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Benoît Kautai inquiété pour « détournements de fonds publics » et « escroquerie »

jeudi 10 mai 2018

 

 

ARCH LDT 1 bis Kautai

 

L’affaire était quasiment passée inaperçue. Prévue pour être jugée la semaine dernière, elle a finalement été reportée au deuxième semestre 2018 pour éviter d’interférer avec le calendrier électoral, en particulier les élections territoriales des 22 avril et 6 mai. Le numéro deux de la liste du Tapura aux Marquises, Benoît Kautai, est renvoyé devant le tribunal correctionnel en compagnie de Jacqueline Kiersnowski, sa directrice administrative et financière.

Ils sont accusés d’avoir commis les délits de « détournements de fonds publics » et « escroquerie » pour des faits ayant eu lieu entre 2012 et 2014. Il lui est reproché d’avoir gonflé les factures envoyées au Pays pour le bétonnage des routes Hakapehi et Taukua II. Comme le révèle l’ordonnance de renvoi devant le tribunal à laquelle la Dépêche a eu accès, les experts missionnés pour l’enquête ont estimé que la première route avait un coût de 8,7 millions de francs alors qu’elle avait été facturée 16,1 millions de francs. La seconde a été évaluée à 12 millions de francs et non 52,5 millions de francs, comme  déclarée au Pays. Le juge d’instruction démontre que Benoît Kautai a fait établir des devis comme si les travaux allaient être réalisés par des entreprises privées alors qu’ils ont été faits en régie pour permettre d’augmenter les quantités achetées.

Les reliquats ont ainsi permis de réaliser les chantiers Papanui et Patutoa. Durant l’enquête, le secrétaire général de la mairie avait expliqué avoir obéi aux ordres de son tavana et reconnaissait que l’accélération des travaux n’était pas sans arrières pensées politiques. « Pour le maire, il valait mieux que ces travaux soient faits avant les élections plutôt qu’après. »

Pour permettre de conserver du béton en dehors des travaux budgétés par le Pays, certains tronçons avaient vu leur épaisseur réduite, « là où les gros camions ne passent pas », avait expliqué le fonctionnaire ayant assuré le suivi du chantier. Ce dernier avait également mentionné que le reste de béton aurait dû servir « à bétonner d’autres servitudes à la demande du maire pour faire face aux demandes des particuliers qui s’adressent à lui. »

Entendu par la gendarmerie, Benoît Kautai avait évolué dans ses versions, niant tout détournement, déclarant avoir fait confiance à ses équipes. Il se demandait même devant les gendarmes s’il ne s’agissait pas « d’un coup monté », avant de reconnaître « avoir demandé à [ses] services d’utiliser les reliquats pour effectuer les travaux Papanui et Pahutoa qui étaient planifiés mais non budgétés, et qui dit utilisation des reliquats dit forcément utilisation d’une main d’œuvre qu’il faut bien imputer quelque part. »  

Aujourd’hui, la plainte du Pays est un caillou dans la chaussure du gouvernement qui voit l’un de ses nouveaux représentants à l’Assemblée de Polynésie être menacé d’une condamnation.

Pour ces faits, Benoît Kautai encourt 10 ans de prison et éventuellement une peine d’inéligibilité.

 

F.C.

 

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