Habillage fond de site

Bien manger, c’est bien, manger local, c’est mieux

vendredi 20 juillet 2018

étalage légume supermarché

Dans les rayons aussi, on distingue clairement les produits du fenua. (Photo : Christophe Cozette)

C’est marqué dessus. Dans le cadre de la charte d’engagement pour de bonnes pratiques relatives à la distribution des produits locaux issus de l’agriculture et afin de valoriser ces produits locaux, le groupe Aline Tahiti a inauguré, hier matin, les étals “Manger Local” de son supermarché U Tamanu, à Punaauia, les premiers du genre. Le ministre de l’Économie verte, Tearii Alpha, et la présidente de la Chambre d’agriculture et de la pêche lagonaire, Yvette Temauri, étaient présents pour cette inauguration. Le président du Pays était quant à lui absent, retenu ailleurs.

Ce sont donc des producteurs de Tahiti, Moorea et Huahine, qui ont trouvé dans ce magasin pilote une reconnaissance de leur production, clairement identifiée sur un étal spécifique mais également en vrac. Du coup, l’enseigne a également supprimé les sacs en plastique à usage unique pour les remplacer par des sacs en papier.

Pour le moment, c’est le seul magasin à suivre la démarche, “d’autres vont suivre, ainsi que de petits commerçants de proximité”. “Mais on ne peut pas obliger les distributeurs à mettre en avant ces produits locaux, sans législation. Pour le moment, c’est une initiative conventionnelle”, a expliqué le ministre, après le coupage du ruban, en fibre naturelle, bien sûr.

La Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire a accompagné le distributeur et les producteurs locaux dans la réussite de cette démarche, initiée en avril (lire ci-dessous). Un panneau d’affichage visible à l’extérieur du magasin et les nombreuses affichettes de présentation aux couleurs de la marque “Manger Local” permettent aux consommateurs d’identifier rapidement les produits locaux.

Mieux les voir, pour mieux les consommer, en quelque sorte.

 

Christophe Cozette

• Plus d’infos sur www.mangerlocal.pf

 

Tearii Alpha, ministre de l’Économie verte : “Le carburant de notre vie doit être un produit propre”

(© Christophe Cozette)

(© Christophe Cozette)

Pourquoi mettre les produits locaux en avant ?

L’an dernier, avec la chambre de l’agriculture, nous avons tenté de démystifier la qualité des produits locaux par rapport aux produits importés. L’agriculture biologique, naturelle, saine est un gage de qualité pour le consommateur mais c’est aussi un objectif de santé. Nous avons ensuite réuni les trois acteurs de la chaîne, le consommateur qui souhaite voir des produits visibles avec des prix raisonnables, le distributeur qui les distribue sur les étals et le producteur, qui n’est pas forcément un spécialiste de la commercialisation.

Une charte a été proposée, beaucoup l’ont signée au mois d’avril en pleine période électorale et aujourd’hui, au lendemain de ces élections, on continue dans cette direction et on remercie le groupe Aline d’avoir joué le jeu, avec cette visibilité de ces produits locaux.

 

C’est un premier pas ?

Oui, il faut aller plus loin avec les marchés publics, notamment les restaurations scolaires. Nous souhaitons prendre l’exemple de Taputapuatea, la commune de Thomas Moutame, qui est précurseur dans ces domaines de circuits courts de commercialisation. Ce marché des écoles est essentiel pour les agriculteurs et bon pour le consommateur. Ensuite, il y a l’objectif transversal, la santé, afin de ne pas mettre n’importe quoi dans nos assiettes. Le carburant de notre vie doit être un produit “propre” et le plan santé passe par la promotion de produits de qualité. Nous devons aussi revoir toute notre réglementation pour favoriser de nouvelles plantations naturelles ou biologiques.

 

Manger bio coûte cher mais manger local aussi. Que peut-on faire ?

Il faut une transparence sur les prix, il y a des produits de saison et des produits de contre-saison. On ne peut pas forcer la nature et avoir des tomates toute l’année, par exemple. La qualité a aussi un prix, surtout si elle est liée à la bonne santé, sans compter les soutiens que nous apportons à la production. Les engrais biologiques coûtent aussi plus cher, nous devons adapter notre fiscalité, pour que son prix ne pénalise pas le prix de vente au consommateur.

 

Propos recueillis par C.C.

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Retraites : Selon-vous, la réforme de la Protection sociale généralisée est-elle nécessaire, même si cela suppose des efforts de tous pour la survie du système ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete