélectriques (Mataiea, Papeari, Papenoo). Un test a été réalisé à la fin de l’année dernière à l’école Mamu de Papenoo et les enfants ont été littéralement captivés par la présentation de cet animal qu’ils ne connaissent qu’à travers les légendes. 

    J.-L.M.

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    Mana 2015-10-05 19:30:00
    En nouvelle zeland des anguilles marbrees on ete vue remonter un barrage en pierre emboitee de 40 metres de haut...
    Ou contacter un ou une expert pour les anguilles?
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