Blocage abusif de la route traversière à Mataiea : jusqu’à un an de prison requis contre les Bennett

mercredi 14 janvier 2015

Et s’il redevenait possible d’aller se balader, en bon père de famille, sur la route traversière reliant Papeno’o à Mataiea, sans craindre de devoir rendre des comptes au passage à la famille Bennett ? C’est en tout cas le sens des réquisitions du procureur de la République, José Thorel, hier, dans un dossier opposant 52 plaignants à cette famille qui filtre arbitrairement l’accès à la vallée depuis bientôt dix ans.
Le représentant du ministère public a requis des peines d’un an de prison avec sursis contre cinq des six prévenus, et jusqu’à un an de prison ferme contre le patriarche, Timi Bennett. La décision a été mise en délibéré au 3 mars.
Lui, sa femme, ses deux fils et deux acolytes ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour “entrave à la circulation sur une voie ouverte à la circulation publique”. La fin d’une instruction qui aura duré près de deux ans, ouverte en 2011 après une série d’accrochages avec les gendarmes, les agents de maintenance de la centrale hydraulique Marama Nui empêchés de travailler, des touristes rackettés, et des propriétaires empêchés d’aller sur leurs terrains plus haut dans la vallée.
À la barre, les consorts Bennett n’en démordent pas. Le terrain par lequel passe la route traversière est à eux. Et s’ils en sont arrivés à cadenasser le chemin, c’est qu’ils en avaient assez du ballet incessant des voitures sous leurs fenêtres. La faute à Marama Nui, selon les prévenus. La société qui s’occupe de la maintenance des installations hydrauliques, plus haut dans la vallée, n’a pas fait les aménagements nécessaires dans le cadre d’une convention de passage signée avec les Bennett, et n’importe qui peut accéder au site.
“La route n’est pas seulement ouverte à Marama Nui mais à tout le monde, et pour la simple raison qu’il y a d’autres propriétaires dans la vallée”, fait remarquer la présidente du tribunal dans une ambiance électrique, un dialogue de sourd. Et de rappeler que le juge d’instruction, au cours de son enquête, a relevé qu’un texte datant de 1976 et toujours en vigueur imposait de laisser le libre passage du public sur toutes les voies carrossables remontant les vallées.
L’avocate de Marama Nui, Me Revault, met quant à elle directement en doute que les prévenus soient réellement propriétaires des lieux, la terre Hinano. “Le point de départ, c’est l’argent. Ils ont voulu monnayer le passage et n’ont jamais accepté les offres pourtant généreuses qui ont été faites. Mais on ne sait même pas s’ils sont propriétaires, ils n’ont jamais rien fourni. En attendant, ils privent depuis des années l’accès des Polynésiens au lac Vaihiria, un patrimoine historique, culturel et touristique. Et ils sèment la terreur quand on s’approche de chez eux. “
De nombreux témoignages vont dans ce sens. Une douzaine de plaignants ont eu le courage de faire le déplacement hier à l’audience, affrontant les regards noirs des fils Bennett. “Avant qu’ils s’installent ici en 2006, tout le monde pouvait passer”, affirme une vieille dame qui ne réclame à la justice que le droit, enfin, de se rendre sur son terrain un peu plus haut. “Même quand je leur demandais gentiment l’autorisation de passer pour aller rejoindre mon frère, ils me répondaient ‘Aita ! Tu restes là’”, raconte une jeune femme.
“Je suis né ici, le lac bleu, c’était mon terrain de jeu avec mes cousins quand j’étais petit, tout le monde a toujours pu circuler sur cette route avant leur arrivée”, se remémore un autre. “La route a été ouverte au public dans les années 1980 et de nombreux tour-opérateurs la fréquentaient”, ajoute le procureur. “On s’aperçoit qu’avant vous, cette route a toujours été ouverte”, ne peut que constater la présidente du tribunal.
 Pour l’avocat des Bennett, Me Lau, le conflit vient du fait que l’on se trompe de route. L’aménagement de la liaison entre les deux tronçons venant des côtes est et ouest a bien été fait sur le terrain occupé par ses clients, mais la topographie des lieux a changé depuis. La route à laquelle les plaignants font référence serait en réalité un sentier parallèle mais que les gens n’empruntaient plus car trop tortueux et parsemé de gués.
Le jugement du tribunal correctionnel attendu le 3 mars devrait donner un énième éclairage à ce dossier qui a mobilisé toutes les juridictions depuis dix ans. Et qui devrait, quoiqu’il arrive, se solder à moyen terme par une “libération” des lieux. Une procédure en expropriation publique a été relancée en 2012 par le Pays et les discussions en sont au stade de l’indemnisation.
 
Compte rendu d’audience Raphaël Pierre

TEIKIHEEKUA 2015-01-16 13:57:00
Les gars, si un jour je passe vous me rançonner, je fonce sur votre chaine !! Non mais pour qui vous prenez vous inh ? A croire qu'il faut avoir un tank pour passer par là bas !! Que des conneries dans ce pays ... Certaines personnes deviennent de plus en plus stupide !!!
Mais je le dis encore, je passe par là, la chaîne est toujours attachée, je film et je fonce dessus !! M'en fiche je paierai les réparations de ma voiture plutôt que payé 7000cfp pour le passage, si vous cherchez les embrouilles en voulant venir régler à la miable, venez, là non seulement vous perdrez vos terres mais vous perdrez aussi votre maison et tout car là vous irez en prison. Et oui avec la technologie d'aujourd'hui on peut tout filmé et montrer plus tard aux autorités !
Teua 2015-01-15 05:57:00
il y a 2 mois environs, j'ai fait la traversée "par accident" avec un 4x4 de location depuis Papenoo. Après le passage du tunnel, j'ai rencontré un randonneur "suisse" qui a été prévenu que des riverains, "propriétaire de la route" bloquait l'accès à défaut d'un paiement de 7.000Xpf!/personne...! Non mais Allo! Effectivement, en arrivant vers les habitations, on apperçoit un portail mais ouvert, donc pas de souci.... Et tout au bout.... Une chaine qui barre la route... Avec mon orgueil "koi ia", suis allée retirer la chaine et c'est là que le soit disant propriétaire s'approche en me disant pour qui je me prennait pr oser retirer sa chaine... Que si elle est là c'est pour une raison... Et moi de dire que je ne fais que passer... Et qu'elle bloque ma route... Et le temps a commencé à monter, sa femme est intervenu pour calmer expliquant la situation. Cest surtout pour la société Marama nui qui ne paierai pas son loyer et qu'une expropriation devrai bientot se faire.. Enfin bref, moi tout ce que je voulais, c'était de passer sans payer et surtout rentrer chez moi, à Mataiea !! Finalement jai fais la gentille et suis passée!! Non mais franchement, si une route est bâtie, c'est pour une raison...
alain curti 2015-01-14 19:27:00
Fare
huahine
je lis que pendent 10 ans ils ont filtré la route, on devrait attendre 30 ans avant de faire quelque chose. c'est à coire que la justice a peur de ne plus avoir de travail.
curiosity12 2015-01-14 14:19:00
Et si il y'avait bien un autre accès ?
Pito 2015-01-14 12:54:00
Que de temps perdu..........il y a bien longtemps que ce dossier devrait être clos. Puisque ces personnes ne sont pas en mesure de présenter des papiers officiels, je ne comprend pas pourquoi la justice est si lente à prendre une décision, attention car même si celle ci décide que cette route est libre à la circulation, ces illuminés ne vont ils pas quand même continuer à rançonner les voyageurs, on se croirait au moyen âge !!!!!
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