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BELGIQUE – Tueurs du Brabant : un nouveau témoignage pris “très au sérieux” par la justice

mardi 24 octobre 2017

belgique

La police arrive au supermarché Delhaize d’Alost, en Belgique, le 9 novembre 1985. Les tueurs de Brabant ont fait 8 morts
et 9 blessés. (Photo : Stringer/Belga/AFP)

Étonnant rebondissement, plus de trente ans après. La justice belge a assuré hier prendre “très au sérieux” la dernière piste ayant émergé dans la tentaculaire enquête sur les tueries du Brabant dans les années 1980, avec le témoignage du frère d’un ancien gendarme qui lui aurait confié avant de mourir y avoir participé.

Il s’agit d’une des plus grandes énigmes criminelles de l’histoire de la Belgique, qui a resurgi à la une des médias ce week-end après la diffusion à la télévision du témoignage de ce frère.

Entre 1982 et 1985, une série de braquages et de cambriolages de commerces commis par des hommes masqués, dans le centre du pays, avaient fait au total 28 morts.

L’affaire des “tueurs du Brabant”, qui s’est égarée sur des nombreuses fausses pistes, n’a jamais été résolue. Or, il y a quelques mois, le frère d’un ancien gendarme d’Alost, en Flandre, a rapporté aux enquêteurs, sur procès-verbal, les confidences faites en 2015 sur son lit de mort par ce dernier, a-t-on indiqué hier de source judiciaire.

L’ex-gendarme lui aurait révélé être “le géant” de la bande de tueurs, dont le portrait-robot avait déjà défrayé la chronique. Ignacio de la Serna, procureur général à Mons (à la frontière avec la France), qui copilote l’enquête avec son homologue de Liège, a assuré que ces révélations étaient “prises très très au sérieux”. “Le paquet est mis pour avancer à la suite de ces révélations”, a ajouté le magistrat, refusant toutefois de préciser à quelles nouvelles auditions elles ont mené.

Le quotidien flamand Het Laatste Nieuws rapportait hier que “des dizaines d’anciens collègues de Christiaan B. sont interrogés”, à Alost, où il exerçait, et parmi ses ex-compagnons de l’unité d’élite de la gendarmerie connue sous l’appellation “Groupe Diane”.

Ce groupe, aujourd’hui dissous (comme la gendarmerie officiellement intégrée à la police en 2001) est depuis longtemps au cœur de l’enquête.

Plusieurs de ses membres étaient réputés proches de l’extrême droite belge, qui aurait pu, par le biais des “tueurs du Brabant”, mener une entreprise de déstabilisation de l’État belge à l’époque.

Patricia Finné, fille d’une des 28 victimes des tueries, a salué “la première révélation vraiment sérieuse depuis trente ans”. “J’espère vraiment que cela va aboutir à démanteler le restant de la bande, qu’ils soient morts ou non”, a-t-elle confié à plusieurs médias.

“On m’a toujours dit que la gendarmerie était dans le coup, de par le modus operandi, les techniques de tirs”, a fait valoir cette femme, dont le père avait été tué à l’automne 1985 à Overijse, au sud de Bruxelles, dans l’une des dernières attaques imputées au groupe.

 

AFP

 

 

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