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Bienvenue dans la saison de Matarii i raro

mardi 22 mai 2018

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Ils étaient une petite cinquantaine à échanger, dimanche, pour marquer Matarii i raro.

S’arrêter pour mieux avancer. L’année polynésienne se divise en deux principales saisons ou périodes royales (tau ari’i), marquées par deux dates, Matarii i ni’a vers le 20 novembre où commence la saison de l’abondance (tau ‘auhune) et vers le 20 mai, Matarii i raro, avec la disparition des Pléiades et le début de la saison de la disette (tau o’e), qui a été fêté, simplement, sous un ciel incertain, dimanche dernier, en fin de journée, à l’embouchure de la Papeno’o.

Car nous n’avions pas d’autre lieu hormis la vallée, mais il est difficile d’y faire venir du monde”, a confié Yves Doudoute à La Dépêche, le regard tourné vers le ciel, accueillant la cinquantaine de personnes venues converser, échanger et chanter, dont des Hawaiiens.

Le temps de pénurie du tau o’e est un temps pendant lequel des périodes et zones de restriction ou d’interdiction de pêche, appelées rahui, étaient périodiquement imposées par les chefs dans les zones lagonaires afin de préserver le fragile équilibre des ressources naturelles de leur milieu marin. Pendant cette période, les guerres, interdites jusque là, pouvaient reprendre”, nous apprend le site Tahiti Héritage, une façon de revenir avec un des cofondateurs de l’association Hauruuru, Yves Doudoute, sur cette indispensable nécessité de réfléchir aux temps qui nous entourent.

 

Christophe Cozette

 

« c’était la période du rahui, de l’école, mais aussi des guerres »

Yves Doudoute, de l’association Haururu

 

Nous entrons en disette, donc ?

Je n’aime pas ce mot. Quand on dit “disette”, c’est qu’il n’y a plus rien, c’était plutôt le temps des restrictions.

 

C’était le moment du rahui…

Oui, c’était la période du rahui, de l’école, mais aussi des guerres. On partait avec le vent du sud, c’était le temps des conquêtes. Les ’arioi, les artistes, eux, se préparaient à rentrer dès le 20 juin pour revenir vers le 20 septembre, à l’équinoxe, pour préparer l’arrivée de Matari’i i ni’a. Ce soir (dimanche dernier, NDLR), nous avons voulu revenir aux sources, il n’y aura rien de spectaculaire. C’est le matutu, ce sont des échanges, que nous mettons en avant. C’est peut-être ce qui manque au pays, on ne prend pas le temps de s’asseoir et de réfléchir. C’est clair, on court, on court, on ne sait pas où mais on court. Et après qui, après quoi, on n’en sait trop rien. On consomme, on consomme, mais quand on analyse bien, on consomme quoi ?

 

Avec ces restrictions, ce respect de l’environnement, peut-on dire que les Polynésiens étaient les premiers écolos de l’humanité ?

Oui, mais peut-être pas de l’humanité, car beaucoup de civilisations avaient ce même but, être proches de la terre et travailler avec la mer. Cela fait rire quand on parle de bio maintenant, cela a existé bien avant, mais c’est bien qu’on y revienne. C’est là qu’il faut tendre, en prendre conscience. C’est cela le gros travail, c’est un travail sur les cons

ciences. On ne peut pas changer les choses du jour au lendemain, il nous faut revenir à nos valeurs traditionnelles de culture, et on va retrouver les valeurs universelles. Mais au travers de nous.

 

Que peut-on faire aujourd’hui pour être dans cet esprit ?

Déjà, prendre conscience que je suis dans le faux et qu’il existe un juste. Le tri des déchets mais cela devrait être naturel… C’est toi qui dois changer. Certes, il y a cette société d’ultra-consommation, ce capitalisme fou qui nous entraîne vers le néant, mais il faut prendre conscience qu’on nous entraîne dans le néant, pour revenir à la source.

 

 

 

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