Big Jo a définitivement raccroché sa guitare

    mardi 6 janvier 2015

    La roue tourne, et les airs du groupe Te ava piti – dont Akakino, le titre fétiche de ces quatre musiciens – trottent encore dans les têtes, pour rester à jamais gravés dans les mémoires des gens de cette belle époque.
    Le groupe populaire des années 1990 vient de voir disparaître son bassiste, Émile Sham Koua dit Big Jo, décédé à son domicile familial le 1er janvier, à 0 heure. Le groupe avait déjà perdu son soliste en la personne de Vehiatua Paraue, le 25 mars 2012.
    Marutua, le quatrième mousquetaire de la formation, dont la guitare est encore bien vivante dans ses mains d’artiste, a vécu les obsèques de son ami avec une peine immense, au sein d’une foule d’amis venus adresser un dernier hommage au défunt.
    Émile Sham Koua était un amoureux de son île et de la culture polynésienne, comme son frère Pierre, qui avait contribué à une forme de reconnaissance de celle-ci. Avant de cofonder la formation Te ava piti, il avait créé le groupe des Bigjo Boys, rebaptisée les Bigboys, avec ses amis Tarzan Amiot, Marius et Augustin. Le groupe a vite pris une place prépondérante sur le marché de la musique locale, celui-ci se voyant régulièrement sollicité pour animer les bringues.
    Aux plus belles heures de leur succès, les Te ava piti ont reçu plus de récompenses de toute l’histoire de la Polynésie française, grâce en grande partie à la virtuosité de ces musiciens de ukulele.
    Dernier dépositaire de la saga des Te ava piti, Marutua continuera de gratter sa guitare jusqu’à son dernier souffle, à la mémoire de ses amis, dont la musique continuera de résonner dans les bringues polynésiennes et à la surface des CD.
    La musique étant une passion incontournable, pour ne pas dire une raison de vivre, celle-ci a accompagné le dernier chemin de Big Jo jusqu’à sa dernière demeure terrestre, le cimetière familial.
     
    Jean Claude Bocher

    Parcours d’Émile, Fareura, Max Sham Koua, dit Big Jo

    Fils de Ah Kong Sham Koua, dit Toto, et de Stella Brothers, Émile Sham Koua est né à Uturoa, à Raiatea, le 28 mars 1949. Il épouse Évangéline Peu le 28 septembre 1974. Trois filles, Avearii, Tiarere et Maraea, viendront égayer cette union, et six mo’otua, Teraimanari, Nohorai, Aihau, Manaiva, Iniva et Turaina, viendront apporter du bonheur à cette famille. Il avait commencé ses études chez les sœurs de Saint-Joseph de Cluny à Uturoa, pour les poursuivre chez les frères de l’école Anne-Marie Javouhey de Papeete, avant de s’engager dans une carrière professionnelle.
    Il sera technicien au service de l’équipement de 1873 à 1987, dont cinq années à Tubuai, où il continuera à pratiquer son loisir préféré.
    Il poursuivra son activité professionnelle au sein de la commune de Uturoa, avec le tavana Philippe Brotherson durant 20 ans. Il laissera son empreinte en reconstruisant la mairie de Uturoa et en œuvrant à la construction du nouveau marché. Il prend sa retraite en mars 2008 et s’implique dans différentes associations, et notamment dans le comité du festival de Taputapuatea et l’association des matahiapo de Uturoa.

    Dupuis Sandrine 2015-01-07 02:48:00
    Mes plus sincères condoléances à la famille Sham Koua ; je suis profondément attristée par cette incommensurable perte et partage votre peine et votre douleur ; je rends hommage à ce grand musicien et à vous aussi en souvenir de votre accueil à tous lors de mon séjour parmi vous lorsque je suis partie du Caillou. Toutes mes pensées vous accompagne . Je ne vous oublie pas. Faitoito ! Sandrine
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