Bettina Tinorua, principale adjointe au collège de Faa’a, souhaite apporter sa pierre à l’édifice

    mardi 20 octobre 2015

    Depuis la rentrée, Bettina Tinorua a pris ses nouvelles fonctions de principale adjointe au collège Henri-Hiro. C’est comme un retour
    aux sources, pour cette fille de Faa’a qui a grandi à Pamatai et Puurai, et qui a suivi sa scolarité, de la sixième à la troisième, à Henri-Hiro. Bettina Tinorua revient sur ses années de collégienne, et évoque la situation actuelle dans cet établissement qui souffre d’une mauvaise réputation. Un état de fait auquel la nouvelle principale adjointe entend bien remédier.

    Quels souvenirs gardez-vous de vos années au collège Henri-Hiro ?
    De 1983 à 1987, j’étais élève dans l’établissement. Je conserve de très bons souvenirs de cette période. Je me sentais bien dans ce collège. C’était déjà un établissement difficile, mais le climat scolaire était quand même meilleur. Il y avait des bagarres, c’est vrai, mais elles étaient beaucoup moins fréquentes qu’aujourd’hui. Ce que je constate aussi, c’est que, lorsque j’y étais, la mixité était beaucoup plus marquée. Actuellement, il y a très peu de métropolitains ou de demis, comme moi. Aujourd’hui, il n’y a pas une journée sans qu’il n’y ait un conflit ou un problème, et encore, quand ce n’est pas toutes les heures ! Nous en avons énormément à gérer.

    Comment expliquez-vous ce changement, ces comportements plus violents ?
    Je pense que les parents consacrent moins de temps à leurs enfants qui sont trop souvent laissés à eux-mêmes. C’est un contexte de vie compliqué avec des parents qui s’en sortent difficilement. Dans ces conditions, c’est dur de suivre correctement ses enfants.

    Pourquoi le collège de Faa’a souffre d’une si mauvaise image ?
    Dans la commune, il y a plein de quartiers défavorisés avec beaucoup de populations qui viennent des îles et de nombreuses familles qui ont des difficultés financières. Il y a de plus en plus de bagarres au sein du collège. Tous les niveaux sont concernés, même chez les sixièmes. Les filles aussi sont souvent impliquées. On a également des problèmes avec les anciens élèves qui sont au lycée professionnel ou qui ne sont plus scolarisés. Ils viennent à l’entrée pour narguer nos élèves. On a un partenariat avec la gendarmerie et la police qui viennent le jeudi et le vendredi pour prévenir les bagarres.

    Quelles sont les raisons de ces conflits dans l’établissement ?
    Le plus souvent, tout part d’une broutille. C’est juste un regard de travers ou alors des élèves qui s’amusent à lancer des rumeurs et ça prend des proportions dramatiques. Ces phénomènes ont un effet boule de neige. On voudrait apprendre à ces élèves à se maîtriser, à se parler. Lorsqu’il y a un souci, on convoque les parents, on prend les sanctions nécessaires. C’est un avertissement quand il n’y a pas de violence. En revanche, s’il y a eu violence physique, c’est l’exclusion temporaire, le nombre de jours étant fonction de la gravité. Dans les cas les plus sérieux, c’est le conseil de discipline. Il faut faire comprendre aux élèves qu’ils ne sont pas dans une impunité et qu’il y a des règles à respecter.

    Comment faire disparaître cette mauvaise image ?
    On met tout en œuvre pour y arriver. On est vraiment soudé avec les profs et la vie scolaire. Il y a, d’autre part, les mesures mises en place dans le cadre du réseau REP+. Les projets impliquant les élèves ont un grand rôle. Je pense notamment au label éco-collège avec l’élection d’élèves éco-délégués. Il y a également la formation d’élèves médiateurs qui interviennent auprès de leurs camarades pour désamorcer les conflits. Il faut arriver à changer les mentalités.
    À mon sens, il faudrait une stabilité de la communauté éducative dans son ensemble. Cela contribuerait à un climat plus serein. La participation des parents est aussi indispensable. On demande aux parents de nous aider quand il y a un souci, on leur demande de dialoguer avec leurs enfants. Les enseignants sont également impliqués. Par exemple, toutes les classes de cinquième travaillent sur un projet dans le domaine culturel. Les enseignants leur montrent des choses concrètes pour susciter l’intérêt des enfants. Il s’agit de mobiliser chacun dans cette démarche qui vise à rétablir un climat plus serein et plus propice au travail. Nous sommes persuadés que l’on peut y arriver. Le message que je veux faire passer c’est qu’il n’y a pas de raison qu’on ne réussisse pas en allant au collège de Faa’a. On met tout en œuvre pour que nos élèves, qui ont un contexte de vie difficile à l’extérieur, puissent eux aussi réussir. Il faut que les enfants viennent sereins en classe. Il faut leur donner envie de venir au collège pour y travailler et leur faire prendre conscience que c’est important pour eux, qu’ils sont en train de construire leur avenir professionnel et personnel.

    Vous retrouvez ce collège après 30 ans, ça vous fait quoi ?
    Je suis moi-même de Faa’a, donc, je connais bien ce milieu et ses problématiques. Je savais que ça n’allait pas être simple ! Je vois ça comme un challenge. C’est aussi une grande fierté pour moi car les Polynésiens sont peu nombreux dans le personnel de direction. Je voudrais apporter ma pierre à l’édifice pour que ce collège n’ait plus cette mauvaise réputation. On peut venir au collège Henri-Hiro et réussir avec un peu de travail et de volonté, j’en suis la preuve vivante ! 

    De notre correspondante C.Q.

    nono 2015-10-20 18:46:00
    Quand les profs se payent eux-mêmes un gardien pour protéger leur voitures, c'est que c'est un petit peu chaud...
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete